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Au cours de l’année passée, les inégalités en termes de paix se sont creusées à travers le monde, les pays les moins pacifiques s’enfonçant vers toujours plus de violence

Le Maroc perd cinq places au classement mondial au niveau de l’Indice Global de Paix, Global Peace Index, mais en gagne une dans sa région de classement, le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord.

qui classe 163 pays et territoires indépendants en fonction de leur niveau de tranquillité et dont la dixième édition a été publiée aujourd’hui (Edition 2016).

Produit par l’lnstitut pour les économies et la paix (IEP), le GPI est le premier indice de mesure du monde de la paix dans le monde. Le rapport du dixième anniversaire présente l’analyse la plus complète à ce jour sur les tendances de la paix et de la violence au cours des dix dernières années.

En 2006, le Maroc se classe à la 91ème place sur 163 pays, et à la 6ème place au niveau régional, alors qu’il étai à la 86ème place mondiale en 2014, et au 7ème rang au niveau régional l’année passée.

Il est devancé par la Tunisie qui occupe la 64ème place mondiale et le 4ème rang au Moyen-Orient et en Afrique du Nord.

L’Algérie qui occupe le 108ème rang mondial a vu sa position se dégrader de quatre places etre 2014 et 2015.

Le GPI 2016 note que la région Moyen-Orient et Afrique du Nord, qui a déjà été classé le plus bas dans le GPI, a vu la plus grande détérioration de son score en 2015, en raison des guerres civiles en Syrie et au Yémen qui ont approfondi et conduit à une augmentation de l’intervention extérieure.

Le Yémen, dont la longue crise politique a éclaté dans la guerre civile pure et simple au début de 2015, est le théâtre d’une profonde crise, aggravée parle taux des pertes, une augmentation énorme des réfugiés et des personnes déplacées à l’intérieur, et l’aggravation des attaques terroristes à la fois par al-Qaïda et ISIL (Etat islamique) dans la Péninsule arabique.

Les déboires du Yémen ont également affecté le classement de certains des voisins du pays; par exemple, l’intervention militaire de l’EAU dans la guerre dans ce pays, qui comprenait l’envoi de troupes au sol dans le sud du Yémen, a affecté les scores de ce pays pour les conflits et la militarisation nationale et internationale en cours.

Le rôle croissant des puissances étrangères dans la guerre civile destructrice de la Syrie, qui a maintenant conduit à la mort de 250.000 à 470.000 personnes, a eu un impact, avec, notamment, la Jordanie lançant des vagues de frappes aériennes en Janvier ici à 2015, après un de ses pilotes a été capturé et exécuté par l’État islamique.

De même, malgré sa taille, le Bahreïn a pleinement participé aux deux campagnes dans le Yémen et la Syrie, qui a, à son tour, entraîné une légère hausse de ses dépenses militaires et la détérioration significative de son score.

Outre les intervention à l’étranger, les gouvernements doivent maintenant faire face à la menace intérieure croissante posée par ISIL comme en témoignent les scores pauvres sur le terrorisme pour l’Arabie Saoudite, la Libye, la Tunisie et l’Egypte. Les deux derniers ont connu un plongeon dans les arrivées étrangères suite à des attaques terroristes contre des cibles touristiques. Néanmoins, la tendance régionale n’est pas universellement négative: le Soudan, l’Iran et Oman, ont accompli des améliorations dans leurs scores. En outre, des améliorations sur « l’échelle de la terreur politique » et des contributions financières à des missions de maintien de la paix des Nations Unies ont aidé l’Iran à renforcer son score.

 Enfin, en dépit de l’absence de progrès des efforts de paix avec les Palestiniens, une légère réduction de l’instabilité politique et des dépenses militaires en pourcentage du PIB a contribué à engranger une petite amélioration dans le score global d’Israël.

Le GPI 2016 constate :

– Au cours de l’année précédente, le climat de paix dans le monde s’est détérioré, renforçant une tendance sous-jacente de dégradation des conditions de paix dans le monde longue d’une décennie, engendrée principalement par une montée du terrorisme et de plus grandes instabilités politiques.

– L’impact financier de cette flambée de violence sur l’économie mondiale s’élevait à 13,6 trillions de dollars, soit 13,3% du produit intérieur brut mondial, l’équivalent de 11 fois le total mondial d’investissements directs à l’étranger.

– L’impact économique de la violence s’élevait à 137 trillions de dollars sur l’ensemble de la dernière décennie – dépassant le PIB mondial de 2015.

– Le nombre de réfugiés et de déplacés a augmenté de manière alarmante au cours des dix dernières années, doublant pour atteindre environ 60 millions de personnes entre 2007 et 2016, soit environ 1% de la population mondiale.

– L’Islande est le pays le plus pacifique au monde, suivi par le Danemark et l’Autriche.

– La Syrie est le pays le moins pacifique au monde, suivie par le Soudan du Sud, l’Irak, l’Afghanistan et la Somalie.

– Le Panama, la Thaïlande et le Sri Lanka sont les pays qui ont connu l’amélioration la plus notoire de leur climat de paix ; le Yémen, l’Ukraine et la Turquie ont eux souffert des plus fortes dégradations.

– Au Brésil, l’augmentation de 15% de l’instabilité politique associée aux détériorations des conditions d’incarcération et de la perception de la police constituent une tendance inquiétante à quelques mois du coup d’envoi des Jeux Olympiques de Rio 2016 qui se tiendront à Rio de Janeiro.

 La dixième édition de le Global Peace Index publiée aujourd’hui met en lumière une inégalité manifeste et grandissante des niveaux de paix alors que l’écart entre les pays les plus en paix et les moins en paix continue de se creuser. L’étude, menée par le groupe de réflexion mondiale, Institute for Economics and Peace, montre que, tandis que 81 pays ont connu une amélioration, la détérioration dans 79 autres vient contrebalancer cette embellie, suggérant que le climat de paix s’est dégradé plus rapidement que l’année précédente. Malgré cela, certains des pays les plus stables enregistrent des niveaux de paix historiquement hauts.

La région Moyen Orient Afrique du Nord (MENA), région la moins pacifique dans le rapport de l’an dernier, a vu son niveau de paix se détériorer davantage en raison de l’intensification des conflits régionaux, entraînant vers le bas le climat de paix mondial. La concentration de violence et de conflits dans la région MENA est si intense que, examinés séparément, les niveaux moyens de paix dans le reste du monde se sont améliorés. Trois des cinq détériorations les plus importantes ont été enregistrées dans la région, notamment au Yémen, en Libye et à Bahreïn.

Steve Killelea, Fondateur et Président Exécutif de l’IEP faisait remarquer que, « Tandis que les conflits internes dans la région MENA deviennent plus retranchés, les tierces parties s’impliquent davantage et la probabilité de conflits indirects ou de « guerres par procuration » entre États nations augmente. C’était déjà évident en Syrie avec le conflit opposant le régime de Bachar el Assad à de multiples acteurs non-étatiques, et ce phénomène se répand désormais dans des pays comme le Yémen. Il existe un conflit par procuration plus vaste entre l’Arabie Saoudite et l’Iran, et plus récemment les États Unis et la Russie ont tous deux élevé leur niveau d’implication. « 

La détérioration de la paix mondiale en 2015 a été provoquée par une montée du terrorisme et un niveau d’instabilité politique accru. Alors que la majorité des actions terroristes reste concentrée dans cinq pays – la Syrie, l’Irak, le Nigeria, l’Afghanistan et le Pakistan – l’étendue du terrorisme se répand, avec seulement 23% des pays inclus dans l’Indice n’ayant pas connu d’incident terroriste. L’Europe, qui une fois encore a été la région du monde la plus paisible, a vu son résultat moyen se détériorer dans le rapport de cette année en conséquence des incidents terroristes de Paris et Bruxelles. Le nombre de morts imputables au terrorisme en Europe a plus que doublé durant les cinq dernières années.

Le nombre de réfugiés et de déplacés a augmenté de manière alarmante au cours des dix dernières années, doublant pour atteindre environ 60 millions de personnes entre 2007 et 2016, soit environ 1% de la population mondiale. Il y a maintenant neuf pays où plus de 10% de la population a été déplacée d’une manière ou d’une autre ; 20% pour la Somalie et le Soudan du Sud respectivement, et plus de 60% pour la Syrie.

Même si l’impact de la violence sur l’économie mondiale a diminué de 2% par rapport au rapport de l’an dernier, cela représente malgré tout la somme colossale de 13,6 trillions de dollars, l’équivalent de 11 fois le total mondial d’investissements directs à l’étranger. Cela représente 13,3% du PIB mondial, ou 1876 dollars par personne. Sur les dix dernières années, l’impact économique de la violence s’élevait à 137 trillions de dollars ; dépassant le PIB mondial de 2015.

Steve Killelea fit remarquer, “L’internationalisation grandissante des conflits internes coïncide avec les records atteints en 2016 par les sommes versées par l’ONU pour les opérations de maintien de la paix : c’est l’indicateur qui s’est le plus amélioré dans le rapport de cette année avec plus de troupes de maintien de la paix déployées et un nombre croissant de pays à jour de leurs dus en matière de maintien de la paix vis-à-vis de l’ONU. Cependant, les dépenses pour le maintien et la construction de la paix restent proportionnellement moindres comparées à l’impact économique de la violence, atteignant juste 2% des pertes globales occasionnées par les conflits armés.

“S’attaquer à ce problème de disparité de paix dans le monde et parvenir à faire reculer de 10% l’impact économique de la violence générerait une économie de 1,36 trillion de dollars. Cela représente approximativement l’équivalent de la somme de toutes les exportations de nourriture dans le monde. ”

Le rapport fournit également un audit des données disponibles pour mesurer le niveau d’accomplissement de l’Objectif 16 des Objectifs de Développement Durable – les États membres de l’ONU reconnaissent formellement la nature critique du niveau de paix pour faire progresser le développement mondial. Il démontre que, tandis qu’il existe certaines données qui permettent de suivre les progrès et donc de demander des comptes aux États membres en ce qui concerne leurs résultats, de sérieux investissements seront nécessaires pour mesurer les objectifs.

Le rapport conclut avec de nouvelles recherches sur la résilience et ce que l’IEP identifie comme la « Paix Positive » ; les attitudes, institutions et structures qui permettent une paix durable. Il montre que, durant la dernière décennie, 13 fois plus de vies ont été déplorées lors de catastrophes naturelles dans les pays à faible indice de Paix Positive que dans des pays ou cet indice est plus élevé.

Classements régionaux : les faits marquants

 

L’Europe se maintient comme région la plus pacifique du monde. La plus forte amélioration depuis l’an dernier a eu lieu en Amérique Centrale et dans les Caraïbes, tandis que les niveaux de paix des pays d’Amérique du Sud se sont également améliorés. La région MENA a connu le plus fort déclin, suivi par l’Afrique subsaharienne, l’Europe et l’Asie du Pacifique respectivement.

  1. L’Europe compte parmi elle six des sept premières places avec l’Islande, le Danemark et l’Autriche qui restent les pays les mieux classés. Le Portugal s’est appuyé sur les bons résultats de l’an passé pour monter de neuf places et accéder au cinquième rang mondial. Cependant, le score moyen de l’Europe s’est détérioré, reflétant l’impact grandissant du terrorisme ainsi que l’escalade de la violence et de l’instabilité en Turquie et la dégradation de ses relations avec ses voisins.

  1. Les résultats de l’Amérique du Nordrestent sur la même ligne que pour l’IMP 2015. Le Canada affiche une légère détérioration, due à une augmentation des importations et exportations d’armes, contrebalancée par une amélioration d’ampleur semblable aux États-Unis.

  1. Le niveau de paix de la zone Asie-Pacifique reste globalement inchangé depuis 2015, cependant un certain nombre de pays dont l’Indonésie, le Timor oriental, le Myanmar et la Thaïlande affichent de meilleurs résultats. Le ravivement de tensions en mer de Chine méridionale a eu un impact sur les relations extérieures entre les trois nations concernées à savoir la Chine, le Vietnam et les Philippines.

  1. Malgré les problèmes de sécurité permanents en Amérique Centrale et dans les Caraïbes, le climat de paix s’est suffisamment amélioré pour faire passer cette région devant l’Amérique du Sud et au quatrième rang mondial. Des améliorations ont été notamment enregistrées en ce qui concerne les niveaux de stabilité politique et de répression politique. Le Costa Rica, caractérisé par de faibles niveaux de militarisation, fait figure de bon élève.

  1. L’Amérique du Sud a reculé dans le classement en raison des améliorations substantielles en Amérique Centrale et dans les Caraïbes mais a tout de même enregistré une amélioration de sa note globale depuis 2015. Ceci est dû à de plus faibles niveaux de conflits internationaux et de militarisation étayés par des relations pacifiques entre pays voisins. Cependant, le Venezuela et le Brésil ont été en proie à d’importants troubles sociaux. L’instabilité politique gagne de plus en plus de terrain au Brésil à quelques mois seulement de l’ouverture des Jeux Olympiques de 2016 à Rio de Janeiro.

  1. La détérioration globale en Afrique Sub-Saharienne masque des variations conséquentes dans les performances de certains pays : le Tchad, la Mauritanie et le Niger sont tous parvenus à améliorer leurs relations avec leurs pays voisins, tandis que la menace posée par les groupes terroristes islamistes continue de peser sur de nombreux pays du Sahel et de l’Afrique Occidentale.

  1. La Russie et l’Eurasie restent la troisième région la moins pacifique. La Biélorussie, le Kazakhstan et l’Ouzbékistan sont les pays qui ont fait le plus de progrès ; les plus

importantes détériorations ont été enregistrées en Ukraine, en raison de la persistance du conflit contre les forces séparatistes pro-russes dans la région du Donbass.

  1. L’Asie du Sud demeure la deuxième région la moins pacifique. Les conditions se sont détériorées en Afghanistan, au Népal au Bangladesh et en Inde ; tandis que le Bhoutan, le Sri Lanka et le Pakistan ont connu de modeste améliorations. Les inquiétudes en matière de sécurité intérieure se sont exacerbées au Bangladesh et au Népal en raison de manifestations contre le gouvernement. L’Afghanistan a connu une recrudescence de la violence l’an passé, avec un certain nombre d’affrontements entre le gouvernement et les forces talibanes, et la possible ré-émergence d’Al-Qaeda suite au retrait des forces de la coalition en 2014.

  1. La région du MENA, déjà dernière au classement de l’IMP en 2015, a connu la pire détérioration de son niveau de paix cette année, en raison de l’enlisement des guerres civiles en Syrie et au Yémen qui a conduit à un plus haut niveau d’intervention extérieure. Le Yémen, qui a vu la crise politique qui le caractérisait depuis des années exploser en véritable guerre civile en 2015, a connu une chute vertigineuse, déclenchée par un taux de mortalité en hausse, une forte augmentation du nombre de réfugiés et de déplacés, ainsi que par un plus grand nombre d’attaques terroristes menées à la fois par al-Qaeda et par l’État islamique en Irak et au Levant.