oui Manifestation des diplomes chomeurs Rabat 9 mai 2012

L’évolution de l’offre de travail est marquée par le reflux relatif du taux d’activité qui est descendu en dessous de la barre de 50%. Cette tendance baissière du taux d’activité, particulièrement prononcée en milieu urbain, s’explique principalement par le recul important de l’offre de travail des jeunes. Le deuxième trait saillant de l’offre de travail est la persistance de la faible participation des femmes dans l’activité économique en dépit de l’élargissement de leur accès à l’éducation et à la formation. En effet, le niveau très bas du taux de participation de la femme au marché du travail s’explique par la conjugaison de plusieurs facteurs, notamment la répartition traditionnelle des rôles dans le ménage, la scolarisation croissante et l’allongement de leur scolarité (en milieu urbain surtout), le statut matrimonial en particulier les femmes mariées, etc.

Dans son « bilan social » au titre de 2015, le ministère de l’emploi et des Affaires sociales note que la faiblesse du taux de participation des femmes dans le marché du travail se conjugue-t-elle à la prédominance du sous-emploi et de l’emploi non rémunéré des femmes. Cette faible participation pourrait aussi être due à des conditions de travail défavorables qui découragent les femmes à y participer. Les jeunes (15 à 24 ans) participent de moins en moins au marché du travail, certains prolongent la durée de scolarité et d’autres se retirent du marché du travail face aux difficultés croissantes d’insertion, ce qui accroit le taux de dépendance.

Cette tendance se confirme par la baisse de moins en moins de la part des jeunes dans l’offre globale de travail.

Par ailleurs, les tendances d’évolution du chômage sont marquées par la résistance à la baisse du taux de rapport à la stabilisation voire même la régression du taux d’activité aussi bien celui des hommes que des femmes (effet découragement). Des disparités structurantes du taux de chômage sont relevées selon les milieux de résidence, entre hommes et femmes, entre groupes d’âge et entre les niveaux et les types de diplômes.

Autre fait marquant du chômage, la forte vulnérabilité des jeunes primo demandeurs d’emploi et des chômeurs de longue durée, ce qui accentue la dévalorisation du capital humain et l’exposition au risque d’exclusion du marché du travail, surtout pour les jeunes diplômés.

En se focalisant sur les jeunes en situation de chômage ou d’inactivité qui éprouvent plus de difficultés à transiter vers le marché de l’emploi, l’enquête nationale sur l’emploi révèle que près de 28% des jeunes âgés de 15 à 24 ans sont sans emploi et hors systèmes éducatif ou de formation professionnelle (taux de NEETs).

Force est de constater que ce taux est particulièrement élevé chez les jeunes femmes âgées de 18 à 24 ans.

L’éclairage sur l’exclusion des jeunes du marché du travail fourni par ces indicateurs illustre la nécessité de prendre en charge cette catégorie de la population ayant accumulé des déficits en termes d’éducation et de formation, de compétences techniques et non techniques (soft skills) et d’insertion professionnelle. Des prestations spécifiques en matière de sensibilisation, de communication et d’apprentissage doivent être mises en place en faveur de ces jeunes inactifs, et particulièrement ceux découragés, pour les réconcilier avec le monde de la formation et les accompagner dans leur insertion professionnelle.

Emplois : Création  dans les BTP, destructions dans le textile

Dans une conjoncture économique particulièrement difficile, tant à l’échelle internationale que nationale, l’économie marocaine a néanmoins permis de créer globalement plus de 66.000 postes d’emploi par an en moyenne au cours des cinq dernières années, dont plus des trois quarts sont concentrés dans les villes.

Ces chiffres globaux cachent une dynamique d’emploi différenciée selon les secteurs d’activité. Les activités du secteur tertiaire et une partie des activités du secteur secondaire ont enregistré des évolutions favorables de l’emploi.

En revanche, les activités du secteur primaire, où la performance dépend fortement des conditions climatiques et dans une certaine mesure de la mécanisation, demeurent confrontées au phénomène de non stabilisation de leurs emplois volatiles d’une année à l’autre.

Les destructions d’emploi se confirment dans certaines activités manufacturières orientées vers le marché extérieur notamment le textile, la bonneterie et l’habillement, confrontés à une pression concurrentielle accrue provenant des pays fabricants à bas coûts. Pour le BTP, l’année 2015 a enregistré une inversion de la tendance baissière amorcée depuis le début de la décennie 2010 puisque des créations nettes importantes ont été enregistrées durant cette année.

Selon le type d’emploi, force est de constater que les créations d’emploi ont concerné principalement les emplois rémunérés dans les zones urbaines où l’essentiel des activités économiques relève des secteurs secondaire et tertiaire. En revanche, les emplois non rémunérés (aides familiaux et apprentis) ont poursuivi leur tendance baissière soulignant ainsi l’accumulation des pertes d’emplois enregistrées d’une année à l’autre durant cette même période.

Le niveau général de qualification de la population active occupée s’améliore particulièrement dans les villes où la part des actifs occupés non diplômés dans la population active occupée continue à régresser. En revanche, le niveau général de qualification demeure faible parmi les actifs occupés ruraux.

Relativement aux années passées, la couverture sociale est en nette amélioration mais demeure insuffisante, en particulier en milieu rural. Plusieurs chantiers de réforme de la protection sociale sont engagés par le gouvernement notamment en termes d’élargissement du champ de couverture à toutes les populations et d’extension à l’ensemble des risques sociaux tels que stipulés par les conventions internationales dans ce domaine.

En dépit de sa contribution de manière significative à la création d’emplois, le secteur informel pose une problématique complexe à résoudre liée à la précarité des emplois et aux nouvelles formes d’exclusion et de pauvreté qu’il génère. Cette caractéristique commune à tous les pays en voie de développement interroge les relations entre le travail dans l’économie informelle, le décrochage scolaire et le manque de compétences demandées par les entreprises formelles.

 

Compétitivité et salaires : La productivité reste à améliorer

En matière de politique des revenus, des prix et des salaires, le gouvernement veille constamment à la revalorisation du salaire minimum en vue de préserver le pouvoir d’achat des smigards et améliorer leurs conditions de vie. Ainsi, les revalorisations du salaire minimum effectuées les dernières années, dans le cadre du dialogue social, ont permis aux smigards de gagner en pouvoir d’achat (2,2% par an en moyenne). Ceci est la conséquence d’une progression nominale moyenne du salaire minimum de 3,6% annuellement, contre une inflation de 1,4%.

Le Maroc occupe une position intermédiaire par rapport aux pays comparables et compétitifs en termes de salaire minimum et un niveau de productivité en progression autour de 3% mais qui reste à améliorer.

Globalement, la distribution des salaires dans le secteur privé structuré fait apparaitre une tendance baissière de la disparité salariale par sexe à partir de 2010 et son amélioration entre les tranches supérieures et inférieures des salaires.

La différence du salaire moyen mensuel des hommes par rapport aux femmes se situe à près de 20% en moyenne. Cette différence est due essentiellement à des facteurs en lien avec la durée du travail, le niveau de qualification, l’ancienneté dans le travail, etc. De ce fait, réduire cet écart nécessite d’agir sur les facteurs qui peuvent améliorer la qualification de la femme,  notamment la scolarisation et la formation. Des efforts sont à déployer au niveau de la scolarisation de la fille en milieu rural avec une sensibilisation accrue des parents et des incitations financières.

Dans les industries manufacturières, le coût salarial par unité produite représente 37,2% en 2012, en baisse de deux points de pourcentage par rapport à une année auparavant. Ce coût varie selon les branches du secteur. Les charges du personnel par unité produite les plus élevées sont enregistrées dans la branche du textile et du cuir (71% de la valeur ajoutée de la branche) et les industries électriques et électroniques (63,2%). Cette part n’est que de 26% dans l’industrie agroalimentaire. Successivement, l’industrie chimique et para chimique et l’industrie mécanique et métallurgique, enregistrent des parts de 32% et 45%.

L’action publique dans le segment privé du marché du travail consiste à agir sur le coin socio fiscal, tout en prenant en considération le niveau de la productivité de la main d’oeuvre, le coût de la vie et la compétitivité de l’entreprise marocaine. Le ministère de l’Emploi et des Affaires Sociales ne dispose pas d’informations exhaustives sur le coût du travail tout secteur confondu (formel et informel). Pour combler le déficit en données exhaustives sur le coût du travail au Maroc, le ministère (OMT) a programmé la conduite en 2016 d’une enquête sur le coût et la durée du travail. La réalisation de cette enquête permettra de fournir des éléments de base pour l’évaluation de l’impact des coûts unitaires de production sur la compétitivité de l’économie marocaine (coin socio fiscal : relèvement du SMIG, fiscalité, couverture sociale, …). La mise à disposition de ces informations permettra également aux investisseurs de prendre les décisions adéquates quant à leurs projets d’investissement. Les données recueillies permettront de calculer un indicateur fiable et exhaustif sur le coût du travail, reflétant les vraies charges du travail supportées par le tissu économique marocain.

Employabilité et insertion professionnelle : impact réel des programmes actifs

S’inscrivant dans un cadre intégré, cohérent et susceptible d’impulser une nouvelle dynamique sur le marché de l’emploi, des programmes de l’emploi ont été conçus dans le cadre des politiques d’activation. Outre les programmes phares « Idmaj », « Taehil » et « Auto-emploi », l’année 2015 a connu la mise en place de nouvelles mesures, en l’occurrence, le programme « Tahfiz » visant à promouvoir l’emploi via un dispositif incitatif au profit des entreprises et associations nouvellement créées qui embauchent les chercheurs d’emploi dans le cadre des contrats de travail à durée indéterminée et l’amélioration du dispositif de formation insértion par la prise en charge par l’État de la couverture médicale de base au profit des chercheurs d’emploi bénéficiaires des contrats de formation insertion.

Globalement, l’impact des programmes actifs pour l’accompagnement à l’accès à l’emploi dans le secteur privé est réel. Leur bilan est positif et prend en compte non seulement les résultats directs (impact positif sur le processus d’insertion des bénéficiaires) mais également les résultats indirects en termes de renforcement des capacités des acteurs qu’ils soient bénéficiaires (jeunes ou entreprises) ou intervenants dans la chaine de gestion des programmes (personnel de l’ANAPEC, opérateurs de formation, etc.).

En effet, les réalisations du programme Idmaj, qui englobe le contrat de droit commun à durée déterminée ou indéterminée et le placement sur le contrat d’insertion proprement-dit (contrat exonéré), ont dépassé 70.000 bénéficiaires en 2015, enregistrant ainsi une croissance de plus de 11% par rapport à 2014. Ces réalisations en termes d’insertions ne font ressortir aucun écart significatif entre les hommes et les femmes. En revanche, selon le diplôme, plus d’un tiers des personnes bénéficiaires du programme Idmaj sont lauréats de la formation professionnelle, suivis des bacheliers et des diplômés de l’enseignement supérieur. Le secteur des services (y compris l’hôtellerie et l’éducation) se positionne au premier rang en termes de recours à ce programme suivi de l’industrie, de l’agriculture et pêches maritimes et du BTP. Au niveau territorial, plus de la moitié des insertions sont réalisées sur l’axe Casablanca – Tanger.

Pour le programme Taehil, les actions de formation ont bénéficié à plus de 17.000 chercheurs d’emploi en 2015 (en recul de 17% par rapport à 2014) pour les trois types de formations. Le programme Taehil présente des caractéristiques spécifiques pour chaque type de formation. Globalement, la Formation Contractualisée pour l’Emploi (FCE) a bénéficié davantage aux femmes et aux diplômés de l’enseignement supérieur et a concentré la majorité de ses actions de formation dans les secteurs de l’enseignement privé et des centres d’appel. Selon la région, à l’instar des autres programmes, les trois régions de Casablanca, Marrakech et Rabat sont les premières bénéficiaires des actions de formation contractualisée pour l’emploi.

Le programme ‘’Auto emploi’’ a connu en 2015 un appui significatif de l’INDH dans le financement des projets ainsi qu’une nette amélioration dans les créations d’entreprises et des emplois générés. Cependant, il accuse une chute dans le volume des autofinancements. Il a permis la création de plus de 1000 entreprises ayant généré plus de 1800 emplois directs.

Les programmes actifs de promotion de l’emploi en vigueur se focalisent essentiellement sur les diplômés chômeurs. D’autres catégories de la population, notamment les jeunes non diplômés, les jeunes NEETs et les actifs concernés par les problèmes du travail précaire et de l’emploi informel se doivent d’être ciblés par des programmes adaptés à leurs difficultés et aux besoins de l’économie.

Perspectives d’emploi : Le Maroc continuera à supporter le fardeau des pertes massives d’emplois

Les résultats de l’enquête de veille prospective (ANAPEC, Edition 2015) sur l’évolution de l’emploi à court terme (besoins en recrutement s’étalant sur une période de 3 ans répartie par trimestre) mettent en perspective le dynamisme des secteurs d’activité en expansion (automobile, aéronautique, TIC, tourisme…) en matière de créations de nouveaux postes d’emploi, l’émergence du secteur des activités administratives et de soutien, et la régression de l’emploi dans les secteurs à forte intensité en main d’oeuvre notamment la moins qualifiée (textile, agroalimentaire, construction…). Il est à noter que plus 61% de ces besoins exprimés se concentrent sur l’axe Casablanca-Tanger et 44% sont prévus dans les métiers mondiaux du Maroc (NTIC / Offshoring et Automobile / Aéronautique).

Néanmoins, ces prévisions sont à relativiser face à une conjoncture économique qui s’annonce particulièrement difficile pour l’année 2016, tant à l’échelle internationale que nationale, les principaux indicateurs du marché du travail marocain enregistreront une évolution relativement moins favorable. Le Maroc continuera à supporter le fardeau des pertes massives d’emploi essentiellement dans l’agriculture (d’autant plus que la saison agricole s’annonce mauvaise) et dans certaines activités industrielles (textile, agroalimentaire…).

Outre les mesures d’ordres macroéconomique et sectoriel, les pouvoirs publics continueront à déployer davantage d’efforts pour réduire l’incidence du fléau du chômage des primo-demandeurs d’emploi, en particulier celui des jeunes diplômés.

En matière d’accompagnement à l’insertion dans le marché du travail, de nouveaux programmes de promotion de l’emploi ont été lancés en 2015 notamment les programme Tahfiz, Idmaj amélioré et Taetir.

 

Le taux de couverture AMO des salariés : plus de 70% en 2015

 

La sécurité sociale au Maroc assure la couverture de plusieurs risques sociaux tels que stipulés par la convention n° 102 de 1952 concernant la sécurité sociale, en particulier les risques liés à la maladie, la vieillesse, les allocations familiales, les accidents du travail,  les maladies professionnelles, l’invalidité et le décès, etc. Les différents risques sont pris en charge pour les travailleurs salariés (secteur privé et secteur public).

La sécurité sociale couvre actuellement la majorité des risques, tout en évoluant vers une extension de son champ matériel.

Cette extension est marquée surtout par la mise en oeuvre de l’indémnité pour perte d’emploi en 2015 et l’élargissement du panier de soins AMO-CNSS aux soins dentaires.

En ce qui concerne l’extension du champ personnel de la sécurité sociale, la concrétisation de la couverture médicale des étudiants en 2015 constitue une étape importante dans ce domaine. D’autres chantiers initiés concernent notamment la réforme des régimes de retraite, de la mutualité et de la couverture sociale et médicale des travailleurs indépendants. Ainci que d’autres sont deja réalisés, notamment la promulguation de la loi n° 18-12 relative à la réparation des accidents du travail et maladies professionnelles.

 

En matière de couverture médicale, les 10 ans d’existence de l’AMO sont marqués par une évolution considérable en termes de couverture médicale des salariés et pensionnés des secteurs public et privé ainsi que de leurs ayants droit ( soit 25% de la population totale).

Le taux de couverture AMO des salariés, tout secteur confondu, se situe à plus de 70% en 2015, dont 84% couverts par les régimes CNOPS et CNSS et 16% dans le cadre de la population couverte par des assurances privées ou caisses internes (population article 114). Le taux de couverture global des travailleurs sera amélioré davantage avec la mise en place de la couverture médicale aux travailleurs indépendants dont les auto-entrepreneurs. Le montant global des cotisations dues à l’ensemble des assurés AMO de base s’élève à 9,6 milliards de dirhams en progression de 9 % par an en moyenne durant les cinq dernières années. En revanche, les dépenses des prestations servies (7 MM. DH) progressent à un rythme plus élevé ce qui alourdit davantage les charges des organismes de gestion.

 

 

Régimes de retraite : détérioration

 

Concernant le risque vieillesse, le rapport démographique de la CNSS qui assure le régime de base pour les salariés du secteur privé structuré continue de se détériorer atteignant près de neuf actifs pour un retraité en 2015. Les dépenses de prestations à long terme (invalidité, vieillesse, survivants) représentent 63% du total des prestations servies par ce régime.

 

 

Régime de réparation des accidents du travail

 

Le système de réparation des accidents du travail en vigueur assure des prestations aux victimes sous forme d’indemnisation temporaire ou permanente en fonction du taux d’incapacité, des prestations médicales, des indemnités aux survivants et des frais funéraires. En 2014, près de 172 mille polices d’assurance ont été conclues pour le régime de réparation des accidents du travail des salariés du secteur privé, des employés des établissements du secteur public et des agents non titulaires des collectivités locales pour un montant global de 2,2 milliards de dirhams. Le nombre d’accidents du travail déclarés survenus a atteint 42 mille pour un montant global de prestations et indemnités de 1,15 milliards de dirhams.

 

 

Régime d’indemnisation pour perte d’emploi

 

Les salariés ayant quitté involontairement leur travail (licenciement pour des raisons économiques) se trouvent dépourvus de moyens de subsistance en attendant de trouver une nouvelle occupation. Une indemnité pour perte d’emploi, limitée dans le temps (6 mois au maximum), est assurée dans le cadre du régime de sécurité sociale pendant la durée d’inactivité sous réserve de satisfaire un certain nombre de critères d’éligibilité. Depuis son démarrage en décembre 2014, plus de 21 mille demandes ont été déposées, dont près de la moitié ont été rejetées (69% des rejets, dont 56% pour non cumul du nombre de jours ouvrant droit à la prestation et 13% pour manque de pièces). Les hommes représentent plus de 79% des demandeurs d’IPE et l’âge moyen des bénéficiaires est de 39 ans. Les secteurs de la construction et de l’industrie manufacturière sont les secteurs les plus représentés avec respectivement 34% et 21%. Selon la région, force est de constater que 32% des dossiers liquidés sont issus de la région du Grand Casablanca suivie de la région de Tensift (20%).

Recul du nombre de grèves, taux de participation globale de près de 37% et nombre de journées de travail perdues en augmentation de plus de 21%

L’inspection du travail joue un rôle primordial pour la promotion du travail décent, la protection des droits des salariés et l’amélioration de leurs conditions de travail, ce qui contribue principalement à la concrétisation des principes de l’équité sociale et de l’État de Droit dans le domaine social. Ce rôle fondamental se manifeste à travers la mission de contrôle de l’application des dispositions législatives et réglementaires relatives au travail. Elle joue également un autre rôle, corollaire et pas moins important, consistant à améliorer les conditions du climat des affaires et la stabilité et le développement des relations professionnelles au sein des entreprises. Dans ce cadre, l’inspection de travail déploie des efforts colossaux en matière de résolution des conflits individuels et collectifs de travail et de promotion du droit conventionnel du travail.

Les agents de contrôle ont effectué près de 23,5 mille visites dans les établissements du secteur privé (soit un ratio de 100 visites par agent de contrôle), tout secteur confondu. Comme dans les années antérieures, plus des deux tiers des observations formulées sont d’ordre général, les autres ont porté essentiellement sur le salaire minimum, la sécurité au travail, la déclaration à la CNSS et les accidents de travail.

En matière de lutte contre le travail des enfants, les visites d’inspection du travail auprès de 443 établissements du secteur privé en 2015 ont recensé 78 enfants âgés de moins de 15 ans au travail, dont 81% ont été retirés du monde du travail. Quant aux enfants âgés de 15 à 18 ans au travail, près de 60% des 455 enfants recensés ont été retirés des travaux dangereux.

Le bilan des 17,7 mille visites d’inspection ciblant les femmes au travail en 2015 fait ressortir plus de 3,5 mille observations, ayant rapport principalement avec les salaires des femmes (46%) et la promotion au travail (39%).

En dépit d’un taux de satisfaction de plus de la moitié des réclamations enregistrées par les salariés en conflit individuel avec leurs employeurs, le nombre global de conflits individuels traités par les agents de contrôle a enregistré une hausse de près de 10% par rapport à l’année précédente. Ces conflits ont un rapport principalement avec le licenciement, les congés annuels, le SMIG et le paiement des salaires et en fin la CNSS, et ont touché essentiellement les secteurs des services, de l’industrie et du BTP.

En termes de conflictualité collective, l’action préventive de l’inspection du travail au titre de l’année 2015 a permis d’éviter le déclenchement de 1.310 grèves principalement dans les services et l’industrie, épargnant ainsi la perte de 121.077 journées de travail à raison d’une journée de travail ouvrable par salarié et par conflit.

Le nombre de grèves déclenchées a substantiellement reculé durant les deux dernières années. Le taux de participation globale des salariés à la grève se situe à près de 37%, et le nombre de journées de travail perdues est en augmentation de plus de 21% par rapport à l’année 2014. Le secteur du BTP a enregistré le plus grand nombre de grèves suivi du secteur des services fournis aux entreprises et l’agriculture. Les motifs des débrayages sont en rapport principalement avec le retard dans le versement des salaires voire le non-versement des salaires tout court, les licenciements, l’atteinte aux acquis sociaux, l’absence de protection sociale, etc.