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Croissance de l’économie en 2016 et 2017 : 1,1% et 3,6% respectivement. Déficit budgétaire : 3,5% du PIB en 2017

 

 

Les faits saillants qui marquent l’évolution de l’économie nationale en 2016 et ses perspectives pour 2017 sont une accélération de la croissance économique nationale de 4,5% en 2015 à 1,1% en 2016 et son  amélioration à 3,6% prévue en 2017.

Les activités non agricoles sont marquées par une légère reprise de 2,2% en 2016 et 2,4% 2017 au lieu de 1,8% en 2015 ;

Les prix connaîtront une légère hausse de 2,1% en 2017  au lieu de 1,7% en 2016;

Le déficit courant des échanges extérieurs passerait de 2,1% du PIB en 2015 à 3,8% en 2016 avant de revenir à 3,4% en 2017 ;

Les finances publiques seront marquées par un éger accroissement de la dette publique globale de 80,4%  du PIB en 2015 à 81,8% en 2016 et son allégement à 80,5% en 2017. Celle du Trésor passerait de 64,1% du PIB en 2015 à 64,8% en 2016 puis baisserait à 64% en 2017.

 

 

Le budget économique prévisionnel 2017 présente une révision des perspectives du budget économique exploratoire publié au mois de juillet 2016. Il s’agit d’une nouvelle estimation de la croissance de l’économie nationale en 2016 et de la révision des perspectives économiques de 2017 et leurs effets sur les équilibres macroéconomiques internes et externes et sur le financement de l’économie.

Ces nouvelles perspectives se basent sur les résultats des enquêtes trimestrielles et des travaux de suivi et d’analyse de conjoncture menés par le Haut-commissariat au Plan durant le deuxième semestre de 2016 et les nouvelles tendances de l’environnement international.

Elles prennent en compte les dispositions fiscales et budgétaires annoncées dans le Projet de loi de finances 2017 et supposent également la réalisation d’une production agricole légèrement supérieure à la moyenne durant la campagne 2016/2017.

 

 

 

Légère reprise de la croissance mondiale en 2017

 

Selon les dernières perspectives économiques internationales, la croissance économique mondiale connaitrait une légère reprise en 2017 pour atteindre 2,7% après le creux  de l’après-crise (2,3 % en 2016).Elle reste toutefois entourée de multiples incertitudes liées à l’ampleur du déploiement du nouveau programme économique de relance aux Etats-Unis et aux modalités de sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne. Les orientations vers des politiques monétaires différenciées dans les grandes économies pourraient constituer, par ailleurs, une nouvelle source de tensions sur les marchés de capitaux.

Dans les économies avancées, la croissance devrait légèrement progresser pour s’établir à 1,8% en 2017 et ce, dans l’hypothèse d’une orientation budgétaire plus favorable à l’activité aux États-Unis, avec les effets d’entraînement sur la demande qui pourraient s’exercer dans d’autres économies. Dans ces conditions, la croissance économique aux États-Unis devrait s’accélérer pour atteindre  2,2% en 2017 au lieu de 1,6% en 2016.

Dans la Zone Euro, la croissance  devrait fléchir légèrement  en 2017 avec un taux de 1,5% au lieu de 1,6% en 2016. La demande intérieure, devrait  rester freinée par la mollesse de l’investissement. Aussi, la remontée avérée des cours du pétrole devrait affecter le pouvoir d’achat des ménages, tandis que le resserrement monétaire de la (FED) et l’écartement des taux qui  s’ensuivrait, devrait entrainer une dépréciation de l’euro.

Au Japon, la croissance du PIB devrait rester modeste, aux alentours de 1%  en 2017, malgré l’adoption des politiques monétaire accommodantes et des plans de relance et d assouplissement budgétaires.

Quant à la croissance des marchés émergents et en développement,  elle devrait passer de 3,4%, en 2016 à 4,2%  en 2017.  Toutefois ces pays devraient enregistrer des résultats contrastés, qui témoignent de leurs différences concernant les politiques mises en œuvre pour soutenir l’activité et la sensibilité aux variations des cours des produits de base.

L’économie Indienne, appuyée par des réformes structurelles fondamentales (réforme fiscale, ciblage de l’inflation, revalorisation des salaires) et par le regain de confiance chez les consommateurs et les  investisseurs, devrait enregistrer une croissance vigoureuse de 7,6% en 2017.

L’économie Chinoise, de son côté, devrait consolider son rythme de croissance, malgré son léger ralentissement, à 6,5% en 2017 au lieu de 6,7%  en 2016.

Le Brésil devrait connaître un redressement de son cadre macroéconomique et atténuer progressivement les effets des chocs antérieurs. Sa croissance économique serait de 0,5% en 2017 au lieu d’une baisse de 3,4% en 2016.  L’économie de la Russie devrait également se stabiliser en s’ajustant au double choc des prix du pétrole et des sanctions.  Son taux de croissance serait de 1,5% en 2017 au lieu d’une baisse respective de 0,6% et 3,7% en 2016 et 2015.

Au plan des prix des matières premières, l’accord conclu entre les pays membres de l’OPEP et la Russie pour limiter l’offre du pétrole brut sur le marché international devrait induire une hausse des cours qui pourraient dépasser le seuil de 55$/ baril en 2017 au lieu de 43$ en moyenne en 2016.

Les prix des matières premières non énergétiques devraient connaitre également un revirement de tendance, avec une hausse de 1,4% en 2017 au lieu d’une baisse  de 2,6% en 2016 et de  15% en 2015.

Le commerce mondial, qui a pu enregistrer durant des années, des rythmes de progression représentant parfois le double de la croissance mondiale, devrait continuer d’offrir des opportunités de croissance limitées. Son taux d’accroissement devrait s’établir à près de 3,6% en 2017.

Dans ce contexte d’atonie de la demande mondiale, les tensions inflationnistes devraient rester minimes dans la plupart des économies. La hausse globale des prix à la consommation devrait commencer à se redresser dans les principales économies avancées. En outre, la tendance à l’appréciation du dollar par rapport à la plupart des devises, notamment l’euro, pourrait se prolonger et la parité entre les deux devises serait atteinte en 2017.

Les perspectives de l’économie  internationale, globalement en légère amélioration, se traduiraient par une demande mondiale adressée au Maroc en légère hausse de  3,8% en 2017 au lieu de 3,1% en 2016.

L’économie nationale risquerait toutefois d’être affectée par un environnement international peu prometteur caractérisé par une croissance modérée des partenaires économiques, notamment la zone euro, et par un revirement de tendance  des prix des matières premières particulièrement les cours du prix du pétrole brut.

 

 

Secteur secondaire : ralentissement à 1,9% de la croissance  en 2016

 

L’année 2016 aurait été marquée par la forte baisse de la production agricole et les faibles capacités des activités non agricoles à en atténuer les effets négatifs sur le rythme de la croissance économique nationale. Le ralentissement net de la demande adressée au Maroc ainsi que de la consommation finale nationale, conjuguée à une forte pénétration des importations dans le marché local, sont à l’origine de cette situation.

La campagne agricole 2015-2016 a été caractérisée par des conditions climatiques défavorables qui ont fortement affecté les niveaux de la production agricole, en particulier celle des cultures céréalières. Avec 33,5 millions de quintaux, la production céréalière a été en régression de plus de 70% par rapport à son niveau de 2015. De même,  la production des légumineuses aurait baissé de 54% en comparaison avec l’année 2015.

Néanmoins, les productions des cultures industrielles, fruitières et maraichères, ainsi que des activités de l’élevage auraient été préservées sous l’effet du niveau satisfaisant du stock hydraulique disponible et du plan anti-sécheresse mis en œuvre durant l’année 2016. Par ailleurs, les réalisations des activités de la pêche maritime, quoique modestes en comparaison avec celles de 2015, auraient pu contribuer à l’atténuation des effets négatifs de la sécheresse.

Dans ces conditions, la valeur ajoutée du secteur primaire aurait été en repli de 9,8%, dégageant ainsi une contribution négative à la croissance du Produit Intérieur Brut de 1,3 point en 2016 au lieu d’une contribution positive de 1,5 point une année auparavant.

Au plan des activités non agricoles, les faibles performances  continuent de caractériser globalement l’ensemble des activités aussi bien secondaires que tertiaires.

C’est ainsi que la valeur ajoutée des industries manufacturières aurait affiché un ralentissement de sa croissance, avec 2% en 2016 après 4,3% enregistrée en 2015. Ceci s’explique par le net ralentissement des industries alimentaires et métallurgiques, au moment où l’industrie chimique et para- chimique aurait connu une amélioration, bénéficiant d’une demande extérieure favorablement orientée aux engrais phosphatés alors que celle du textile et cuir aurait quasiment stagné.

De son côté, le secteur du bâtiment et travaux publics, en dépit de la baisse de la demande pour le logement, aurait profité de la progression de l’auto-construction et de la poursuite des grands projets structurants d’infrastructures et d’aménagement urbain en 2016. Sa valeur ajoutée aurait affiché une amélioration de 1,3% au lieu de 0,8% en 2015.

Les activités minières aurait connu une légère reprise, restant impactées depuis 2011 par le recul de la demande étrangère et la baisse des prix du phosphate au niveau mondial. Elles se seraient améliorées de 3,2% au lieu d’une baisse de 5,1% en 2015.

Au total, et compte tenu d’une évolution modérée de 1,8% de l’activité électrique, la valeur ajoutée du secteur secondaire aurait progressé de 1,9% en 2016 au lieu de 2,8% une année auparavant.

Au niveau des activités tertiaires, les services marchands auraient enregistré une valeur ajoutée en amélioration de 2,3% au lieu de 1,4% une année auparavant. Cette légère reprise  aurait été portée, en particulier, par les secteurs des télécommunications, du commerce et des services rendus aux entreprises. Les autres services excepté le tourisme, auraient continué leur croissance à des rythmes très modérés.

Quant aux activités touristiques bénéficiant de l’effet positif de la COP22 et du dynamisme du tourisme national, auraient affiché une amélioration de leur valeur ajoutée de 2,6%  après avoir enregistré une baisse de 3,2% en 2015. Toutefois, cette croissance serait restée bien inferieure aux rythmes soutenus de 5% en moyenne durant les années 2007-2014.

 

 

Activités tertiaires : croissance de 2,3% en 2016

 

Ainsi, en prenant en considération l’augmentation de 2% de la valeur ajoutée des services non marchands, les activités tertiaires auraient enregistré une croissance de 2,3% en 2016 au lieu de 1,2% en 2015.

Globalement, les activités non-agricoles se seraient améliorées de 2,2% en 2016, en légère hausse par rapport à 1,8% en 2015,  tout en restant largement en deçà du taux de 4,2% par an durant les années 2008-2012.

Dans ces conditions, et compte tenu d’une évolution de 6,6%, des impôts et taxes sur produits nets de subventions, le Produit Intérieur Brut aurait enregistré une faible croissance estimée à 1,1% en 2016 au lieu de 4,5% en 2015.

 

L’économie nationale continue d’être marquée par une maitrise de l’inflation. La hausse du niveau général des prix aurait été modérée, avec 1,7% en 2016 après 1,8% enregistré en 2015, en raison d’une inflation importée modérée et de la faiblesse des pressions inflationnistes induite par le ralentissement de la consommation finale nationale.

 

 

Demande intérieure : contribution de 3,9 points à la croissance en 2016

 

La demande intérieure continue d’être la source fondamentale de la croissance économique nationale, au moment où la demande extérieure n’arrive pas à consolider, depuis plusieurs années, un rythme régulier de contribution positive à la croissance du PIB.

C’est ainsi que la consommation finale des ménages aurait été en amélioration à un rythme modéré de 2,6% au lieu de 2,4%, en 2015, loin du taux de 4,6% par an durant la période 2008-2012. Sa contribution à la croissance du PIB aurait été de 1,5 point en 2016 au lieu de 2,4 points en moyenne entre 2008 et 2014.

De son côté, la consommation des administrations publiques se serait accrue de 1,3% après avoir enregistré une croissance de 1,9% en 2015, avec une faible  contribution à la croissance de 0,2 point au lieu de 0,4 point en 2015.

Dans ces conditions, la consommation finale nationale se serait accrue de 2,3%, soit le même rythme enregistré en 2015, maintenant ainsi sa contribution à la croissance économique à 1,8 point.

De son côté, la formation brute du capital fixe, après des baisses successives enregistrées en 2013 et 2014 et une croissance modeste de 1,5% en 2015, aurait connu une croissance soutenue de 3,9% en 2016, contribuant ainsi pour 1,1 point à la croissance du PIB au lieu de 0,5 en 2015. De même, la variation des stocks, aurait affiché une contribution positive à la croissance, de l’ordre d’un point, après une contribution négative de 1,3 point en 2015. De ce fait, l’investissement brut aurait contribué pour 2,1 points à la croissance au lieu d’une contribution négative de 0,9 point en 2015.

Au total, la demande intérieure  aurait augmenté de 3,6%  en volume, au lieu de 0,9% en 2015 et 5% par an durant la période 2008-2013. Sa contribution à la croissance économique aurait atteint 3,9 points en 2016 au lieu d’un point en 2015. Elle aurait été, toutefois, atténuée par l’importance de la contribution négative de la demande extérieure nette.

 

Les exportations des biens et services se seraient accrues de 4,5% en volume, alors que les importations auraient connu une hausse de 10,2%, accentuant de ce fait le déficit structurel du commerce extérieur. Les échanges extérieurs nets auraient ainsi dégagé une contribution négative de 2,8 points à la croissance du PIB en 2016 au lieu d’une contribution positive de  3,5 point en 2015.

 

Aux prix courants, les exportations de biens et services, aux prix courants, auraient progressé de 2,5% au lieu de 6,2%. Les secteurs de l’industrie automobile et de l’industrie alimentaire auraient affiché des hausses de leurs exportations de 11,5% et de 5,2% respectivement. Toutefois, les exportations des produits du phosphate auraient connu une baisse de 12,1%, sous l’effet essentiellement du fléchissement des prix des matières premières sur le marché mondial.

 

De leur côté, les importations de biens et services auraient connu une forte hausse de 8,3% en 2016 au lieu d’une baisse de 4,5% en 2015. Ceci s’explique par les fortes augmentations de 27,5% des importations des biens d’équipements et de celles des produits alimentaires de 25%, suite au recul de l’offre agricole.

 

Néanmoins, la facture énergétique à l’importation aurait affiché une baisse notable de près de 17,7%, suite à la baisse aussi bien du volume  que des cours internationaux de produits pétroliers , qui auraient atteint 43$/baril en moyenne en 2016 au lieu de 50,79$/baril une année auparavant.

 

Ces évolutions différenciées des exportations et des importations se seraient traduites par une accentuation du déficit de la balance des échanges de biens et services de 7,9% du PIB en 2015 à 10% en 2016.

 

 

Croissance modeste des crédits bancaires

 

Au plan des finances publiques, la consolidation des recettes budgétaires due aux efforts de renforcement de la collecte des recettes fiscales et non fiscales associées à la réduction des dépenses budgétaires notamment de compensation, se serait traduite par un allégement du déficit budgétaire passant à 4% du PIB en 2016 au lieu de 4,3% l’ année précédente. Il aurait été couvert aussi bien par des emprunts intérieurs qu’extérieurs.

A cet effet, la dette extérieure du Trésor aurait atteint 150,8 milliards de DH en 2016 représentant 14,9% du PIB au lieu de 14,3% en 2015. La dette intérieure, de son côté, avec un montant de près de 504 milliards de DH, aurait atteint 49,9% du PIB en 2016 au lieu de 49,7% en 2015. Le taux d’endettement total du Trésor aurait ainsi représenté 64,8% du PIB au lieu de 64,1% en 2015. Compte tenu de l’évolution de la dette publique garantie, la dette publique globale aurait atteint 81,8% du PIB en 2016 au lieu de 80,4% en 2015.

 

Au  niveau du secteur monétaire, malgré la baisse des taux débiteurs et l’amélioration de la liquidité, la croissance des crédits bancaires serait restée modeste en deçà du rythme enregistré avant l’année 2011. Ils auraient progressé de 4% en 2016 après 2,8% en 2015 et 13,2% en moyenne annuelle durant la période 2002-2011. Néanmoins, les réserves internationales nettes auraient continué d’enregistrer un rythme d’augmentation soutenue pour se situer à 252 milliards de dirhams à fin 2016 au lieu de 224,6 milliards de dirhams en 2015, soit l’équivalent de 6,4 mois d’importations de biens et services. Dans ces conditions, la masse monétaire aurait augmenté de 5,2% au lieu de 5,7% en 2015.

 

Dans ce contexte, l’économie nationale aurait connu une décélération de l’épargne intérieure, passant de 22,5% du PIB en 2015 à 21,8% en 2016. La consommation finale nationale aurait augmenté de 3,7% aux prix courants, alors que le PIB nominal se serait accru de 2,9%.

La consolidation de l’apport des revenus nets en provenance du reste de monde, particulièrement les transferts des marocains résidant à l’étranger, pour représenter 6,3% du PIB, aurait contribué à maintenir l’épargne nationale à 28,1% du PIB en 2016.

Cependant, l’investissement brut aurait connu une hausse plus importante pour se situer à 31,9% du PIB au lieu de 30,2% en 2015, induisant, en conséquence, une accentuation du déficit de financement de l’économie. Celui-ci serait passé à 3,8% du PIB en 2016 au lieu de 2,1% en 2015.

 

Il est à rappeler que les perspectives établies pour l’année 2017 prennent en considération les dispositions annoncées dans le projet de la loi de finances 2017 en matière de fiscalité, de dépenses d’investissement, de fonctionnement et de compensation.

 

Ces perspectives supposent en outre, compte tenu du niveau de précipitations observé jusqu’à la fin du mois de décembre 2016, la réalisation d’une production agricole moyenne des cultures céréalières durant la campagne 2016/2017, et la consolidation des performances des autres cultures et de l’activité  de l’élevage.

 

Elles tiennent compte, également, de l’amélioration de la demande mondiale adressée au Maroc  de  3,8% en 2017 au lieu de 3,1% en 2016. Elles se basent sur l’hypothèse de consolidation des recettes voyages et des transferts des marocains résidents à l’étranger.

 

PIB : hausse de 3,6% en 2017

 

La campagne agricole 2016-2017 s’annonce prometteuse. Le cumul pluviométrique national moyen jusqu’à fin décembre 2016 était de 153,2 mm en augmentation de 30% par rapport à une année normale et de 135% par rapport à la campagne précédente. La superficie emblavée a atteint 4 millions d’hectares sur les 5 millions ciblés.

Dans ces conditions, et dans la perspective d’une production des céréales de 70 millions de quintaux et d’une consolidation des réalisations des autres cultures industrielles, de l’élevage et de la pêche maritime, le secteur primaire devrait dégager une valeur ajoutée en hausse  de 9,7% au lieu d’une baisse de 9,8% estimée pour 2016.

Le secteur secondaire, soutenu par la consolidation de la demande intérieure et par l’amélioration de la demande extérieure, connaîtrait une hausse de son rythme de croissance de 2,5% au lieu de 1,9% en 2016.

Le secteur tertiaire devrait consolider sa légère reprise amorcée en 2015 pour afficher une croissance de 2,4% en liaison notamment avec les effets d’une campagne agricole prometteuse sur les services marchands, en particulier, les activités du commerce et des transports. Quant aux services non marchands, ils dégageraient une valeur ajoutée en hausse de 2,2%, en raison d’une éventuelle augmentation de la masse salariale dans les administrations sous l’effet du recrutement anticipé pour l’année 2017.

Dans ces conditions, les activités non agricoles devraient dégager une valeur ajoutée en amélioration de 2,4% au lieu de 2,2% en 2016.

Au total, le Produit Intérieur Brut (PIB) devrait enregistrer une hausse de 3,6% en 2017 au lieu de 1,1% estimé pour 2016.

Par ailleurs, l’augmentation prévue des prix à l’importation, associée à une demande intérieure en amélioration en 2017, devrait induire une légère hausse de l’inflation. Ainsi, l’accroissement du niveau général des prix serait de 2,1% au lieu de 1,7% en 2016.

 

 

Demande intérieure : maintenir du rythme de croissance à 3,6% et sa contribution à 3,9 points à la croissance en 2017

 

 

La demande intérieure devrait consolider sa légère reprise observée en 2016. Ainsi, la consommation des ménages résidents, profitant des effets des résultats positifs attendus de la campagne agricole 2016-2017 et de l’amélioration des revenus en relation avec la consolidation prévisible de la croissance des activités non agricoles, devrait s’accroitre de 3,2% en volume en 2017 au lieu de 2,6% en 2016.

De son côté, la consommation des administrations publiques devrait augmenter de 2,7% au lieu de 1,3% en 2016, suite à l’accroissement des dépenses budgétaires de fonctionnement non-salariés. En somme, la consommation finale nationale, devrait s’accroître de 3,1% au lieu de 2,3% en 2016, dégageant ainsi une contribution de 2,5 points à la croissance au lieu de 1,8 point en 2016.

La formation brute de capital fixe (FBCF), soutenue par la poursuite des grands projets structurants et par la reprise progressive des activités économiques,  devrait connaitre une hausse de 3% en volume en 2017. Sa contribution à la croissance économique devrait passer de 1,1 point en 2016 à 0,9 point en 2017. En intégrant la variation des stocks, l’investissement brut devrait connaitre une hausse de 4,6% en volume contribuant pour 1,5 point à la croissance au lieu de 2,1 points en 2016.

Dans ces conditions, la demande intérieure en volume devrait maintenir son rythme de croissance à 3,6%, et sa contribution à 3,9 points à la croissance économique en 2017.

 

Au plan des échanges extérieurs de biens et services, les exportations devraient s’accroitre de 6,2% en volume au lieu de 4,5% en 2016, alors que les importations devraient progresser de 5,4% au lieu de 10,2%. Toutefois, malgré l’évolution favorable des exportations, la persistance du poids des importations devrait induire une contribution de la demande extérieure nette négative, certes atténuée, passant de -2,8 points en 2016 à -0,3 point en 2017.

 

Les exportations de biens et services, aux prix courants, devraient connaitre une hausse de 5,9% en 2017 au lieu de 2,5% en 2016, alors que les importations devraient enregistrer un rythme d’accroissement en ralentissement à 4,8% au lieu de 8,3% en 2016. Le déficit des échanges extérieurs nets serait ainsi en légère baisse, passant de 10% du PIB en 2016 à 9,6% en 2017.

 

 

Déficit budgétaire : 3,5% du PIB en 2017

 

Les finances publiques devraient continuer de poursuivre le processus de rationalisation des dépenses budgétaires et du renforcement de la collecte des recettes, notamment fiscales, maitrisant ainsi le déficit budgétaire à un niveau jugé tolérable. Ce dernier devrait se situer à 3,5% du PIB en 2017, après celui de 4% estimé pour 2016.

Pour combler ce déficit, l’Etat ferait recours à l’emprunt, ce qui devrait ramener le taux d’endettement du Trésor à près de 64% du PIB. La dette publique globale connaitrait une tendance baissière par rapport au PIB pour se stabiliser à 80,5% au lieu de 81,8% pour 2016.

En prenant en considération, les perspectives de croissance économique en 2017 et de la hausse modérée des prix, la masse monétaire devrait s’accroitre de près de 5,7%. Les réserves internationales nettes assureraient le recouvrement d’environ 6,7 mois d’importations de biens et services. Dans ces conditions, le crédit bancaire devrait augmenter de 4,6% en 2017 au lieu de 4% en 2016.

Globalement, avec un accroissement de 5,8% du PIB aux prix courants en 2017 et une progression de 4,9% de la consommation finale nationale, le taux d’épargne intérieure connaitrait une légère amélioration passant de 21,8% du PIB en 2016 à 22,5% en 2017.

Les revenus nets en provenance du reste du monde, en hausse de 4,4%, devraient se maintenir à 6,3% du PIB. De ce fait, l’épargne nationale devrait représenter 28,7% du PIB en 2017 au lieu de 28,1% en 2016. Elle resterait, toutefois, inférieure à l’investissement brut représentant 32,2% du PIB en 2017. Le besoin de financement de l’économie devrait se situer, en conséquence, à 3,4% du PIB, mais en allégement par rapport à 3,8% estimé pour 2016.

 

A la lumière de la situation économique nationale en 2016 et ses perspectives en 2017, il convient de souligner que :

– Les activités non agricoles continuent de s’inscrire dans un sentier de croissance en ralentissement. Avec un taux d’accroissement de 2,1% par an durant la période 2013-2017, les réalisations de ces activités restent loin du niveau de 5,3% par an de la période 2010-2012.

–  La demande intérieure continuerait, malgré son ralentissement, de tirer la croissance économique nationale. Ses effets multiplicateurs sur les importations de produits finis de consommation et d’équipements devraient être atténués pour réduire l’ampleur du déficit des échanges extérieurs de biens et services et valoriser leur potentiel en termes de contribution à la croissance économique nationale.  Ce déficit se situerait à 100,7 milliards en 2016 au lieu de 60 milliards en 2007. Sans les services, il atteindrait 180 milliards, soit 17% du PIB en 2016.

– Le taux d’endettement public global ne cesse d’augmenter pour représenter 81,8% du PIB en 2016. Son volume aurait doublé entre 2009 et 2016 pour atteindre 827 milliards de DH au lieu de 418 milliards de DH, soit une augmentation annuelle moyenne de 58 milliards de DH.