4895525_6_522e_chakib-khelil-ex-ministre-de-l-energie-et-des_aeb0613d175863dfc97f6dcc2c4a1dd6

Le président Abdelaziz Bouteflika, dont la photo a été publiée le 5 avril dernier par le journal français « Le Monde ,» dans le cadre du scandale des « Panama papers », a décidé d’attaquer le journal français en diffamation. Le président algérien réclame 10 000 euros de dommages et intérêts et une publication du jugement à la Une du journal, rapporte l’hebdomadaire l’hebdomadaire international Jeune Afrique.

« Bouteflika réclame, au titre de l’action publique, à condamner le directeur à un euro symbolique pour diffamation ainsi qu’une publication judiciaire en Une du journal. Le requérant demande également de condamner le prévenu et la société éditrice à verser 10 000 euros au président au titre de l’action civile », écrit le magazine « Jeune Afrique » qui a rapporté cette information.. Le procès est fixé au 3 juin prochain au tribunal correctionnel de Paris.

Le 5 avril dernier, Le Monde avait publié l’enquête « Panama Papers » sous le titre « l’argent caché des chefs d’État », illustrée par un portrait de Bouteflika au côté de quatre autres dirigeants. Or, le nom du président n’était pas mentionné dans les fichiers révélés.

Malgré des précisions publiées le lendemain, par « Le Monde » et une lettre du directeur du journal, Jérôme Fenoglio, à l’ambassadeur d’Algérie en France dans laquelle il exprimait « ses regrets du rapprochement malencontreux avec le président Bouteflika », Alger a convoqué l’ambassadeur de France et décidé de poursuivre la publication et son directeur en justice.

Rappelons qu’à la suite du refus par les autorités algériennes de délivrer un visa pour un journaliste du quotidien « Le Monde », devant couvrir la visite, en Algérie, du premier ministre français, le premier ministre algérien, Abdelmalek Sellal, avait affirmé, le 9 avril dernier, que le journal français « Le Monde » a « porté atteinte au prestige et à l’honneur » du président Bouteflika « de manière gratuite », pour justifier le refus controversé d’un visa à un journaliste du Monde qui devait couvrir la visite de son homologue français.

L’Algérie est le théâtre de plusieurs affaires retentissantes de corruption où sont impliqués de hauts responsables du régime algérien. La reddition des comptes et la justice en matière de corruption n’étant pas, en Algérie, une tradition, la presse algérienne et internationale rend compte de ces affaires et fait état de la consternation des citoyens algériens.

Le journal « Le Monde », rapportait, dernièrement, que, l’accueil en grande pompe, le 17 mars dernier , de Chakib Khelil, le ministre de l’énergie algérien de 1999 à 2010, en fuite depuis trois ans et soupçonné de corruption, a été pris en Algérie comme une provocation – la preuve de l’impunité dont jouissent les proches du chef de l’Etat. Et une façon d’enterrer l’affaire Sonatrach, la compagnie pétrolière nationale, qui défraie la chronique depuis 2010. Le mandat d’arrêt international contre M. Khelil a été annulé pour vice de forme, le juge qui a instruit l’affaire muté, le procureur général limogé. Mais l’ancien ministre n’a pas été blanchi par la justice algérienne.