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Par El Mostafa NASSIRI. L’Europe, ses dirigeants et ceux de ses pays membres continuent de surfer sur les vagues soulevées par la sortie du Royaume Uni de l’Union européenne, appréhendant de plus hauts niveaux et de nouvelles dimensions de celle-ci. De l’autre côté de la Manche, les remous ont submergé les dirigeants britanniques et écossais, ceux des partis politiques et les responsables des villes les poussant dans les tous les sens tracés par les ondes de choc du Brexit. Les marchés financiers et les espoirs déçus des foules britanniques sont précipités au creux de ces vagues. La sortie du Royaume uni a plus que tenu ses promesses insoupçonnées en réalité et qui se sont révélées en surprise et en craintes. Celles-ci proviennent d’abord de l’Europe qui, craignant une contagion qui menacerait son unité et, à l’évidence, sa force économique, hâte le Royaume-Uni à conclure le divorce dont ils entendent limiter les dégâts en pressant l’ancien membre à actionner la procédure de rupture dans le cadre de l’article 50 du traité de Lisbonne.

Les rencontres capitales se multiplient et les déclarations vont bon train exprimant la fermeté des uns et les hésitations des autres, des craintes et des regrets.

Les dirigeants européens, dont Donald Tusk et François Hollande, se sont montré fermes à l’issu de leur sommet de mercredi à Brucelles. Ils ont affirmé que le Royaume-Uni devrait respecter les quatre libertés fondamentales de l’UE, notamment la circulation des personnes, s’il veut accéder au marché unique, en rejetant toute velléité de Londres de restreindre la libre circulation des personnes.

« Les dirigeants ont clairement dit que l’accès au marché unique nécessite d’accepter les quatre libertés (fondamentales de l’UE, ndlr), y compris la liberté de mouvement », a affirmé le président du Conseil européen Donald Tusk à l’issue d’un sommet à Bruxelles.

Tout en réaffirmant l’espoir des 27 « que le Royaume-Uni sera un partenaire proche à l’avenir », il a insisté lors d’une conférence de presse sur le fait qu' »il n’y aura pas de marché unique à la carte » au bénéfice de Londres.

Les Européens ne tolèreront « aucune exception » à cette règle, a renchéri à ses côtés le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker.

La demande de notification du futur gouvernement britannique attendue début septembre

La question de l’immigration, en provenance notamment d’Europe de l’Est, a joué un rôle majeur dans la campagne pour le référendum du 23 juin au Royaume-Uni, qui a débouché sur un vote favorable à 52 % au Brexit, la sortie du pays de l’UE.

À l’issue de leurs premières discussions sur l’avenir de l’UE post-Brexit, sans David Cameron reparti à Londres la veille au soir, les dirigeants européens ont convenu de se retrouver pour un nouveau sommet à 27, le 16 septembre, en Slovaquie.

Peu après, François Hollande a, lui, affirmé que le futur gouvernement britannique devra notifier dès sa constitution sa demande de départ de l’Union européenne, soit « au début du mois de septembre ». « Aussitôt ce gouvernement est-il formé, aussitôt doit-il déposer sa demande de notification », a-t-il dit.

Au titre des initiatives à prendre pour la future Union à 27, le président français a estimé que les États membres pouvaient mutualiser leurs efforts de défense et qu’il fallait adapter la politique de concurrence pour constituer des champions européens.

Le premier ministre britannique, , David Cameron,a rencontré mardi 28 juin, à Bruxelles, les dirigeants européens, pour la première fois depuis le Brexit à Bruxelles, dont le pays a été pressé d’enclencher la zscission de l’UE « sans perdre de temps » et ne pas « paralyser » le bloc, dont l’avenir est en jeu. Mercredi, les chefs d’Etat et de gouvernement de l’UE se réuniront pour la première fois à vingt-sept, sans le premier ministre britannique, qui participait cependant mardi soir au dîner.

  1. Cameron a exprimé l’espoir que la sortie du Royaume-Uni soit négociée de manière« aussi constructive que possible ».
    Il a affirmé ne pas regretter d’avoir organisé le référendum. « Bien sûr que je regrette le résultat. Mais je ne regrette pas d’avoir tenu le référendum. C’était la bonne chose à faire », a-t-il dit en assurant que le Royaume-Uni n’avait pas l’intention de « tourner le dos à l’Europe » en dépit de sa décision de quitter l’Union européenne, décision dont il a confirmé qu’il laisserait le soin à son successeur de la mettre en œuvre.
  2. Cameron a ajouté que son pays avait pour projetde trouver la meilleure forme de partenariat possible avec l’UE, reconnaissant toutefois qu’il est impossible d’avoir « tous les bénéfices sans coûts ».

Avant la rencontre de Bruxelles, le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a prié les responsables politiques britanniques de préciser au plus vite leurs intentions, tout en expliquant qu’il avait demandé à ses services de n’engager aucune discussion avec Londres tant que les Britanniques n’auraient pas enclenché la procédure de sortie de l’Union. Cette position est appuyée par François Hollande qui, à son arrivée à Bruxelles a déclaré qu’il faut engager la procédure de sortie du Royaume-Uni le plus vite possible, en précisant qu’il n’imaginait pas que les autorités britanniques puissent ne pas respecter le vote de leur peuple.

Le Parlement européen a, de son côté, demandé au Royaume-Uni d’activer « immédiatement » la clause de retrait de l’UE, prévue dans le traité de Lisbonne, « pour éviter à chacun une incertitude qui serait préjudiciable et protéger l’intégrité de l’Union ».

Devant la chambre basse du Parlement allemand, la chancelière, Angela Merkel, a déclaré que le Royaume-Uni ne pourrait pas « choisir à la carte ». « Celui qui sort de la famille ne peut pas s’attendre à ce que tous ses devoirs disparaissent et que ses privilèges soient maintenus », a-t-elle assuré devant la chambre basse du Parlement allemand.

Auparavant, le président français François Hollande a appelé à « ne pas perdre de temps », alors que les Britanniques semblent vouloir temporiser avant de déposer leur demande. « Car rien n’est pire que l’incertitude » qui génère des comportements politiques souvent irrationnels » mais aussi des « mouvements financiers qui peuvent être également irrationnels », a-il estimé en

L’Allemagne, la France et l’Italie ont, par ailleurs, annoncé leur intention de faire ensemble des propositions afin de relancer la construction européenne sous une « nouvelle impulsion », dans les domaines notamment de la défense et de l’économie. « Nous proposerons demain aux chefs d’État et de gouvernement et aux institutions européennes de lancer un processus, selon un calendrier strict et un ensemble précis d’engagements, afin de répondre aux défis présentés par le résultat du référendum britannique et de développer des solutions concrètes pour un bon avenir aux Européens au sein de l’Union européenne », est-il mentionné dans  leur déclaration.

« La responsabilité, c’est de ne pas perdre de temps pour traiter convenablement la question du départ du Royaume-Uni » et « pour traiter la question de la nouvelle impulsion que nous devons donner à l’Union européenne à 27 », avait déclaré François Hollande depuis Berlin, rapporte le Huffington post. « Je n’imagine pas un gouvernement britannique, quel qu’il soit, ne pas respecter le choix de son propre peuple », a déclaré ce mardi le chef de l’Etat français aux journalistes, répétant qu' »il n’y a pas de temps à perdre » pour mettre en oeuvre le Brexit.

Selon ce média, les autorités européennes lui ont emboîté le pas. « L’Europe est prête à commencer la procédure de divorce même dès aujourd’hui », a promis le président du Conseil européen Donald Tusk.

« Nous ne pouvons pas nous installer dans une incertitude prolongée (…) Je voudrais que le Royaume-Uni clarifie sa position, pas aujourd’hui, pas demain matin, mais rapidement », a insisté de son côté le président de la Commission Jean-Claude Juncker devant le Parlement européen réuni en session extraordinaire.