oui cheque

Le chèque demeure l’instrument de paiement support le plus utilisé, avec 31% du total des opérations réalisées, suivi par les virements avec 28% des transactions, les paiements par cartes (22%), les prélèvements (16%), et les LCN (lettre de change normalisée) (3%).

En termes de montants échangés, ces proportions sont nettement différentes et n’ont pas connu de variation par rapport à l’année précédente, car si les chèques demeurent prépondérants, avec 53,5% des montants échangés, loin devant les virements (33%), les transactions de paiement par cartes ne représentent que 0,5% des opérations, étant donné que les cartes sont utilisées essentiellement pour des règlements de faible montant.

 

Les moyens de paiement scripturaux peuvent être définis comme étant l’ensemble des instruments permettant de faire circuler la monnaie scripturale et ne jouant qu’un rôle de support dans les règlements (chèque, carte, virement, prélèvement, lettre de change…).

Le moyen de paiement scriptural est donc la combinaison d’un instrument, dont le support peut être papier ou dématérialisé, qui permet de produire un ordre de paiement et d’un dispositif technique et organisationnel qui permet le traitement de cet ordre.

L’intermédiaire financier doit effectuer un certain nombre d’opérations préalables constituant la « phase de transaction » : collecte de l’ordre, vérification de sa validité et transmission des informations nécessaires à l’exécution du transfert.

Le transfert des fonds proprement dit, qui constitue la « phase de compensation et de règlement » est réalisé au moyen d’échange et de règlement entre les établissements de crédit, via des systèmes de paiement ou des relations bilatérales, le cas échéant.

 

 

Echanges scripturaux : 5 transactions par an et par habitant

 

Les paiements de masse s’échangent essentiellement à travers deux circuits :

– Interbancaire : qui couvre les opérations effectuées par tout moyen de paiement scriptural normalisé réalisées entre clients ayant leurs comptes domiciliés au sein de deux banques différentes.

– Intra-bancaire : qui couvre les opérations effectuées par tout moyen de paiement scriptural réalisées entre clients ayant leurs comptes domiciliés au sein d’une même banque ou du même groupe.

Le circuit bilatéral concerne l’échange de l’ensemble des valeurs non éligibles au traitement via le SIMT, à savoir les chèques et les lettres de change (LC) non normalisés.

Depuis 2013, Bank Al-Maghrib dispose, à travers son nouveau système de collecte de données, d’informations sur les opérations effectuées par les 20 établissements émetteurs ou gestionnaires de moyens de paiement pour le compte de leur clientèle. Ce dispositif permet ainsi de compléter les statistiques sur les échanges fournies directement par les gestionnaires des systèmes de paiement.

Ainsi, à fin 2015, le nombre global de moyens de paiement scripturaux échangés s’est élevé à 152,74 millions d’opérations correspondant à une valeur cumulée de 2 903 milliards de dirhams, soit près de 5 transactions par an et par habitant.

Le chèque demeure l’instrument de paiement support le plus utilisé, avec 31% du total des opérations réalisées, suivi par les virements avec 28% des transactions, les paiements par cartes (22%), les prélèvements (16%), et les LCN (3%).

En termes de montants échangés, ces proportions sont nettement différentes et n’ont pas connu de variation par rapport à l’année précédente, car si les chèques demeurent prépondérants, avec 53,5% des montants échangés, loin devant les virements (33%), les transactions de paiement par cartes ne représentent que 0,5% des opérations, étant donné que les cartes sont utilisées essentiellement pour des règlements de faible montant.

Le chèque conserve ainsi sa place de prédilection auprès des agents économiques qui restent confiants dans son utilisation pour le règlement des transactions de montants élevés.

Sur la totalité des transactions, hors opérations par cartes, 55% en 2015 en volume sont traitées

par les circuits interbancaires, contre 51,5% enregistré en 2014. En termes de valeur échangée, cette part est passée de 61% en 2014 à 57% en 2015.

 

Rejets inquiétants des lettres de changes

 

Au terme de l’année 2015, le nombre de moyens de paiement scripturaux échangés via le Système Interbancaire Marocain de Télé-compensation (SIMT) s’est établi à 65,8 millions, en progression de 7,3% par rapport à 2014.

Cette hausse en volume s’est accompagnée par une évolution des montants bruts échangés qui se sont établis à 1 636 milliards de dirhams contre 1 619 milliards de dirhams en 2014, soit une hausse de 1,5% résultant de la faible régression des montants des chèques échangés.

Quant à la structure des échanges, le chèque reste prédominant avec une part de 43% en nombre et 59% en valeur, suivi par le virement avec une part de 40% en nombre et 25% en valeur, et de la LCN qui représente 6% du nombre d’opérations réalisées en 2015 et 14% des montants globaux échangés.

Par ailleurs, le nombre de rejets de chèques, tous motifs confondus, s’est élevé à 731 425 opérations, correspondant à un taux de rejet de 2,56%. Les rejets pour motif de «défaut ou d’insuffisance de provision» continuent d’occuper une part prépondérante avec près de 53% du total des rejets opérés en 2015.

Parallèlement, la proportion des LCN rejetées, qui s’est établie à 17,35% en 2015 contre 18,1% en 2014, demeure inquiétante, surtout que plus de 90% des rejets correspondent à des rejets pour absence ou insuffisance de provision. Pour pallier à ces niveaux de rejets préoccupants et rétablir une relative crédibilité à cet instrument de paiement, Bank Al-Maghrib n’a cessé d’appeler à la mise en place de mesures tant préventives que dissuasives à même de prévenir contre les incidents de paiement des lettres de change, à l’échéance.

Par ailleurs, le nombre de prélèvements rejetés a fortement augmenté en 2015 passant de 53% en 2014 à 60% en 2015. Cette hausse rappelle la nécessité de mettre en place des mesures d’urgence à même de faire baisser la proportion d’avis de prélèvement rejetés pour défaut ou insuffisance de provision lors de leur présentation au paiement et de réduire l’effet de la représentation répétitive d’un même prélèvement, ce qui biaise la comptabilisation des rejets et augmente artificiellement son taux à des niveaux alarmants.

 

 

Trois quarts des chèques échangés concernent les retraits cash aux guichets

Au terme de l’année 2015, le nombre de moyens de paiement scripturaux échangés entre les comptes domiciliés sur les livres d’un même établissement ou d’un même groupe bancaire, s’est élevé à 53 millions d’opérations correspondant à une valeur de 1 251 milliards de dirhams.

A l’instar du circuit interbancaire, la répartition des échanges s’est caractérisée par la prédominance des chèques dans l’ensemble des paiements interbancaires. En effet, leur part en nombre s’est élevée à 34%, suivie par les prélèvements (33%) et les virements (32%). Les lettres de changes normalisées ne représentent, quant à elles, que 1% des transactions.

Il y a lieu de souligner que près des trois quarts des chèques échangés concernent les chèques de retrait cash aux guichets des banques. Le reliquat couvre les chèques remis à l’encaissement.

Par ailleurs, le nombre de rejets de chèques, tous motifs confondus, s’est élevé à 478 964, correspondant à un taux de rejet de 2,64% dont 22% correspond à des rejets pour absence ou insuffisance de provision.

Parallèlement, et à l’instar de l’interbancaire, la proportion des LCN rejetées est inquiétante avec 20,45% en nombre en 2015. Cette proportion est d’autant plus alarmante que 90% des rejets correspondent à des rejets pour absence ou insuffisance de provision.

Pour les prélèvements, le taux de rejet pour insuffisance de provision est de 95%. Ce taux très élevé demeure impacté par les représentations répétitives d’un même avis de prélèvement non honoré à l’échéance.

 

 

Echanges en bilatéral

 

Depuis la fermeture définitive de la chambre de compensation manuelle de Casablanca en décembre 2009, l’ensemble des valeurs non éligibles au traitement via le SIMT, à savoir les chèques et les lettres de change (LC) non normalisées, font l’objet d’échanges en bilatéral entre les banques, suite à l’accord au terme duquel deux parties conviennent d’échanger directement leurs obligations mutuelles, sans passer par une chambre de compensation automatique.

Le volume traité pour ces valeurs demeure ainsi marginal et poursuit son trend baissier enregistrant 605 opérations pour un montant de 377 millions de dirhams en 2015, soit une part faible de 0,03% des échanges interbancaires.

Les lettres de change non normalisées continuent de représenter l’essentiel des échanges en bilatéral, avec des parts en nombre et en montant respectivement de 48% et 93% du total des transactions bilatérales réalisées.

Cartes bancaires : 236 millions d’opérations de retrait d’espèces 206 milliards de dirhams

Le nombre de paiements par cartes, y compris les paiements sur GAB et ceux en ligne, s’est établi globalement à 33,9 millions d’opérations pour une valeur de 16,2 milliards de dirhams, soit une augmentation de 14% en nombre et 13% en valeur.

Avec une part de 82% des transactions effectuées, les opérations sur TPE représentent l’essentiel des paiements réalisés par cartes bancaires en 2015 soit 4% de plus qu’en 2014, suivies par les paiements sur GAB, avec une part de 10% contre 14,5% en 2014.

La progression des paiements par carte s’explique essentiellement par l’accroissement des paiements de proximité à travers les Terminaux de Paiement Electroniques (TPE), avec 27,7 millions d’opérations pour une valeur de 15 milliards de dirhams, en hausse respectivement, de 20% et 14% par rapport à l’année précédente.

Rapporté aux paiements effectués par les moyens de paiement traditionnels, le nombre de paiement par cartes s’est ainsi établi à 35% contre 33% en 2014 et 31% en 2013.

En dépit de cette progression, le ratio de paiement des porteurs marocains au Maroc demeure très bas, ne dépassant pas 12,53% en nombre et 7,29% en valeur à fin décembre 2015.

En effet, les retraits d’espèces continuent de représenter l’essentiel des opérations effectuées par le biais des cartes bancaires. Ainsi, le nombre de retraits effectués au Maroc par des cartes émises ou gérées par les établissements de crédit marocains a atteint en 2015, 236 millions d’opérations

correspondant à une valeur cumulée de près de 206 milliards de dirhams, contre 219 millions d’opérations correspondant à une valeur de 188 milliards de dirhams en 2014.

Concernant les transactions réalisées par des cartes internationales au Maroc, elles ont totalisé 12,8 millions d’opérations correspondant à une valeur de 18,9 milliards de dirhams soit une légère progression par rapport à leur niveau de 2014 qui s’était établi à 12,3 millions d’opérations correspondant à une valeur de 18,4 milliards de dirhams.

Par ailleurs, les transactions réalisées par les porteurs marocains à l’étranger demeurent assez timides mais ont connu une évolution significative de 59% correspondant à 1,2 million opérations en 2015 contre 78 0707 en 2014 et de 52% en valeur avec 1,9 milliards de dirhams à fin décembre

2015 contre 1,2 milliard de dirhams en 2014.

Cette évolution est essentiellement due à l’augmentation de l’encours de cartes à validité internationale puisqu’elle enregistre un nombre total de 363 416 cartes contre 221 538 en 2014

soit une évolution de 64%. Toutefois, contrairement au comportement des porteurs marocains au Maroc, l’essentiel des transactions réalisées avec ces cartes a concerné des opérations de paiement pour un montant de 1,5 milliard de dirhams correspondant à un ratio de paiement de 78,98% en valeur et 86,38% en nombre.