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Entre le troisième trimestre de l’année 2015 et la même période de 2016, l’économie marocaine a perdu 125.000 emplois, 66.000 dans le secteur de l’ »agriculture, forêt et pêche », 44.000 dans l’ »industrie y compris l’artisanat » et 15.000 dans les « services ». Le secteur des BTP a, en revanche, créé 52.000 emplois.

Au total, 70.000 emplois ont été perdus en milieu rural et 3.000 en milieu urbain, correspondant à une perte nette d’emplois de 73.000 au niveau national. Le taux d’emploi a ainsi reculé de 0,9 point, passant de 43,1% à 42,2% au niveau national.

Dans ces conditions, et avec un recul du volume du chômage (-5,3%) plus important que celui de l’emploi (-0,7%), le taux de chômage a baissé de 10,1% à 9,6% au niveau national et de 15,1% à 14,3% en milieu urbain, restant stable  à 4,3% en milieu rural. En volume, il a baissé de 64.000 personnes, 59.000 en milieu urbain et 5.000 en milieu rural, portant l’effectif  global du chômage à 1.142.000 personnes au niveau national.

De son côté, le taux de sous-emploi est passé de 11,3% à 11,5% au niveau national, de 10,2% à 10,5% en milieu urbain et de 12,3% à 12,5% en milieu rural.

 

Légère baisse des taux d’activité et d’emploi

 

Avec 11.855.000 personnes, la population active âgée de 15 ans et plus a diminué, entre les troisièmes trimestres de 2015 et 2016, de 1,1% au niveau national (-1% en milieu urbain et -1,3% en milieu rural). La population en âge d’activité s’est accrue, quant à elle,  de 1,5%. Ainsi, le taux d’activité est passé, entre les deux périodes, de 47,9% à 46,7%, enregistrant une diminution de 1,2 point.

En matière d’emploi, 30.000 postes d’emploi rémunérés ont été créés au cours de la période, exclusivement en milieu rural. L’emploi non rémunéré, composé d’environ 98% d’aides familiales, a en revanche enregistré une baisse de 103.000 postes, 100.000 en zones rurales et 3.000 en zones urbaines.

Au total, avec la perte de 3.000 emplois en milieu urbain et 70.000 en milieu rural, l’économie marocaine a connu la perte nette de 73.000 postes d’emploi. Le volume global de l’emploi est ainsi passé, entre les deux périodes, de 10.786.000 à 10.713.000 personnes. Le taux d’emploi a, quant à lui, reculé de 0,9 point au niveau national, passant de 43,1% à 42,2%, de 0,7 point en milieu urbain et de 1,1 point en milieu rural, passant respectivement de 35,3% à 34,6% et de 55,5% à 54,4%.

Perte d’emploi dans l’ensemble des secteurs à l’exception des BTP

 

Avec un recul de 1,6%, le volume d’emploi dans le secteur de l’ »agriculture, forêt et pêche » a baissé de 66.000 postes au niveau national, enregistrant la même tendance baissière amorcée il y a deux ans avec une perte de 75.000 postes en 2014 et 27.000 en 2015 et ce, juste après la création exceptionnelle de 156.000 en 2013.

De son côté, le secteur de l’ »industrie » qui comprend aussi l’artisanat a perdu 44.000 postes d’emploi, ce qui correspond à une baisse de 3,6% du volume d’emploi du secteur, contre une création de 34.000 postes en 2014 et 16.000 en 2015. Les postes d’emploi détruits par ce secteur sont principalement le fait de la perte de 33.000 emplois par la branche du « Textile bonneterie et habillement ».

Le secteur des « services », qui représentait le principal pourvoyeur d’emploi au cours des quinze dernières années avec en moyenne 102.000 emplois durant les années 2000-2012 et 50.000 au cours des trois dernières années, a perdu 15.000 emplois cette année, ce qui correspond à une baisse de 0,4% du volume d’emploi du secteur.

En revanche, le secteur des BTP, après avoir perdu en moyenne annuelle 33.000 postes d’emploi au cours des années 2011-2013, a connu une reprise durant les années 2014-2015 avec une création annuelle moyenne d’environ 34.000 emplois, suivi de 52.000 emplois cette année, ce qui correspond à une hausse de 5,3% du volume d’emploi du secteur.

Par ailleurs, en milieu urbain, le secteur des BTP a créé 27.000 postes d’emploi, ce qui correspond à une hausse de 4,9% du volume d’emploi du secteur ; alors que dans les autres secteurs, le volume d’emploi a plutôt baissé:

–  Il s’est rétréci de 14.000 postes dans le secteur de l’ »industrie y compris l’artisanat » (-1,5% du volume d’emploi du secteur);

–  13.000 emplois dans celui des « services » (-0,4%);

–  3.000 emplois dans le secteur de l’ »agriculture, forêt et pêche » (-1,4%).

En milieu rural, comme en milieu urbain, avec une hausse de 5,8%, le volume d’emploi dans le secteur des BTP a augmenté de 25.000 emplois. En revanche, au niveau de tous les autres secteurs, l’emploi a connu un recul:

–  63.000 postes dans le secteur de l’ »agriculture, forêt et pêche » (-1,6% du volume d’emploi du secteur);

–  30.000 emplois dans celui de l’ »industrie y compris l’artisanat » (-11,8%);

–  2.000 emplois dans le secteur des « services » (-0,3%).

Niveau et principales caractéristiques du chômage

 

 

Avec une baisse de 64.000 personnes, 59.000 en milieu urbain et 5.000 en milieu rural, la population active en chômage est passée, entre le troisième trimestre de l’année 2015 et celui de 2016, de 1.206.000 à 1.142.000 chômeurs, enregistrant une baisse de 5,3% au niveau national. Entre les deux périodes, le taux de chômage est ainsi passé de 10,1% à 9,6% au niveau national, de 15,1% à 14,3% en milieu urbain et a stagné à 4,3% en milieu  rural.

Les baisses les plus importantes du taux de chômage ont été relevées parmi les personnes ayant un diplôme (-1,1 point) et les jeunes âgés de 25 à 34 ans (-0,8 point). Le taux de chômage des jeunes âgés de 15 à 24 ans a en revanche connu la hausse la plus importante (+0,4 point).

Le chômage demeure en particulier élevé parmi les diplômés et les jeunes âgés de 15 à 24 ans. C’est ainsi qu’au troisième trimestre de 2016 :

–  Le taux de chômage s’est établi à 3,8% parmi les personnes sans diplôme, à 14,7% parmi les détenteurs d’un diplôme de niveau moyen[1] au niveau desquels il a enregistré 22,7% parmi les actifs ayant un diplôme de qualification professionnelle, et 22,3% parmi les détenteurs d’un diplôme de niveau supérieur avec en particulier un taux de 27,3% au niveau des lauréats des facultés.

–  Il était de 21,8% parmi les jeunes âgés de 15 à 24 ans et de 40,8% parmi les citadins d’entre eux, contre 9,6% pour l’ensemble des personnes âgées de 15 ans et plus.

Par ailleurs, l’enquête révèle que :

– près de huit chômeurs sur dix (79,1%) sont citadins (75,2%pour les hommes contre 87,8% pour les femmes) ;

– près des deux tiers (64,5%) sont âgés de 15 à 29 ans (65,7% hommes contre 61,8% femmes) ;

-plus du tiers (33,7%) détiennent un diplôme de niveau supérieur (25,5% hommes contre 52,4% femmes) ;

–  plus de la moitié (54,3%) sont des primo-demandeurs d’emploi (48,4% hommes contre 67,6% femmes) ;

–  les deux tiers (66,1%) chôment depuis une année ou plus (62% hommes contre 75,3% femmes) ;

–  et environ un sur trois (29,3%) se sont retrouvés au chômage suite au licenciement (24,3%) ou à l’arrêt de l’activité de l’établissement employeur (5%).

D’un autre côté, il convient de noter que la population active en chômage intègre également les personnes découragées par la recherche active d’emploi. Au troisième trimestre de 2016, leur effectif a atteint 63.000 personnes, ce qui correspond à 5,5% du volume global du chômage, contre 6,6% une année auparavant. Ils sont à 83,4% citadins, à 50,1% des jeunes âgés de 15 à 29 ans, à 58,7% masculins et à 81,5% diplômés.

 

 

 

Niveau et principales caractéristiques du sous emploi

 

 

Le volume des actifs occupés en situation de sous emploi a augmenté, entre les deux périodes, de 1.214.000 à 1.234.000 personnes au niveau national, de 549.000 à 568.000 personnes dans les villes et de 665.000 à 666.000 dans les campagnes.

Le taux de sous emploi est ainsi passé de 11,3% à 11,5%au niveau national, de 10,2% à 10,5% dans les villes et de 12,3% à 12,5% dans les campagnes.

 

Au niveau national, le taux de sous emploi des hommes (13,3%) représente environ le double de celui des femmes (6,5%). Par milieu de résidence, si en milieu urbain, ce  taux (10,5%) est presque égal à celui des femmes (10,8%), en milieu rural, il est plus de quatre fois plus important, soit respectivement 16,8% et 4,1%.

Par ailleurs, ce phénomène est plus répandu, aussi bien en milieu urbain qu’en milieu rural, au niveau des secteurs des BTP et de l’ »agriculture, forêt et pêche » où il affecte respectivement 18% et 12,3% des actifs occupés au niveau national.

D’un autre côté, il ressort des données de l’enquête que parmi les actifs occupés en situation de sous emploi :

–  85% sont de sexe masculin ;

–  42,3% disposent d’un diplôme et 9,3% détiennent un diplôme de niveau supérieur ;

–  54% résident en milieu rural (56,4%pour les hommes contre 39,8% pour les femmes);

–  près de sept sur dix (69,1%) des sous employés pâtissent d’un sous emploi lié à l’insuffisance du revenu du travail ou à l’inadéquation entre la formation et l’emploi[1] (69,7% hommes contre 65,5% femmes);

–  environ quatre sur dix (40,2%) sont des jeunes âgés de 15 à 29 ans (41,7% hommes contre 31,7% femmes);

–  et environ huit sur dix (81,6%) exercent un emploi rémunéré (82,7% hommes contre 77,5% femmes).