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C’est une nuit de confusion et de crainte que la Turquie a vécu vendredi, à la suite d’une tentative de coup d’Etat contre le pouvoir en place dans ce pays, et qui ne se sont pas dissipés encore, samedi, à l’annonce par certaines sources de l’échec de cette tentative de putsch. Le monde entier retenait son souffle dès l’annonce du coup de force dans un pays placé au devant de la scène international par son importance historique qui se perpétue sous plusieurs aspects, politique et géostratégique qui se manifeste fortement à travers les grands évènements et les problématiques  dans la région, dans lesquels il est profondément impliqué dans le cadre de ses relations complexes avec ses voisins immédiats ou lointains du Moyen-Orient, à travers la grande problématique des réfugiés, ses relations avec la Russie et l’Europe, et son appartenance à l’OTAN. La Turquie focalise l’attention des observateurs par ces problématiques et ses problèmes politiques internes nés de l’opposition et des ébullitions qui se produisent au sein de l’armée et finissent per des coups d’Etat. La Turquie n’était pas, vendredi, à son premier putsch et celui-ci, prétendant défendre la démocratie, semble avoir buté sue celle-ci, comme en témoigne en particulier les opposants au coup d’Etat qui ont répondu à l’appel du chef de l’Etat élu, le président Recep Tayyip Erdogan.

Plusieurs heures après la tentative de putsch, la situation demeure confuse, mais l’arrivée du président turque à Ankara  et les information de l’Agence de  presse turque ont jeté quelque lumière sur la situation que les putschistes ne semblent pas avoir réussi à précipiter en leur faveur. L’agence de presse Anadolu fait état de 90 morts et 1 150 blessés dans la tentative de coup d’état qui a secoué la Turquie.

Le premier ministre turc a dénoncé vendredi une «tentative illégale» de renverser le gouvernement par un groupe au sein de l’armée. Selon les premières informations, les militaires putschistes avaient investi les ponts, les chaînes de télévision et bloqué les aéroports de la capitale Ankara et à Istanbul. Dans un communiqué, lu par un présentateur de la chaîne publique, ils avaient annoncé que le gouvernement a été renversé et que la loi martiale ainsi qu’un couvre-feu ont été instaurés. Le texte précise que le putsch a été mené «afin d’assurer et de restaurer l’ordre constitutionnel, la démocratie, les droits de l’homme et les libertés, et laisser la loi suprême du pays prévaloir».

Dans une allocution diffusée via l’application de visioconférence FaceTime, le président Erdogan s’adresse à la nation et dénonce le «soulèvement d’une minorité au sein de l’armée». «Je ne pense absolument pas que ces putschistes réussiront», estime l’homme fort de Turquie. Il a appelé les Turcs à descendre dans les rues pour résister à la tentative de coup d’État.

À son arrivée à l’aéroport d’Istanbul peu avant 3 heures, après avoir interrompu ses vacances, il est accueilli par une foule nombreuse. Il dénonce une «trahison» et blâme les adeptes de son ennemi Fethullah Gülen. Ce dernier condamnera pourtant dans la nuit «dans les termes les plus forts» cette tentative de coup d’État.

A la première haure de la journée de samedi, des chars de l’armée étaient déployés autour du Parlement turc, après des bombardements qui l’ont pris pour cible. Plusieurs violentes explosions sont entendues dans la capitale turque, accompagnées de coups de feu dans le centre-ville. Des avions de chasse ont survolent t à basse altitude la métropole, selon l’AFP.

Vers 1 heure, au milieu de la confusion, le premier ministre turc annonce que la situation est largement sous contrôle. Il n’y a pas d’inquiétude à avoir, le gouvernement est toujours aux affaires, assure Binali Yildirim, invitant à son tour la population à descendre dans les rues après la tentative de putsch qu’il a imputée à des «traîtres».

Aux premières heures de la journée, une trentaine de militaires putschistes déposaient les armes après avoir été cernés par la police, place Taksim, au centre d’Istanbul, selon un journaliste de Reuters sur place. Ils sont emmenés dans des fourgons tandis qu’un avion de chasse survole la ville à basse altitude. Trois heures plus tard, une unité de l’armée turque composée de près de 60 soldats rebelles qui avait investi dans la nuit l’un des ponts suspendus enjambant le Bosphore à Istanbul, se rend à son tour aux forces de sécurité.

L’agence de presse progouvernementale Anadolu a annoncé l’arrestation de 754 militaires. Cinq généraux et 29 colonels ont par ailleurs été démis de leurs fonctions sur ordre du ministre de l’Intérieur Efkan Ala.

Le premier ministre turc annonce de son côté avoir nommé un nouveau chef d’état-major par intérim, pour remplacer le général Hulusi Akar prisonnier des putschistes. Sa libération sera finalement annoncée tôt dans la matinée.

La Turque a connu, par le passé, de nombreux coups d’Etat en 1960, 1971 et 1980. Bien que certains d’entre eux ont permis à l’armée de prendre le pouvoir, la drnière tentative de putsch ne semble pas avoir emporté l’adhésion de l’armée dont certains responsables ont dénoncé  l’ »acte illégal » de leurs compagnons d’armes.

Réactions dans le monde

 

L’Union européenne a appelé, samedi,  à « un retour rapide à l’ordre constitutionnel en Turquie », par la voix du président du Conseil européen, Donald Tusk. « L’UE soutient totalement le gouvernement démocratiquement élu, les institutions du pays et l’Etat de droit », ont affirmé dans un communiqué commun Donald Tusk, le président de la Commission Jean-Claude Juncker, et la chef de la diplomatie européenne Federica Mogherini.

« Les tensions et les défis auxquels fait face la Turquie ne peuvent être résolus par les armes. Il n’y a pas d’alternative à la démocratie et au régime de droit », a par ailleurs insisté Donald Tusk devant la presse. Les dirigeants européens se sont exprimés depuis la Mongolie, où se tient un sommet Europe-Asie depuis vendredi.

Vendredi soir, la chancelière allemande, Angela Merkel, a fait savoir par le biais de son porte-parole que « l’ordre démocratique devait être respecté », tout en déclarant soutenir le gouvernement turc élu.

Le président américain, Barack Obama, a quant à lui appelé à « faire preuve de retenue et éviter violence ou bain de sang », invitant toutes les parties à soutenir le gouvernement « démocratiquement élu » du président Erdogan.

Alexis Tsipras, le chef du gouvernement grec, a lui aussi exprimé son soutien au gouvernement d’Erdogan. Les deux hommes, dont les pays sont voisins, s’entretiendront dans la journée par téléphone.