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Industries : taux de défaut de 9,6%. BTP : taux de sinistralité de 6,3%.

Après une croissance de 6,1% en 2014, le rythme d’évolution annuelle de l’endettement financier des entreprises non financières, a ralenti à 2,8% totalisant 696 milliards de dirhams.

Ce ralentissement recouvre d’une part, un recul de 2% de la dette des entreprises privées et, d’autre part, un ralentissement de celle des entreprises publiques à 14,5%. Rapporté au PIB, le ratio de cette dette s’est établi à 71%.

La dette financière des entreprises privées s’est repliée pour représenter 48% du PIB à fin 2015, alors qu’elle se situait à 52% un an plus tôt. Cette baisse s’explique essentiellement par

un recul de 2,4% de leur dette bancaire, qui représente 89% de leur dette financière et dans une moindre proportion par, une baisse de 10,6% de leur dette de marché.

Pour sa part, la croissance de l’endettement financier des entreprises publiques continue d’être vigoureuse, bien qu’en ralentissement à 14,5% avec une dette totalisant près de 227 milliards de dirhams, soit 23% du PIB. Cette croissance découle majoritairement de la progression de sa composante extérieure de 17% et dans une moindre proportion de la dette

du marché et de la dette bancaire qui ont enregistré des hausses respectives de 11% et de 8%.

La dette bancaire, représentant 66% de la dette des entreprises non financières, a reculé de 1,6%, totalisant 453 milliards de dirhams, correspondant à 46% du PIB. La dette obligataire a

suivi, elle aussi, cette même tendance baissière en se repliant de 1,8%, soit près de 9% de la dette financière des entreprises non financières.

La dette extérieure des entreprises s’est, quant à elle, accrue de 18,7% en atteignant près de 176 milliards de dirhams, reflétant la progression des financements extérieurs des investissements de certaines entreprises publiques, ce qui suscite des questions sur la couverture de ces entreprises par rapport au risque de change.

Les entreprises continuent à s’endetter auprès des établissements de crédit, essentiellement, pour financer leurs besoins en équipement et en trésorerie, les dettes destinées à ces financements ayant représenté des parts respectives de 45% et 42% de leur dette bancaire. Les crédits finançant la promotion immobilière ont représenté, quant à eux, près de 13%.

Après des hausses significatives enregistrées au cours des quatre dernières années, les défauts des entreprises non financières voient leur rythme de progression ralentir à 10,6%, en 2015,

pour totaliser 44 milliards de dirhams. Après s’être établi à 8,6%, le ratio de ces défauts par rapport à la dette bancaire des entreprises a augmenté à 9,7%, accentué par la baisse du volume des crédits

Par secteur d’activité, les défauts des entreprises ont évolué à des rythmes différenciés. Les dettes en souffrance du secteur du BTP ont progressé de 5% en net ralentissement par rapport à 2014. Celles détenues sur les entreprises opérant dans le secteur industriel ont augmenté de 24%, en lien avec les difficultés de certaines branches. Les défauts des entreprises du secteur de l’Hôtellerie ont affiché, quant à eux, une baisse de près de 1%, après une forte hausse de 63% en 2014.

Les taux de dettes en souffrance les plus élevés sont observés au niveau du secteur de l’Hôtellerie avec 23%, suivi des secteurs du commerce et du transport et communication avec 14,2% et 11,4% respectivement. Pour sa part, le taux de défaut du secteur des industries s’est situé à 9,6%, tandis que le secteur du BTP a affiché un taux de sinistralité de 6,3%.

Encadré

Encadré N°2 : Etude de l’endettement d’un échantillon d’entreprises non financières

L’étude a porté sur un échantillon de 1 684 entreprises non financières9 totalisant un chiffre

d’affaires de 232 milliards de dirhams et une dette financière de 198 milliards de dirhams.

Cet échantillon se répartit comme suit :

Le taux d’endettement de long terme13 des entreprises de l’échantillon s’est globalement

accru pour atteindre 39%, contre 36% une année auparavant. Cette évolution provient

majoritairement de la hausse de la dette des entreprises opérant dans le secteur des industries

extractives et dans une moindre proportion, de celle des entreprises relevant des secteurs

de la promotion immobilière et du BTP, qui de surcroît affichent des taux d’endettement

supérieurs à la moyenne de l’échantillon avec respectivement 42%, 55% et 58%

Par taille, le taux d’endettement des grandes entreprises et des TPE a augmenté à 41% et

38% respectivement, tandis que celui des PME a reculé à 13%.

La part de la dette bancaire, qui constitue la principale source de financement des entreprises

de l’échantillon, a reculé à 72%, au profit des obligations dont la part a augmenté à 28%.

Les entreprises de l’échantillon ont également recouru au financement de court terme, pour

financer leurs besoins en trésorerie, qui a enregistré une hausse de 2% et représenté 18% de

leur chiffre d’affaires. Les disparités sectorielles sont particulièrement marquées et sont pour

certaines inhérentes à la nature d’activité. A l’instar des années précédentes, les entreprises

relevant du secteur de la promotion immobilière ont disposé de la dette de trésorerie la

plus élevée, représentant 78% de leur chiffre d’affaires, contre 57% un an auparavant. La

hausse de ce ratio s’explique par un effritement de 35% enregistré au niveau de leur chiffre

d’affaires. Quatre autres secteurs ont affiché un niveau de dette de trésorerie supérieur à la

moyenne de l’échantillon : il s’agit de l’hôtellerie et restaurants (30%), l’agriculture (27%),

les transports et télécommunication (26%) et la production et distribution d’électricité, de

gaz et d’eau (24%).

Par taille, le financement de court terme est plus élevé au niveau des grandes entreprises

représentant 19% de leur chiffre d’affaires, tandis qu’il représente 11% au niveau des PME

et 4% au niveau des TPE.

En sus de l’endettement financier, les entreprises de l’échantillon ont également recouru à

la dette commerciale qui s’est allongée en 2014, pour atteindre 191 jours d’achats, contre

187 jours une année auparavant. Cette dette se situe à des seuils très importants au niveau

des entreprises relevant des secteurs du transport et des télécommunications, promotion

immobilière et BTP avec respectivement 467, 368 et 279 jours.

Par taille, la dette fournisseurs se situe à des niveaux élevés tant au niveau des TPE

représentant 236 jours de leurs achats contre 234 en 2014, qu’au niveau des GE avec 194

jours et des PME avec 166 jours.

Les entreprises de l’échantillon ont en revanche observé des délais de paiement plus courts

de la part de leur clientèle qui se sont situés à 85 jours de chiffre d’affaires, contre 88 jours

une année auparavant. Comme pour les années précédentes, le secteur de la promotion

immobilière a continué d’afficher des délais extrêmement élevés culminant à 557 jours,

soit le niveau le plus élevé des secteurs représentés au niveau de l’échantillon. Dans le

même sens, les entreprises relevant des secteurs BTP et industries manufacturières ont

continué à observer des délais élevés de la part de leur clientèle situés à 117 jours et 91

jours respectivement.

Les entreprises opérant dans le secteur de la production et distribution d’électricité, de gaz

et d’eau sont celles qui ont enregistré les délais de paiement les plus courts par leur clientèle

soit 36 jours de chiffre d’affaires.

Au regard de la taille, si les grandes entreprises ont observé un raccourcissement des délais

de paiement par leur clientèle à 77 jours de chiffre d’affaires, les TPE ont vu ces délais se

rallonger de 11 jours pour grimper à 232 jours tandis que ceux de la clientèle des PME se

sont stabilisés autour de 152 jours.

Ces constats sur l’évolution de la dette commerciale et des créances clients confirment les

préoccupations au sujet de la problématique des délais de paiement en particulier pour les

TPME et la nécessité de réformer la loi y afférente et assurer sa mise en application.