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Les données des comptes nationaux relatives au premier trimestre 2016 font ressortir une croissance de 1,7%, reflétant une contribution positive de 3,3 points de pourcentage de la demande intérieure et d’une participation négative de 1,6 point de pourcentage des exportations nette. Compte tenu des évolutions récentes, ainsi que des révisions des comptes nationaux trimestriels, la croissance se serait située autour de 1,3% au deuxième trimestre 2016 et ne devrait pas dépasser 1,4% au troisième trimestre.

Sur le plan sectoriel, compte tenu de la contraction de 71% de la production céréalière à 33,5 millions de quintaux, dont l’impact a été atténué par la bonne performance des autres cultures favorisée par les précipitations survenues en février et mars, la baisse de la valeur ajoutée agricole se serait limitée à 8,9% au deuxième semestre et à 9,2% au troisième trimestre. Pour sa part, la croissance du PIB non agricole devrait avoisiner 2,7% et 2,9% respectivement.

Sur le marché du travail, la situation a été caractérisée au deuxième trimestre, par une nouvelle perte nette d’emplois de 26.000 postes et une diminution du taux d’activité de 0,8 point de pourcentage à 47,2% et en conséquence un léger repli de 8,7% à 8,6% du taux de chômage. Concernant les coûts du travail, les dernières données disponibles du premier trimestre indiquent une progression de l’indice des salaires dans le secteur privé de 4,4% en termes nominaux et de 3,5% en termes réels.

Au total, l’activité continue d’évoluer en dessous de son potentiel au cours du troisième trimestre 2016.

Les comptes nationaux relatifs au premier trimestre 2016 font ressortir un accroissement de 2,7% de la consommation finale des ménages après 2,3% une année auparavant. Sa contribution à la croissance s’est élevée à 1,6 point de pourcentage contre 1,4 point.

Au deuxième trimestre, elle aurait progressé d’environ 3% après 1,8% au même trimestre de l’année précédente, soutenue par une amélioration de l’emploi rémunéré qui a augmenté de 103 mille postes d’emploi rémunérés dans l’ensemble des secteurs d’activité contre une perte de 7 mille postes un trimestre auparavant et une création de 125 mille au deuxième trimestre 2015. De même, les résultats de l’enquête de conjoncture auprès des ménages menée par le HCP indiquent que l’indice de confiance auprès des ménages est passé à 75,7 points au lieu de 71,6 points un trimestre auparavant, mais demeure en deçà de son niveau du deuxième trimestre de l’année précédente.

Toutefois, les crédits à la consommation ont marqué une décélération du rythme d’accroissement, se situant à 4,9% au lieu de 5,7% une année auparavant.

Au troisième trimestre, la consommation des ménages devrait maintenir pratiquement le même rythme de croissance qu’au second trimestre, en relation notamment avec la poursuite de l’amélioration des revenus des ménages.

Pour sa part, la consommation finale des administrations publiques a ralenti au premier trimestre 2016, son rythme étant revenu en une année de 3,2% à 0,8%.

Au deuxième trimestre, compte tenu d’une évolution de 3,8% des dépenses de fonctionnement et d’un repli de 29,5% de la charge de compensation, la progression de la consommation finale des administrations publiques se serait établie autour de 2% soit un rythme supérieur à celui enregistré au trimestre précédent. De ce fait, sa contribution à la croissance serait restée positive, ne dépassant pas, toutefois, 0,3 point de pourcentage. Cette orientation devrait se maintenir également au troisième trimestre

Au premier trimestre 2016, les données révisées du HCP indiquent que l’investissement a augmenté de 5% après un repli de 5,4% un an auparavant et de 0,7% au trimestre précédent, portant ainsi sa contribution à la croissance à 1,4 point de pourcentage.

Au regard des évolutions récentes des indicateurs disponibles, l’investissement aurait été en nette accélération au deuxième trimestre par rapport au même trimestre de l’année précédente, mais en ralentissement par rapport à la réalisation du premier trimestre 2016. En effet, les crédits à l’équipement se sont améliorés et les importations des biens d’équipement ont augmenté de 21,7%.

Pour ce qui est des dépenses d’investissement du Trésor en particulier, elles ont affiché à fin juillet une progression de 13% à 36,2 milliards de dirhams au lieu de 2% à 32 milliards une année auparavant.

Dans le secteur résidentiel, le rythme d’accroissement du crédit immobilier a décéléré à 1,7% à fin juillet reflétant notamment la poursuite du recul des crédits accordés aux promoteurs immobiliers. En parallèle, le volume des transactions a diminué de 2,1% au deuxième trimestre en glissement annuel, tandis que les prix ont accusé une baisse de 0,9%, indiquant principalement une régression des prix du résidentiel et du foncier.

Contribution négative de la demande extérieure à la croissance

Au premier trimestre, la contribution à la croissance des exportations nettes de biens et services est ressortie, pour la première fois depuis le premier trimestre 2014, négative à 1,6 point de pourcentage. Les exportations de biens et services ont enregistré une accélération de 6,3%. En parallèle, les importations de biens et services ont connu une hausse de 8,7% après quatre trimestres consécutifs de baisse.

Cette orientation de la demande extérieure devrait se maintenir au deuxième trimestre 2016, avec la poursuite de la dynamique des exportations accompagnée toutefois d’une hausse des importations. En conséquence, la contribution à la croissance de la demande extérieure nette demeurerait négative. Dans ces conditions, après un taux de 1,7% au premier trimestre, la croissance du PIB se serait située autour de 1,3% au deuxième trimestre et ne devrait pas dépasser 1,4% au troisième trimestre de l’année en cours.

L’activité économique aurait été marquée au deuxième trimestre 2016 par un ralentissement de la croissance économique, revenant de 1,7% au premier trimestre à 1,3%.

Par composante, la valeur ajoutée agricole aurait accusé une nouvelle baisse de 8,9%, après 9% au premier trimestre, résultat de la contraction de 71% de la production céréalière, dont l’impact a été atténué par la bonne performance des autres cultures, favorisée par les précipitations survenues en février et mars.

Pour les activités non agricoles, la croissance de leur valeur ajoutée serait revenue de 2,5% au premier trimestre à 2,1%. Tenant compte d’une progression estimée à 6% des impôts sur les produits nets de subventions, la croissance du PIB non agricole se serait établie à 2,7% contre 3,1% au premier trimestre et 2,9% au deuxième trimestre de 2015.

Au niveau des activités secondaires, la valeur ajoutée des industries de transformation se serait accrue de 3% au deuxième trimestre après 2,9% le trimestre précédent, bénéficiant de la bonne performance des métiers mondiaux du Maroc, notamment l’agro-industrie, la construction automobile et l’aéronautique. Pour sa part, la valeur ajoutée du BTP aurait enregistré une augmentation de 1,6% après 2,3% au premier trimestre. Les ventes de ciment ont affiché une baisse de 2,2% au lieu d’une progression de 5,9%, mais se sont accrues à fin juin de 1,7%.

Le secteur d’électricité a connu également un ralentissement, avec un rythme revenant à 1% contre 2% le trimestre précédent, traduisant notamment la baisse de la demande et la dissipation de l’effet de la mise en service au cours du deuxième semestre de 2014, des tranches 4 et 5 de Taqa Morocco (ex. Jlec).

A l’inverse, l’activité minière aurait accusé une diminution de 1,5% contre une hausse de 7% aupremier trimestre, sous l’effet du recul de 1,8%, après un fort accroissement de 10,2%, de la production de phosphate.

Concernant les activités tertiaires, le secteur des postes et télécommunications aurait affiché une progression de 4,1% après 5% au premier trimestre et 3,2% à la même période un an auparavant. Dans un contexte marqué par une nouvelle baisse des prix, le volume du trafic voix sortant pour le mobile a connu une amélioration de 13% et la facture moyenne mensuelle par client Internet s’est renchérie de 4,3%. De même, les activités commerciales auraient maintenu leur dynamise observé au premier trimestre avec un accroissement de 2,2% contre 0,9% un an auparavant. A l’inverse, après une croissance de 1,2% au premier trimestre, la valeur ajoutée du secteur touristique aurait accusé un repli de 1% contre 6,2% un an auparavant, pâtissant particulièrement des actes terroristes enregistrés dernièrement dans certains pays émetteurs de touristes.

Au troisième trimestre, la croissance économique devrait s’établir à 1,4%, résultat d’une nouvelle regression de 9,2% de la valeur ajoutée agricole et d’une accélération à 2,4% de celle des activités non agricole, à la faveur de la poursuite du dynamise de l’activité industrielle, du BTP, des postes et télécommunications et de la reprise de celle des mines. Pour sa part, le rythme de croissance du PIB non agricole devrait se situer à 2,9%.