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Les résultats de l’enquête nationale de l’évaluation des acquis des élèves du tronc commun (2016) viennent d’être rendus publics. Ils sont sans appel et reconfirment, chiffres à l’appui et avec plus de précisions en la matière, les constats déjà établis par ailleurs concernant la défaillance du système scolaire nationale à ce niveau de scolarité notamment et les déficits de ses rendements.

Le système scolaire marocain est constitué, au niveau du tronc commun, de 98% d’élèves issus de ménages pauvres et des couches moyennes. Un quart des élèves habite dans un logement « précaire ».

Les lycées et collèges publics ne sont pas, peut-on constater, la destination des enfants des ménages aisés.

Les trois quart des élèves sont âgés de plus de 15 ans, dépassent l’âge légal pour ce niveau et 38% des élèves ont redoublé au moins une fois au cours de leur scolarité.

Le Programme National d’Évaluation des Acquis des élèves (PNEA) est une évaluation standardisée et un instrument de mesure, à la fois, des acquis des élèves et du rendement interne du système éducatif.

Ce programme constitue également un dispositif d’évaluation accompagnant la mise en oeuvre de la Vision stratégique 2015- 2030 du Conseil Supérieur de l’Éducation, de la Formation et de la Recherche Scientifique.

L’impact des réformes sur la performance de l’école ne peut, en effet, être perceptible de manière concrète et tangible, que si ces réformes se reflètent positivement dans les acquis des élèves.

Le PNEA2016 a ciblé les quatre troncs communs du cycle secondaire qualifiant (première année du lycée), au terme de 9 ans de scolarité :

«Lettres et Sciences Humaines», «Sciences», «Technique» et «Enseignement Originel».

Dans cette étude, les élèves sont évalués en français, en arabe, en histoire-géographie, en mathématiques, en sciences de la vie et de la terre et en physique-chimie.

98% des élèves issus de ménages pauvres et des couches moyennes

Selon les déclarations des directeurs d’établissements, 98% des élèves du tronc commun sont issus de ménages pauvres et des couches moyennes. Seuls 2% des élèves sont issus des ménages aisés.

L’enquête PNEA révèle que les pères de 6% des élèves sont sans emploi contre 88% pour leurs mères.

Les pères de 17% des élèves sont fonctionnaires, ceux de 14% sont agriculteurs et ceux de 13% commerçants.

Les pères de 9% des élèves sont retraités et ceux de 5% n’ont pas d’emploi stable.

Les pères d’un tiers des élèves n’ont jamais été scolarisés contre plus de la moitié (52%) pour les mères.

Un quart des élèves habite dans un logement « précaire ».

Concernant l’appui social, 17% des élèves sont boursiers. Il intéresse les élèves promus du secondaire collégial au secondaire qualifiant mais ne disposant pas d’un lycée dans leur commune, ou ceux orientés vers un tronc commun situé dans un établissement hors de leur localité.

Concernant la langue parlée à la maison, les deux tiers des élèves parlent l’arabe dialectal (darija).

Deux cinquièmes des élèves disposent d’une connexion internet chez eux. Même si la majorité des élèves (93%) recourt à internet pour effectuer des recherches scolaires, 82% d’entre eux se connectent aussi aux réseaux sociaux et 24% reconnaissent consulter des sites portant atteinte aux moeurs.

Les trois quart des élèves, âgés de plus de 15 ans, dépassent l’âge légal pour ce niveau

Les trois quart des élèves sont âgés de plus de 15 ans, donc dépassent l’âge légal pour ce niveau.

38% des élèves ont redoublé au moins une fois au cours de leur

scolarité.

Deux tiers des élèves déclarent avoir bénéficié d’un enseignement préscolaire moderne.

Un cinquième (19%) des élèves a suivi sa scolarité primaire dans une école privée et 12% dans un collège privé.

Concernant les heures supplémentaires payantes, 36% des élèves en bénéficient. C’est en mathématiques (22%) et en physique-chimie (14%) que les élèves recourent le plus aux heures supplémentaires

contre 10% en français, 9% en anglais et 6% en sciences de la vie et de la terre.

90% des élèves souhaitent bénéficier d’heures supplémentaires en français et/ou en anglais contre 49% en mathématiques.

Manque de formation pour une partie des enseignants

Une certaine parité hommes/femmes est assurée parmi les corps enseignants de l’arabe, du français et des sciences de la vie et de la terre.

Un cinquième des élèves a des enseignants en arabe, histoire-géographie, physique-chimie et en sciences de la vie et de la terre qui n’ont pas reçu de formation initiale.

60% des élèves ont des enseignants qui n’ont bénéficié d’aucune formation continue au cours des cinq dernières années.

L’enquête PNEA révèle un sous-emploi des enseignants malgré le

déficit en ressources humaines constaté dans certaines zones.

La majorité des enseignants du secondaire qualifiant a recours à internet pour préparer les cours et les exercices.

La parité hommes/femmes est loin d’être assurée dans l’administration pédagogique. En effet, la majorité écrasante des lycées est dirigée par des hommes. Seuls 6% des élèves poursuivent leur scolarité dans des lycées dirigés par des femmes.

La majorité des élèves ont des directeurs qui déclarent avoir bénéficié d’une formation administrative avant leur première affectation.

Les directeurs de la moitié des élèves bénéficient d’un logement de fonction au sein de leur établissement.

Seul un quart des élèves a recouru aux services de l’orientation scolaire

  • 16% des élèves suivent leur scolarité dans des établissements ruraux.
  • Seul un quart des élèves a recouru aux services de l’orientation scolaire.
  • 43% environ des élèves issus du milieu rural poursuivent

l’enseignement secondaire qualifiant dans des établissements ruraux : l’offre de l’enseignement secondaire qualifiant s’est considérablement développée en milieu rural ces dernières années.

  • Les résultats de l’étude montrent que la plupart des lycées connaît des déficits en ressources humaines et physiques.

Les résultats de l’étude selon les troncs communs (les scores sont sur 100).

Tronc commun « Lettres et Sciences Humaines » : faiblesse généralisée des scores

Principal constat : une faiblesse généralisée des scores des acquis des élèves.

 Les données de l’étude révèlent que les élèves du tronc commun public «Lettres et Sciences Humaines» n’ont pas acquis les compétences linguistiques minimales prescrites par le curriculum en arabe et en français.

Le plus bas niveau des lycéens est enregistré en langue française avec 23% seulement des objectifs atteints au niveau national dans l’enseignement public.

Les performances des élèves littéraires en mathématiques sont très faibles (moyenne nationale 38%).

En sciences de la vie et de la terre, les scores moyens sont relativement plus élevés : les élèves de toutes les régions ont obtenu la moyenne.

Excepté la langue française, les élèves des établissements urbains ont obtenu des scores légèrement inférieurs à ceux de leurs collègues relevant d’établissements implantés en milieu rural.

Les acquis des élèves des établissements publics et privés sont faibles, avec une légère différence en faveur du privé, particulièrement en français.

Tronc commun « Sciences » : scores très bas par région

 

 Les élèves des provinces du sud ont obtenu le meilleur score en arabe (51%) tandis que les élèves de la région Grand-Casablanca- Settat ont obtenu le score le plus bas (43%).

En français, les scores par région sont très bas.

Les élèves des établissements publics urbains réalisent de meilleurs résultats en français que leurs camarades des établissements ruraux.

Les élèves scientifiques de la plupart des régions ont pratiquement la moyenne en sciences de la vie et de la terre.

Dans l’enseignement public, seul un tiers des objectifs du programme des mathématiques est atteint, contre 39% pour les objectifs atteints en physique-chimie.

Les élèves scientifiques du secteur privé ont des acquis légèrement plus développés que leurs camarades du public. Les écarts sont très prononcés en français et en mathématiques.

Les élèves du tronc commun «Technique» l’emportent en termes de scores sur les élèves du tronc commun «Sciences», aussi bien en arabe, en français, en mathématiques qu’en physique-chimie (scores sur 100).

Linguistiques et mathématiques : carences dans les acquis

Globalement, l’étude montre des carences dans les acquis linguistiques et mathématiques

A l’exception du score de l’arabe enregistré par les élèves du tronc commun technique, les scores moyens des acquis linguistiques pour les autres filières sont en deçà de la moyenne.

Pour les littéraires, l’enquête révèle une carence importante dans la production écrite en langue arabe.

En français, la majorité des élèves des troncs communs «Lettres & Sciences Humaines», «Sciences» et «Originel» enregistre un score inférieur à 33.

L’analyse des réponses aux tests montre que 9% des élèves du tronc commun «Science», et 4% de ceux en «Lettres et Sciences Humaines» maitrisent parfaitement l’expression écrite en arabe.

Pour tous les domaines de contenu et les niveaux cognitifs de la langue française, les élèves littéraires obtiennent des scores en dessous de la moyenne.

Pour les scientifiques, les scores en mathématiques montrent que 84% des élèves ont un score inférieur à la moyenne, et 54% d’entre eux ne dépassent pas le seuil de 33%.

Impacts des déterminants

Les scores moyens obtenus par les élèves ayant redoublé au moins une fois durant leurs études scolaires sont nettement moins élevés que ceux des élèves qui n’ont jamais redoublé. Ceci montre que le redoublement n’a pas d’effet positif.

Les scores moyens des élèves ayant fréquenté le préscolaire sont significativement plus élevés que ceux qui n’y ont pas été.

L’analyse des résultats des acquis des élèves selon le type d’établissement fréquenté au primaire montre que les élèves ayant fréquenté des écoles primaires privées obtiennent des scores en français significativement plus élevés que ceux qui ont suivi leurs études primaires dans le secteur public.

La relation entre la taille de la classe et les scores des élèves scientifiques est négative et statistiquement significative.

Néanmoins, l’effet de cette variable reste faible comparativement aux autres facteurs surtout en mathématiques.

Les résultats de la modélisation révèlent que le fait de parler français à la maison, influence positivement le rendement des élèves du tronc commun «Sciences» dans cette langue.

Disposer de ressources numériques à la maison (ordinateur et internet) influence positivement le rendement scolaire.