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En 10 ans d’investissement étranger couvrant la période 2006-2015, le Maroc a connu une hausse régulière des IDE en dehors du trou d’air en 2008-2010. Classé 5ème pays africain parmi les pays récepteurs des IDE, l’Egypte étant le 2ème,  le Maroc devient un hôte mais aussi un émetteur majeur d’IDE en Afrique, rapporte ANIMA Investment Network dans son rapport de 2016.

ANIMA Investment Network est un réseau d’acteurs souhaitant oeuvrer ensemble au développement économique de la Méditerranée. Le réseau ANIMA réunit 75 membres présents dans 22 pays de la zone euro-méditerranéenne et fédère les agences gouvernementales et régionales de promotion des territoires, des fédérations d’entrepreneurs, des pôles

d’innovation, des investisseurs et des instituts de recherche.

L’objectif d’ANIMA est de contribuer à une amélioration continue du climat des affaires et de l’investissement et à un développement économique durable et partagé en Méditerranée.

En 10 ans d’investissement étranger, l’Algérie demeure boudée par les investisseurs et à la suite du pic pour les flux d’IDE en 2009, la baisse est au rendez-vous suite à l’instauration de la règle 49/51 pour la détention des entreprises. Pas de décollage en vue et flux négatifs en 2015 (rachat de Djezzy par l’Etat), constate ANIMA Invest qui affirme que malgré son fort potentiel (marché domestique conséquent, richesses naturelles, nombreuses opportunités sectorielles…), l’Algérie attire peu d’IDE : le pays obtient le plus faible ratio IDE/PIB de la région. La frilosité des investisseurs est imputable à un cadre de l’investissement peu attractif : le climat des affaires reste médiocre (l’Algérie a été classée 163ème sur 189 pays dans le classement Doing Business 2016 de la Banque mondiale)

 

 

La Méditerranée à l’heure des choix

 

Les performances de l’investissement direct étranger (IDE) en Méditerranée sont mitigées. D’un côté, la Méditerranée a confirmé depuis 10 ans son ancrage durable sur la carte des investisseurs internationaux. Les crises financières et économiques, les printemps arabes, le terrorisme islamiste et la polarisation culturelle qu’il tente d’imposer, n’ont pas eu raison de l’attractivité de ces économies. Elles continuent d’attirer chaque année 2 à 3% de l’investissement étranger dans le monde.

D’un autre côté, ce niveau reste en-deçà des performances que pourrait espérer la région, par rapport au poids de son PIB ou de sa population. Dans tous les pays, des avancées en faveur d’un climat des affaires pro-business ont pourtant été réalisées : libéralisation, privatisation, accords de libre-échange, développement des infrastructures, réforme des institutions en charge des investissements, politiques sectorielles et développement de pôles technologiques.

Malgré cela, on regrette une insuffisance de résultats. L’investissement privé domestique ne décolle pas plus que les IDE, la recherche et développement se cantonne au secteur public et est déconnectée des besoins de l’industrie, les accords de libre-échange entre pays voisins ne sont pas toujours respectés, l’offre industrielle n’intègre pas assez de valeur et in fine, le marché de l’emploi n’arrive pas à absorber une jeunesse de plus en plus diplômée.

L’attractivité ne peut se concevoir déconnectée des politiques éducatives, industrielles, scientifiques et de développement territorial. Au contraire, elle puise ses ressorts dans la vision qu’est capable de produire un territoire, et la stratégie qu’il développe pour la servir. Il est évident que dans plusieurs pays méditerranéens, la coordination entre ces différentes politiques a fait défaut, et que les transitions politiques de ces dernières années n’ont pour l’instant pas abouti à cette nouvelle vision économique et de développement.

Les pays méditerranéens, au sortir de leurs transitions, ont l’opportunité de proposer un nouveau modèle, en phase avec les enjeux et aspirations qui animent nos sociétés aujourd’hui, et parfaitement compatible avec les valeurs d’un islam contemporain autant qu’avec la recherche de compétitivité, car fondé sur le développement durable, la performance sociale et l’innovation pour la création de valeur localement.

C’est sur ce chemin que le réseau ANIMA continuera à travailler aux côtés de ses membres et pays partenaires, pour améliorer l’attractivité des écosystèmes et la performance des institutions au service de l’entreprise, nationale et étrangère.

 

Pays MED : part de marché inférieure au potentiel de la région 

 

 

En l’espace de 10 ans  343 milliards d’euros (Md€) investis dans les 11 pays MED de 2006 à 2015 (CNUCED). 6 600 projets d’IDE sont détectés et 351 Md€ annoncés (ANIMA-MIPO)

L’évolution des flux d’IDE (suivis par la CNUCED) et des annonces d’IDE (détectées de 2003 à 2015 par l’observatoire ANIMA – MIPO) suit schématiquement 3 phases, depuis le début des années 2000 :  2000-2005 : la Méditerranée apparaît sur la carte des investisseurs. Les pays MED attirent 1% des flux mondiaux d’IDE en 2000, contre 3,2% en 2005, une part approchant leur poids dans la population mondiale.

– 2006-2008 : la tendance s’accélère grâce à des réformes et un contexte international très favorable. Les flux d’IDE sont portés par l’arrivée des pays du Golfe dans un contexte d’Eldorado : hausse des cours du pétrole, opportunités attrayantes (privatisations), besoin de diversification des pétrodollars, etc.

– 2009-2015 : les pays MED résistent malgré une succession de crises. Les IDE se stabilisent en dessous de 30 Md€ par an alors que les pays MED sont touchés par les effets de second tour des crises financières et économiques mondiales, puis presque tous ébranlés par les printemps arabes.

Les pays MED attirent une faible part des IDE mondiaux : bien moins que leur poids dans la population mondiale (4%) hormis en 2006 et 2008

 

 

Maroc : le statut de base industrielle d’envergure n’est plus à prouver

 

ANIMA Invest fait état d’une hausse régulière des IDE depuis 2006 en dehors du trou d’air en 2008-2010Ü Le Maroc devient un hôte mais aussi un émetteur majeur d’IDE en Afrique . 5 secteurs sont en tête : ingénierie / conseil ; tourisme / restauration ; automobile ;Ü BTP / immobilier ; banque / assurance.

Les flux d’IDE vers le Maroc ont considérablement augmenté en 10 ans, pour dépasser les 3 Md $ chaque année depuis 2013. La stratégie de développement économique du pays porte ses fruits : son statut de base industrielle d’envergure, notamment dans l’automobile et l’aéronautique, n’est plus à prouver. L’installation de grands groupes mondiaux a entraîné des dizaines de sous-traitants dans leur sillage. Le Maroc constitue ainsi en 2015 la 5ème destination africaine la plus attractive pour les investisseurs, qui en font souvent une porte d’entrée vers le reste du continent. Il devient également un investisseur majeur en Afrique, avec 600 M$ émis en 2015 vers l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique centrale, particulièrement dans les services financiers, les télécoms et désormais également dans l’industrie.

 

 

Algérie : les investisseurs se détournent à cause du cadre d’investissement peu attractif

 

 

ANIMA Invest note un pic pour les flux d’IDE en 2009 puis une baisse suite à l’instauration de la règle 49/51. Pas de décollage en vue et flux négatifs en 2015 (rachat de Djezzy par l’Etat). 5 secteurs de tête : énergie ; banque / assurance ; ciment / verre / matériaux ;Ü médicaments ; ingénierie / conseil.

Malgré son fort potentiel (marché domestique conséquent, richesses naturelles, nombreuses opportunités sectorielles…), l’Algérie attire peu d’IDE : le pays obtient le plus faible ratio IDE/PIB de la région. La frilosité des investisseurs est imputable à un cadre de l’investissement peu attractif : le climat des affaires reste médiocre (l’Algérie a été classée 163ème sur 189 pays dans le classement Doing Business 2016 de la Banque mondiale) et l’obligation d’association avec un partenaire local (règle 49/51%) complique la mise en œuvre des projets. Une réforme du cadre de l’investissement est programmée pour améliorer la situation. Une urgence alors que le pays doit accélérer sa diversification économique pour préparer l’après-pétrole.