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Reconnaissant l’urgence de prendre des mesures immédiates pour protéger le climat mondial, la 21e Conférence des Parties, qui s’est tenue en décembre 2015 à Paris, a accompli une avancée incontournable en adoptant l’objectif de limiter le réchauffement de la planète à un niveau bien inférieur à 2 ° C et de poursuivre Efforts pour limiter le réchauffement à 1,5 ° C.

Dans le cadre de l’Accord de Paris, l’action contre le changement climatique s’inscrit dans le contexte du droit international. Cela suppose que les pays apportent leur contribution unique à la prévention des changements climatiques dangereux. La prochaine étape cruciale pour suivre cet accord est la mise en œuvre rapide par les parties signataires de mesures concrètes pour apporter leurs contributions individuelles à l’objectif global.

Au cours des 12 dernières années, l’indice de performance des changements climatiques (CCPI) a suivi les efforts déployés par les pays pour lutter contre le changement climatique. La diversité des positions initiales, des intérêts et des stratégies des nombreux pays rend difficile de distinguer leurs forces et leurs faiblesses et l’IPCC a été un outil important pour contribuer à une meilleure compréhension de la politique climatique nationale et internationale.

Afin de démontrer plus précisément les mesures existantes et d’encourager des mesures en faveur d’une politique climatique efficace, la méthodologie de l’ICCP a été évaluée en 2012 et continue d’être améliorée. L’intégration des données sur les émissions provenant de la déforestation et de la dégradation des forêts a été l’une des principales étapes de ce processus rendu possible grâce aux données fournies par l’Evaluation mondiale des ressources forestières de la FAO 2015. La déforestation et la dégradation des forêts constituent une autre source importante de CO2 anthropique, Émissions. En incluant ces émissions dans les données, nous sommes en mesure de présenter une vision plus complète des impacts anthropiques sur le climat mondial.

La publication «

 Indice de performance climatique « est publiée par Germanwatch et Climate Action Network Europe. Cependant, avec l’aide d’environ 280 experts en énergie et climat du monde entier, ses auteurs s’estiment être en mesure d’inclure un examen des politiques nationales et internationales de chaque pays. L’analyse rend compte des efforts déployés pour éviter les changements climatiques et évalue également les efforts actuels des différents pays en ce qui concerne la mise en œuvre de l’Accord de Paris à compter de cette année. « Nous apprécions grandement ces experts pour leur temps, leurs efforts et leurs connaissances en contribuant à cette publication. Les experts sont principalement des représentants d’ONG qui travaillent dans leurs pays respectifs, luttant pour la mise en œuvre de la politique climatique que nous avons tous si désespérément besoin », affirment-ils.

La signature d’un nouveau traité sur le climat en 2015 à Paris représente un succès historique. Maintenant, le succès effec­tif de l’accord de Paris dépend de la mise en oeuvre et de la bonne réalisation des objectifs d’atténuation dans chaque pays. Comme dans les années précédentes, les places 1 à 3 de l’IPC restent vides, parce que, depuis l’entrée en vigueur de l’accord de Paris, aucun pays n’a pris de mesures suffi­santes pour éviter les impacts dangereux du changement climatique jusqu’à présent..

Pays exemple : le Maroc

Le Maroc continue dans son développement positif des der­nières années, atteint le 8ème rang dans l’IPC 2017 et assure son classement parmi les 10 meilleurs. Le pays hôte de la conférence sur le climat de cette année profite d’un bas niveau d’émissions et d’une évaluation positive de sa poli­tique climatique. Des experts estiment les projets de déve­loppement d’énergies renouvelables de grande ampleur, mais avertissent aussi que le Maroc examine en parallèle les possibilités d’exploiter du schiste bitumineux et de produire de l’énergie nucléaire. Si le Maroc utilise son énorme poten­tiel dans la production d’énergie solaire et hydraulique, les émissions en CO2 du Maroc, qui montent actuellement, vont probablement se stabiliser dans les prochaines années. L’IPC 2017 consacre le pays hôte de la COP22 comme étant «pays exemple» .

Tous les ans, afin de démontrer la méthodologie de l’IPC, nous décrivons plus en détail le score d’un des 58 pays avec des évolutions intéressantes et qui méritent d’être regardé de plus près. Cette année nous décrivons secteur par secteur la performance du Maroc, pays hôte de la conférence du climat de cette année.

Depuis quelques années, le Maroc est l’un des pays gagnants dans l’IPC et est, actuellement, le seul pays hors UE avec une « bonne » performance. Dans l’édition de l’indice de cette année, le pays est monté de deux rangs pour atteindre la 8ème place. Le pays a présenté une NDC (contribution na­tionale) ambitieuse qui comprend une composante sans condition de 13% de réduction d’émissions de gaz à effet de serre par rapport au scénario « statu quo » de 2010 d’ici à 2030 et une deuxième composante, qui vise 32% moins d’émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2030 à condition que le Maroc reçoive 35.000 milliards de dollars de soutien financier et technique, ainsi qu’un soutien au renforcement des capacités d’ici à 2030 à travers des mécanismes de finan­cement climatique.

Partant d’un niveau des émissions très bas (5ème rang dans l’indice), ce pays fait partie des pays les moins performants au niveau du développement de leurs émissions (52ème rang). Bien que le royaume ne soit responsable que de moins de 0,2% des émissions de gaz à effet de serre mondiales, et avec des émissions annuelles de trois tonnes par habitant qui sont quatre fois moins élevées que celles d’un pays in­dustrialisé moyen, les émissions du Maroc ont augmenté de plus de 4% par an entre 1994 et 20124. Les émissions de CO2 causées par la production d’énergie ont augmenté de 16% entre 2009 et 20145. Ceci s’explique entre autres par le fait que des combustibles fossiles importés, qui ont gé­néré plus de 85% de l’électricité (charbon 57%, gaz 20% et pétrole 9%) en 2012, prédominent encore dans le système énergétique du Maroc6. En même temps, le pays est parfai­tement adapté à la production d’énergie éolienne, solaire ou hydraulique. Par conséquent, le pays a sorti des plans ambi­tieux pour exploiter ces ressources renouvelables. En partant de 34% d’énergies renouvelables en 2015, le pays veut augmenter ses capacités totales pour arriver à 42% en 2020 et à 52% en 2030 de renouvelables dans le secteur d’énergie. Alors que l’énergie hydraulique a été la source énergétique dominante en 2015, le royaume vise à atteindre l’objectif de 52% d’énergies renouvelables dans la produc­tion d’électricité essentiellement par l’augmentation de la part d’énergie solaire et éolienne à 20% tous les deux. La classification du Maroc au sein de la catégorie « renou­velables » de l’IPC 2017 se base sur des développements jusqu’à 2014 et reste moins bonne que celle d’autres pays. Mais les experts du pays apprécient les objectifs ambitieux du pays et son cadre politique solide pour les réaliser. Cela place le Maroc en position de leader dans la catégorie « poli­tique nationale » et parmi les 10 premiers dans la rubrique « politiques internationales ».

L’efficacité énergétique au Maroc baisse. C’est pourquoi le pays compte parmi les moins performants dans la catégorie « efficacité énergétique ». Mais sa stratégie nationale énergé­tique vise à accroître son efficacité énergétique et à arriver par conséquent à des économies d’énergie de 12% d’ici à 2020 et de 15% d’ici à 2030, ainsi qu’à une réduction de gaz à effet de serre dans le secteur du transport de 35%.

Après l’Accord de Paris et face à la réalisation de ses objec­tifs, le Maroc se trouve comme beaucoup d’autres pays à la croisée des chemins. Alors que ses plans de mise en place des énergies renouvelables sont impressionnants, ce pays tourne en parallèle son attention vers le charbon « propre » et l’énergie nucléaire, et il étudie progressivement l’extrac­tion de gisements de combustibles fossiles non convention­nels à terre et en mer.

Au cours des dernières années, le Maroc a beaucoup avancé dans l’électrification et a fournie de l’électricité à 90% de ses habitants, ce qui remplace en grande partie l’utilisation de biomasse non durable. Si le Maroc suit son agenda pour pro­duire de l’énergie propre et met en oeuvre ses contributions nationales (NDC), ces signaux positifs se refléteront dans l’évaluation des prochaines éditions de l’IPC et garantiront une bonne position globale du royaume.