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L’activité mondiale devrait continuer globalement sa reprise lente en 2016 et 2017. Par rapport à l’exercice de prévision de mars la croissance a été révisée à la baisse pour les Etats-Unis alors que dans la zone euro, elle a été ajustée à la hausse, soutenue par les conditions monétaires accommodantes. Tenant compte de cette révision et des incertitudes entourant la normalisation de la politique monétaire aux Etats-Unis, le dollar devrait légèrement se déprécier par rapport à l’euro. Sur les marchés des matières premières, bien que revus à la hausse, les cours mondiaux demeurent à un niveau bas, induisant un taux d’inflation faible dans la zone euro en 2016, avant d’augmenter en 2017 vers un niveau proche de l’objectif de la BCE.

En dépit de l’amélioration prévue de la demande étrangère et de l’appréciation moins importante du taux de change effectif réel, la hausse, en termes nominaux, des exportations nationales de biens a été révisée à la baisse tenant compte de la révision importante à la baisse des prévisions des cours internationaux des dérivées de phosphates. En revanche, les recettes voyages ont été révisées à la hausse en 2016, au vu des évolutions récentes favorables. Parallèlement, les importations de biens devraient afficher en 2016 une progression plus importante que prévue en mars, en lien notamment avec la hausse importante des acquisitions de biens d’équipements et de consommation observée sur les quatre premier mois de l’année. Elles ont été toutefois ajustées à la baisse en 2017, étant donné un important effet de base. Dans ces conditions et sous l’hypothèse d’entrées en dons en provenance des pays du CCG à 10 milliards de dirhams en 2016 et à 8 milliards en 2017, le déficit du compte courant devrait s’alléger à 1,2% du PIB en 2016, au lieu de 0,1% prévu en mars, et s’atténuer davantage à 0,8% du PIB en 2017. Au total, les réserves internationales nettes devraient poursuivre leur renforcement pour assurer la couverture de près de 7 mois et 18 jours d’importations de biens et services en 2016 et à 8 mois et 6 jours en 2017.

Cette amélioration des réserves de change devrait se refléter au niveau de la liquidité bancaire, qui devrait passer, comme prévu en mars, à une situation excédentaire en 2016. Toutefois, l’orientation à moyen terme du crédit bancaire ne devrait pas connaître de changement notable par rapport aux prévisions de mars. Tenant compte de l’amélioration du crédit accordé au secteur non financier à fin avril, sa prévision en 2016 a été légèrement revue à la hausse à 2,7% et a été maintenue inchangée à 4% en 2017. Dans ces conditions, la progression de la masse monétaire devrait s’établir à 5,4% en 2016 et à 5,8% 2017.

S’agissant des finances publiques, le scénario de projection repose sur l’hypothèse du maintien de l’orientation actuelle de la politique budgétaire. Le déficit budgétaire devrait se situer à 3,8% du PIB en 2016, légèrement révisé à la hausse de 0,1 point de pourcentage, compte tenu notamment de la révision à la baisse de l’hypothèse des dons en provenance des pays du CCG de 13 à 10 milliards de dirhams et d’une exécution plus importante des recettes fiscales à fin avril comparativement à la programmation de la loi de finances. En 2017, le déficit budgétaire est légèrement révisé à la hausse à 3,3% du PIB, les dépenses d’investissement ayant été revues à la hausse, tenant compte d’une marge de manoeuvre budgétaire supplémentaire liée à une hausse moindre des dépenses de fonctionnement.

Les perspectives de la croissance nationale demeurent globalement inchangées par rapport à mars, néanmoins légèrement revues à la hausse en 2016, en liaison avec une hausse plus importante que prévue de la production agricole hors céréales selon les données publiées par le Ministère de l’agriculture.

Par ailleurs, les évolutions récentes des indicateurs à haute fréquence n’indiquent pas de signe tangible de reprise de l’activité à court terme. A moyen terme, certains facteurs favorables devraient soutenir la demande intérieure et les exportations, en l’occurrence, l’assouplissement des conditions monétaires et l’amélioration de l’activité dans la zone euro. En somme, la croissance devrait s’établir à 1,2% en 2016, au lieu de 1% communiquée en mars, et à 4% en 2017.

La prévision de l’inflation en 2016 a été sensiblement révisée à la hausse à 1,6% au lieu de 0,5% communiquée en mars, sous l’effet principalement de la forte hausse des prix de certains produits alimentaires à prix volatils. A l’inverse, sa composante sous-jacente a été maintenue à un niveau faible de 0,6%, reflétant essentiellement la décélération prévue de la demande intérieure. En 2017, l’inflation devrait s’établir à 1%, revue à la baisse de 0,4 point de pourcentage par rapport aux projections de mars. Cette révision s’explique par la dissipation des effets de la hausse des prix des produits à prix volatils qui devrait plus que compenser l’augmentation induite par la reprise de la demande intérieure et la dépréciation du taux de change effectif réel.

 

Poursuite de l’allègement du déficit budgétaire

Au niveau national, l’orientation de la politique budgétaire a connu de légers changements par rapport à l’exercice de mars, avec un creusement du déficit budgétaire à 3,8% du PIB en 2016 au lieu de 3,7%. Outre la révision à la hausse du niveau du PIB nominal, les modifications concernent la hausse des recettes fiscales, principalement de l’IS et de l’enregistrement et timbres, et la légère révision à la hausse des dépenses d’investissement. Celles-ci ont affiché à fin avril 2016 une augmentation importante comparativement à la programmation initiale de la loi de finances. Pour ce qui est des dons en provenance des pays du CCG, une hypothèse de 10 milliards a été retenue au lieu de 13 milliards de dirhams programmés dans la loi des finances 2016, le Trésor ayant encaissé à fin avril 2016 au titre de ces dons un montant de 1,6 milliard.

Pour 2017, le déficit budgétaire a été révisé à la hausse, passant de 3,1% à 3,3% du PIB, mais reste en retrait par rapport à 2016, sous l’hypothèse du maintien de l’orientation actuelle de la politique budgétaire axée principalement sur la maîtrise des dépenses courantes et la mobilisation des ressources. En raison de la révision limitée de la croissance, les recettes fiscales ont été maintenues inchangées, alors que les dépenses sont principalement marquées par une revue à la hausse des investissements et une légère révision à la baisse des dépenses de biens et services. Du côté des recettes, l’hypothèse de 8 milliards de dirhams de rentrées en dons du CCG a été maintenue.

 

Révision à la baisse de la Production céréalière révisée à la baisse

La production céréalière au titre de l’année agricole 2015-2016 est estimée par le Ministère de l’Agriculture et de la Pêche Maritime à 33,5 millions de quintaux au lieu d’une estimation de 38 millions retenue en mars. Il s’agit d’une baisse de 71% par rapport à l’année précédente et de 59% par rapport à la moyenne des 5 dernières années. Cette évolution est liée d’une part, au faible volume pluviométrique, le plus bas durant les 30 dernières années, et d’autre part, à leur mauvaise répartition temporelle et spatiale. Concernant les autres cultures, elles devraient marquer une bonne performance particulièrement pour l’arboriculture fruitière, les cultures oléagineuses, les cultures maraîchères et la filière de l’élevage, favorisées par les précipitations survenues en février et mars.

En 2017, le scénario central suppose un retour à une campagne agricole moyenne avec une production céréalière de 70 millions de quintaux.

 

Allégement du compte courant et amélioration des réserves internationales

La croissance des exportations de biens a été revue à la baisse de 4,7 points de pourcentage à 1,4% en 2016 et de 1,3 point à 4,6% en 2017, sous l’effet de la révision à la baisse des prévisions des cours internationaux des dérivées de phosphates. Les recettes voyages devraient, en revanche, augmenter de 4,6% en 2016, alors qu’elles étaient prévues en légère baisse en mars, en liaison avec l’amélioration observée à fin avril. En ce qui concerne les importations de biens, leur progression a été révisée à la hausse à 2,5% en 2016, au lieu de 0,2% prévue en mars, suite à l’accroissement important observé à fin avril des acquisitions de biens d’équipements et de consommation. Elles ont été toutefois révisées à la baisse en 2017, étant donné l’important effet de base des importations hors produits énergétiques.

Tenant compte de l’hypothèse relative aux entrées de dons en provenance des pays CCG de 10 milliards de dirhams en 2016 et de 8 milliards en 2017, ainsi que de la poursuite de la hausse des transferts des MRE, le déficit du compte courant devrait poursuivre son atténuation pour se situer à 1,2% du PIB en 2016 et à 0,8% en 2017. Dans ces conditions, les réserves internationales nettes devraient poursuivre leur renforcement à 7 mois et 18 jours d’importations de biens et services en 2016 et à 8 mois et 6 jours en 2017.

Atténuation du resserrement des conditions monétaires et progression modérée du crédit bancaire

L’orientation accommodante de la politique monétaire, renforcée par la dernière décision d’abaissement du taux directeur de 25 points de base, s’est traduite par une baisse des taux sur le marché interbancaire et ceux de la dette publique et privée. En particulier, le taux interbancaire s’est inscrit en baisse, revenant à 2,13% en moyenne entre début avril et fin mai. Parallèlement, le dirham s’est déprécié en moyenne vis-à-vis de l’euro au cours des premiers mois de l’année, contre une appréciation initialement prévue, et ce, en liaison avec l’appréciation de l’euro face au dollar.

La poursuite de ces tendances devrait se traduire par une atténuation du resserrement en termes réels des conditions monétaires en 2016 comparativement aux prévisions de mars. En 2017, l’assouplissement des conditions monétaires devrait être plus important que prévu, reflétant notamment une dépréciation plus prononcée du taux de change effectif réel, tirée par une accentuation de la dépréciation du dirham vis-à-vis l’euro, et, dans une moindre mesure, par la révision à la baisse de l’inflation domestique comparativement à celle des principaux partenaires et concurrents.

Reflétant un renforcement des réserves de change, la situation de la liquidité bancaire s’améliore davantage et devrait passer d’un besoin de 16,5 milliards de dirhams en 2015 à un excédent de 7,7 milliards en 2016, au lieu de 14,4 milliards prévus en mars, en liaison avec la révision à la baisse des réserves de change. En 2017, elle devrait poursuivre sa tendance haussière pour s’établir à 20,3 milliards.

En dépit de ces conditions favorables, la progression du crédit bancaire destiné au secteur non financier devrait rester modérée, reflétant essentiellement l’atonie de l’activité économique. Sa prévision a été légèrement révisée à la hausse à 2,7% en 2016, au regard de l’amélioration observée en avril. Elle devrait se redresser en 2017 à 4%, soit un taux inchangé par rapport à mars. Au total, et suite à la révision à la baisse des RIN et des créances nettes sur l’administration centrale, le taux d’accroissement annuel de la masse monétaire devrait revenir à 5,4% en 2016 et à 5,8% en 2017.

Ralentissement de la croissance en 2016 et relative reprise en 2017

Après un taux de 4,5% en 2015, la croissance devrait ralentir en 2016 à 1,2%, au lieu de 1% prévu en mars. Cette révision résulte d’une réévaluation de la baisse de la valeur ajoutée agricole de 13,8% à 9%, tandis que la croissance du PIB non agricole devrait rester quasiment inchangée à 2,8%.

Du côté de la demande, la révision de la croissance en 2016 s’explique par une stagnation de la consommation finale des ménages au lieu d’une décélération prévue en mars, résultat, en plus d’un effet de base, d’une amélioration des perspectives à court terme, corroborée par l’augmentation au premier trimestre des importations de voiture de tourisme et des crédits à la consommation. Sur le reste de l’année, elle devrait être supportée par un moindre affaiblissement des revenus agricoles, une meilleure progression des recettes des MRE et une atténuation du resserrement des conditions monétaires en termes réels. Pour sa part, et suite à une performance négative en 2015 au lieu d’une hausse prévue, l’investissement devrait légèrement s’améliorer en 2016 profitant de la révision à la hausse de l’investissement du Trésor, alors que l’investissement privé devrait rester atone comme en témoigne le rythme d’accroissement encore faible des crédits à l’équipement. Pour sa part, la progression de la consommation des administrations publiques a été sensiblement revue à la hausse, reflétant essentiellement une baisse moins importante des dépenses de compensation comparativement à 2015. De son côté, la contribution négative des exportations nettes devrait s’atténuer, reflétant un rythme d’accroissement des importations quasiment inchangé et une révision à la hausse des exportations de biens et services suite à une réalisation plus importante que prévue au premier trimestre des ventes automobiles, des phosphates et des recettes de voyage. En outre, elles devraient bénéficier sur le reste de l’année de l’atténuation de l’appréciation du taux de change effectif réel et d’une demande étrangère légèrement plus importante.

En 2017, la croissance devrait s’établir à 4%, recouvrant une hausse de 10% de la valeur ajoutée agricole au lieu 10,8% prévue en mars, et de 3,2% au lieu de 3,1% pour le PIB non agricole. Du côté de la demande, la consommation finale des ménages devrait s’accélérer, soutenue par une amélioration des revenus ruraux et des transferts des MRE, ainsi que par un assouplissement plus important des conditions monétaires, qui devrait également stimuler l’investissement. De surcroît, la consommation des administrations publiques devrait progresser au même rythme qu’en 2016, la dissipation de l’effet de la baisse en 2016 des cours du pétrole sur la compensation devant compenser la révision à la baisse des dépenses des biens et services. Par ailleurs, la contribution des exportations nettes à la croissance nationale devrait s’améliorer, bénéficiant de l’amélioration de l’activité dans la zone euro et d’une moindre accélération du rythme d’accroissement des importations de biens et services.

Au total, l’activité devrait continuer d’évoluer en dessous de son potentiel en 2016, indiquant ainsi l’absence de pressions inflationnistes. L’output gap devrait rester négatif mais s’atténuer progressivement pour se fermer au terme de l’horizon de prévision, résultat de la conjonction de plusieurs facteurs favorables dont notamment, le retour à une campagne agricole moyenne, l’amélioration de l’activité dans la zone euro et l’assouplissement des conditions monétaires.

Révision à la hausse de l’inflation en 2016 suite aux chocs sur les prix des produits à prix volatils

L’inflation devrait s’établir à un niveau modéré de 1,4% en moyenne sur l’horizon de huit trimestres, soit entre le deuxième trimestre 2016 et le premier trimestre 2018. En effet, l’indice des prix à la consommation devrait croître de 1,6% en 2016, en révision à la hausse par rapport au taux de 0,5% communiqué dans le RPM de mars 2016. Cette révision s’explique principalement par l’augmentation observée depuis mars de l’inflation des produits alimentaires à prix volatils, qui devrait se maintenir au deuxième trimestre de 2016. En 2017, l’inflation devrait ressortir plus modérée à 1% au lieu de 1,4% prévue en mars 2016. Cette révision est liée à la dissipation de l’effet des chocs transitoires des produits à prix volatils et à la hausse moins importante des prix des carburants et lubrifiants.

Concernant l’inflation sous-jacente, sa prévision n’a connu qu’une légère révision par rapport à l’exercice de mars. En 2016, elle devrait évoluer à un rythme faible de 0,6% vu la persistance d’un faible niveau de la demande intérieure. En 2017, elle devrait toutefois connaître une légère révision à la hausse à 1,3%, en liaison avec l’amélioration prévue des perspectives économiques, ainsi qu’avec la poursuite de l’assouplissement des conditions monétaires.