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Le potentiel en exportation de fruits et légumes vers la Russie demeure important, a affirmé, jeudi à Agadir, le ministre de l’Agriculture et de la Pêche maritime, M. Aziz Akhannouch, mettant l’accent sur la qualité du produit Maroc, les volumes disponibles ainsi que la logistique mise en place.

« Ce potentiel doit permettre au Maroc d’améliorer sa position sur le marché russe », a estimé M.Akhannouch qui intervenait à l’ouverture des travaux du Forum d’affaires Maroc-Russie, notant qu’en plus d’assoir la position du leader sur le marché des agrumes, le Royaume double d’efforts afin de diversifier son offre agricole vers ce marché.

La Russie représente près de 15% de la valeur totale des exportations agro-alimentaires du Maroc pour atteindre 1,6 milliards de dirhams en 2015, a fait savoir le ministre, précisant que les exportations agricoles ont augmenté de 35% entre les deux campagnes d’exportations 2014/2015 et 2015/2016.

Dans le domaine de la pêche maritime, la Russie est le 13 ème client des exportations marocaines des produits de la mer avec un chiffre d’affaires de près de 300 millions de dirhams en 2015, a relevé le ministre, faisant remarquer que les exportations marocaines vers le marché russe sont faiblement variées, malgré la diversification de l’offre exportable des produits de la pêche.

« Des produits pour lesquels le Maroc occupe une position de leader mondial, tels les conserves de sardine et le poulpe congelé, sont faiblement exportés sur le marché russe », a indiqué M. Akhanouch, souhaitant que le Forum d’Affaires Maroc-Russie soit une occasion pour les opérateurs marocains pour faire connaître ces produits et promouvoir leur savoir-faire auprès des importateurs russes.

Et de rappeler que le Maroc et la Russie disposent aujourd’hui de l’assise institutionnelle pour promouvoir leurs échanges commerciaux grâce aux accords signés portant sur la coopération dans les domaines sanitaire et phytosanitaires douaniers et également par la conclusion de l’accord de pêche.

« Ces accords vont permettre de faciliter les procédures de contrôle entre les deux pays et accélérer ainsi l’accès des produits sur les différents marchés », a soutenu le ministre, se félicitant du dynamisme constaté dans la mise en œuvre de ces accords.

À noter que l’accord de pêche conclu en mars lors de la visite à Moscou de SM le Roi Mohammed V, prévoit une coopération dans les domaines de la pêche, de la recherche scientifique et de la formation maritime.

Opportunités dans le  BTP, l’énergie et les mines, la pêche, l’agroalimentaire et le tourisme

Les relations économiques entre le Maroc et la Russie affichent des indicateurs au vert et un volume d’échanges qui devrait atteindre cette année 3 milliards de dollars, a indiqué, jeudi à Agadir, la présidente de la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM), Mme Miriem Bensaleh Chaqroun.

Intervenant à l’ouverture des travaux du Forum d’affaires Maroc-Russie, Mme Bensaleh Chaqroun a précisé que «les exportations marocaines ont été multipliées par 12 en 15 ans sur le seul axe agricole» et qu’une progression palpable vers l’échange de produits à plus forte valeur ajoutée est constatée.

«Si nous avons réussi de telles progressions, nous pouvons aisément imaginer l’évolution des échanges dans divers secteurs comme l’industrie, les BTP, l’énergie et les mines, la pêche, l’agroalimentaire et le tourisme», a affirmé Mme Bensaleh Chaqroun, soutenant que «c’est dans l’investissement et le co-investissement industriel que nous allons consacrer ce nouveau modèle de partenariat stratégique entre le Maroc et la Russie».

Le Maroc offre une compétitivité industrielle et logistique et une ouverture économique sur un marché d’un milliard de consommateurs avec ses 55 accords de libre-échange, a fait remarquer la présidente de la CGEM soulignant que le Royaume a l’ambition d’être une plateforme industrielle, un hub au carrefour de 3 continents.

Quant à la Russie, sa singularité c’est aussi celle d’une nation de tradition industrielle qui a su ériger son économie en précurseur dans plusieurs domaines, notamment la métallurgie, l’aéronautique, le domaine spatial, l’énergie et les mines, a-t-elle dit.

L’objectif donc est de transformer les flux commerciaux en dynamique industrielle et d’investissement, où les grandes entreprises ainsi que les PME trouveraient matière à un développement partagé, a conclu Mme Bensaleh-Chaqroun.

Le ministre de l’Economie et des Finances, M. Mohamed Boussaid, a indiqué, de son côté, que bien que le Maroc soit le premier partenaire économique de la Russie en Afrique, le volume des échanges entre les deux pays demeure en deçà des aspirations.

Le Maroc occupe une position géostratégique particulière et peut, de ce fait, offrir une terre d’accueil à la production russe, a fait savoir le ministre, ajoutant que le Maroc à le cadre macro-économique le plus stable de la région.

Le secrétaire d’Etat et vice-ministre russe de l’Industrie et du Commerce, M. Viktor Evtoukhov, a souligné, quant à lui, que le Maroc et la Russie ont cumulé en 6 mois un capital politique substantiel qu’il faut exploiter pour développer les relations économiques.

Les deux pays ambitionnent de porter le volume annuel de leurs échanges commerciaux à 10 milliards de dollars, a indiqué M. Evtoukhov, faisant savoir que le développement de l’activité touristique entre le Maroc et la Russie augure du développement du commerce, notamment pour les PME.

Et d’ajouter que plusieurs projets vont être examinés lors de ce Forum et que le comportement des investisseurs russes vis-à-vis des opportunités qu’offre le Maroc change qualitativement.

À noter que le Maroc et la Russie avaient signé plusieurs accords et mémorandums d’entente touchant différents domaines lors de la visite de SM le Roi Mohammed VI à Moscou en mars dernier.

Le programme de ce 3ème Forum d’Affaires Maroc-Russie placé sous le signe «Des opportunités économiques pour un partenariat stratégique», prévoit deux séances plénières et cinq ateliers sectoriels portant sur les opportunités économiques et l’état des lieux des relations économiques et les perspectives de développement des investissements.