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L’affaire des e-mails personnel de la candidate démocrate aux élection présidentielles américaine, Hillary Clinton, n’en finit pas d’empoisonner le climat politique immédiat de la candidate, par l’embarras qu’elle lui cause toute au long de sa campagne, et par les critiques de ses adversaires et détracteurs. L’affaire qui semble a priori anodine, sauf que l’action qui la soubasse est interdite par la loi américaine, est l’utilisation par la candidate d’une  adresse e-mail personnelle pour ses activités professionnelles.

Hillary Clinton  a été entendue à ce sujet par le FBI, samedi 2 juillet. Elle « a livré un témoignage volontaire ce matin au sujet de l’arrangement concernant ses emails », explique l’un de ses porte-paroles.

A son arrivée au département d’Etat américain, en janvier 2009, Hillary Clinton commence à utiliser pour les besoins de son nouveau poste une adresse mail personnelle, plutôt qu’une messagerie officielle de l’administration le stipule la loi fédérale qui prévoit que toutes les correspondances officielles entre personnalités soient archivées et conservées.

Jusqu’à son départ, en février 2013, ses plus proches collaborateurs lui adressent leurs messages à hdr22@clintonmail.com, dont le serveur est installé dans une propriété de la famille Clinton, « protégée par les services secrets américains », révèle Mathieu Dehlinger de FranceTVinfo.

L’affaire trouve son origine dans une autre, celle de l’attaque du consulat américain de Benghazi, en Libye, au cours de laquelle l’ambassadeur John Christopher Stevens a trouvé la mort et sur laquelle se focalisent les adversaires de Hillary Clinton.

Au cours des investigations menées en mai 2014 par la commission du Congrès est chargée d’enquêter sur les faits et sur la manière dont le gouvernement américain a géré la situation, celle-ci

cherche à obtenir les échanges entre Hillary Clinton et ses conseillers concernant l’attaque, et découvre l’existence de cette adresse personnelle, rapport FranceTVinfo qui cite le New York Times. Après une demande du département d’Etat, Hillary Clinton fournit, fin 2014, plus de 30 000 messages reçus et envoyés à partir de celle-ci. La presse s’empare de l’affaire en mars 2015

Hillary Clinton explique sur son site de campagne  que si elle avait utilisé son e-mail personnel, c’était tout simplement pour des questions pratiques. « Ça lui a permis de joindre des gens rapidement et de rester régulièrement et plus facilement en contact avec sa famille et ses amis, étant donné ses nombreux voyages ».

« Je me suis dit que ça serait plus simple d’avoir juste un appareil plutôt que deux pour mes e-mails personnels et professionnels », explique-t-elle au cours d’une conférence de presse, en mars 2015. Hillary a reconnu posséder deux iPad, un iPhone et un Blackberry et que « c’était autorisé », a dit la candidate. Dont l’affirmation a été réfutée. Un audit interne du département d’Etat, dévoile que. « Le bureau de l’inspecteur général n’a trouvé aucune preuve que la secrétaire d’Etat avait demandé ou obtenu des directives ou l’approbation pour mener ses activités officielles professionnelles via un compte e-mail personnel sur son serveur privé », fustige le rapport. Et, à en croire le document, si elle avait demandé l’autorisation, celle-ci ne lui aurait pas été accordée.

Hillary Clinton a reconnu avoir supprimé une bonne partie des e-mails qui avaient transité par cette adresse. « Les messages privés, personnels », explique son site de campagne, par exemple des échanges sur le mariage de sa fille, les obsèques de sa mère, ses vacances ou même le yoga, rapporte également FranceTVinfo..

D’autres mails, professionnels, n’ont pas été divulgués comme les 22 messages, classés « top secret », et de 18 échanges avec Barack Obama, qui ne seront diffusés qu’après la fin de son mandat, détaille le New York Times. Mais plus de 30 000 e-mails ont été rendus publics, même si leur contenu a parfois été partiellement expurgé.

Dans ces messages, la secrétaire d’Etat évoque la politique américaine et la diplomatie, y compris l’attaque de Benghazi. « Deux de nos agents ont été tués à Benghazi par un groupe semblable à Al-Qaïda, écrit-elle par exemple à sa fille. Ç’a été une journée très difficile et j’ai peur que cela soit pareil demain. », rapporte FranceTVinfo, qui ajoute qu’Hillary Clinton a déjà témoigné au Congrès, en octobre 2015, devant la commission d’enquête consacrée à l’attaque de Benghazi. Mais l’affaire des e-mails ne s’arrête pas là : le FBI mène lui aussi une enquête sur la question. L’agence s’intéresse aux informations confidentielles qui ont transité par ce système de messagerie privée, sachant que la loi interdit de communiquer des données classifiées en dehors du réseau sécurisé prévu à cet effet. A l’époque où ces e-mails ont été envoyés et reçus par Hillary Clinton, ils n’étaient pas marqués secrets ou confidentiels, martèle la candidate.