boussaid-2014

L’encouragement des secteurs et activités économiques devrait se faire à travers des aides directes au lieu de l’octroi des exonérations fiscales, a affirmé, jeudi à Rabat, le ministre de l’Économie et des finances, Mohamed Boussaid.

« L’un des objectifs de la politique fiscale marocaine est de soutenir les secteurs et les activités économiques à travers plusieurs formes d’aides publiques », a indiqué M. Boussaid, qui présidait la séance d’ouverture d’une conférence organisée par le bureau de la branche « Économie et Finances » de l’Union nationale d’ingénieurs marocains (UNIM) sous le thème « Dépenses fiscales : Bilan et perspectives ».

  1. Boussaid a souligné qu’afin de réduire les dépenses fiscales, qui se sont élevées à plus de 32 milliards de dirhams (MMDH) en 2015, l’aide directe aux secteurs économiques devrait se substituer progressivement aux différentes exonérations, à l’exception de celles qui concernent les produits de base.

Il a cité l’exemple du secteur industriel, qui avait bénéficié de la création du Fonds de développement industriel et de l’investissement (FDII), ayant pour objectif d’accorder des aides directes aux projets d’investissement stratégiques et structurants.

  1. Boussaid a, en outre, mis l’accent sur la nécessité d’avoir une vision claire et de se doter d’un cadre global et cohérent qui prend en considération l’impact économique et social des dépenses fiscales, leur évaluation, leur importance stratégique pour le développement et leur sensibilité.

La situation des dépenses fiscales en 2015 a été caractérisée par la prédominance des dérogations au profit des activités immobilières, représentant 22,1% de ces dépenses et totalisant 43 mesures dérogatoires dont 35 ont été évaluées à 7,093 MMDH, a rappelé le ministre.

De son côté, le secrétaire général de l’Union nationale des ingénieurs marocains (UNIM), El Hassan Eddez, a souligné l’importance de l’évaluation des mesures fiscales afin de vérifier si elles atteignent les objectifs fixés, particulièrement en termes d’efficacité.

« Aujourd’hui, l’idée est d’accroître la rentabilité économique des projets et activités qui bénéficient de ces incitations financières », a-t-il ajouté.

Ont participé à cette conférence, qui s’inscrit dans le cadre des activités scientifiques, culturelles et financières de l’UNIM, plusieurs experts, spécialistes et professeurs universitaires, qui ont abordé lors de leurs interventions une série de thématiques relatives à la politique fiscale du Maroc.