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Faiblesse de la croissance, maîtrise de dépense publique, rareté des liquidités bancaires et pouvoir d’achat réduit des ménages handicapent le secteur, mais les perspectives demeurent bonnes avec le rétablissement de la croissance à moyen terme.

Quand le ciment va, tout va. Quand l’économie ne va pas, que la croissance est insuffisante, que les liquidités bancaires s’assèchent, que le crédit  se resserre et que le pouvoir d’achat faiblit, le ciment na ca pas. Pourtant, la situation dans ce secteur n’est pas alarmante en raison de la résurgence des forces qui portent.le secteur.

La production mondiale de ciment s’établit en 2015 à 4,6 milliards de tonnes, en croissance annuelle moyenne de 6,9% par rapport au niveau enregistré en 2010 (3,3 milliards de tonnes). Ceci correspond à une croissance de 6,3% par rapport à 2014, qui s’explique par les développements positifs des principales économies émergentes, malgré le ralentissement économique connu fin 2015.

Durant les dernières années, les moteurs de croissance de la production de ciment sont les pays émergents, notamment la Chine (TCAM 2010-2015 : 4.5%), l’Inde (TCAM 2010-2015 : 4.2%) et le Brésil (TCAM 2010-2015 : 4.3%), mais aussi les Etats-Unis (TCAM 2010-2015 : 5.0%).

En particulier, en 2015, après avoir ralenti sa production de ciment l’année précédente, la Chine l’a réduite de 3,6% en 2015, restant néanmoins le principal producteur de ciment mondial. Par ailleurs, malgré leur poids dans la production mondiale de ciment, les principaux pays émergents ont assisté à une forte réduction de leur production, en opposition à la forte croissance des années précédentes.

Concernant les économies développées, la forte reprise qu’a connue les Etats Unis après la crise financière et le lancement de projets d’infrastructure ont permis une croissance robuste de leur production de ciment. Cependant, la production de ciment dans l’UE a baissé avec un TCAM 2010- 2015 de 2,2%. Apres la crise financière de 2008, l’UE a souffert de la récession engendrée par la crise de la dette en 2012 et la reprise a été lente depuis. Par conséquent, la production de ciment a baissé depuis 2010 dans l’UE.

 

 

Une industrie capitalistique et énergivore

Le coût de l’investissement représente un facteur proéminent dans l’industrie mondiale du ciment. En effet, le coût de construction d’une implantation industrielle de production de ciment est estimé à près de 150 millions EUR par million de tonnes de capacité annuelle créée.

De plus, afin d’améliorer leur rendement et de préserver leur compétitivité dans un contexte de marché concurrentiel, les industriels de ciment sont constamment amenés à investir dans les nouvelles technologies et la protection de l’environnement.

L’industrie de ciment consomme des quantités importantes de combustibles et d’électricité pour la cuisson des matières premières entrant dans la production du clinker, semi-produit cimentier.

Selon Cembureau, association des industriels de ciment en Europe, chaque tonne de ciment produite nécessite entre 60 et 130 kilogrammes de fuel ou équivalents et près de 110 KWh d’électricité, en fonction de la variété du ciment produit et du processus de production utilisé.

La hausse du coût de ces éléments sur les marchés internationaux des combustibles et de l’énergie impacte donc considérablement les coûts de production du ciment et la rentabilité des opérateurs.

Le développement de standards industriels modernes et automatisés permet à l’industrie du ciment de limiter l’utilisation du capital humain. En effet, le nombre de travailleurs dans les exploitations cimentières modernes ne dépasse pas 150 personnes par site de production.

Le ciment peut être considéré comme étant assez standard malgré le fait qu’il puisse être produit à partir de matières premières variant d’une usine à l’autre. En effet, il existe peu de variétés de

ciment et pour chaque variété, les produits provenant de différents fabricants, sont généralement interchangeables.

En conséquence, le prix du ciment et la qualité du service au client sont les facteurs déterminants de différenciation et de vente. Des produits premium existent mais restent assez limités.

Les coûts de transport du ciment par voie terrestre sont significatifs ce qui rend son transport au-delà d’un rayon de 200 à 300 km non justifié économiquement ; le coût de transport pouvant dépasser dans ce cas le coût de production. Cependant, le transport du ciment par voie maritime ou ferroviaire reste une possibilité plus économique pour les longues distances.

Trente ans après la libéralisation

Le cadre règlementaire du secteur cimentier a connu des évolutions notables au cours des dernières années.

En effet, jusqu’à la fin des années 1970, le marché marocain du ciment était marqué par une production nationale insuffisante et des prix réglementés. Cette situation a induit une pénurie du ciment au niveau du marché national et a astreint le Royaume à combler le déficit de l’offre par l’importation.

Dans ce contexte et face au déficit de l’offre, les pouvoirs publics ont adopté une politique dirigiste fixant les prix et les zones de production.

En 1986, le secteur a fait l’objet d’une libéralisation conférant aux cimentiers la liberté de déterminer leurs prix de vente. Ces tarifs sont estimés en fonction des coûts de transport et de l’énergie et du niveau de la concurrence.

En vue d’ouvrir et d’exploiter des carrières, la réglementation en vigueur stipule qu’il faut respecter les conditions nécessaires à la préservation de l’environnement et à la rationalisation de l’exploitation desdites carrières.

Afin d’ouvrir et d’exploiter une carrière, la partie concernée doit respecter des contraintes réglementaires dont :

– Nommer une personne physique compétente, ayant une procuration lui conférant la qualité d’interlocuteur principal vis-à-vis des autorités.

– Conformément aux dispositions de la loi 12.03, la partie concernée doit mettre en place une étude sur l’impact environnemental de l’exploitation et respecter les recommandations résultant de l’étude.

– Suivre un processus permanent de contrôle imposé par les autorités compétentes.

La durée d’exploitation de la carrière dépend des spécificités naturelles de la carrière dans la limite de quatre ans.

La demande d’obtention de l’autorisation contient les documents suivants :

– Demande officielle contenant ; la dénomination de la société, son juridique, l’adresse de son siège, le numéro de registre de commerce.

– Durée d’exploitation demandée.

– Acte de propriété ou de location contenant une autorisation explicite d’exploiter les terrains.

– Autorisation écrite des autorités concernée par rapport aux terrains appartenant directement ou indirectement à l’Etat.

– Cahier des charges signé et légalisé.

– Plan du site répondant aux critères techniques exigés.

– Une identification des routes/passages reliant les carrières à la voie publique.

– Etude technique sur le mode d’exploitation de la carrière. (Mode opératoire, profondeur d’exploitation, natures des préparations nécessaires…etc.).

– Avis d’acceptation relatif aux considérations environnementales comme stipulé dans la loi 12-03.

Les horaires d’exploitation des carrières respectent la réglementation en vigueur.

L’exploitant de la carrière est tenu de mettre en place des dispositifs de sécurité autour de celle-ci (2 mètres de haut et 20 cm de largeur), sous supervision technique d’un cabinet de topographie agréé.

L’exploitant est tenu de respecter les quantités extraites de la carrière sous peine d’amendes.

Importations de ciment et de clinker

En vertu des accords de libre-échange et des conventions signés par le Maroc, les droits de douane actuellement en vigueur sur les importations des principales catégories de ciment (y compris le clinker y afférent).

Par ailleurs, les importations de ciment et de clinker sont soumises à la taxe parafiscale à l’importation (généralement de 0,25%) et à la TVA à l’import (20%).

En janvier 2006, au titre de la mise à jour des tarifs douaniers à l’importation, l’administration douanière a porté les droits de douane sur les importations de petcoke à 2,5%. Ces droits sont nuls pour les pays ci-dessus avec lesquels le Maroc a signé des accords de libre-échange ou des conventions (cf. liste du tableau ci-dessus à l’exclusion de l’Arabie Saoudite).

Par ailleurs, les importations de petcoke sont assujetties à une Taxe Intérieure de Consommation (TIC) de 83,5 MAD par tonne, d’une taxe parafiscale à l’importation de 0,25% et d’une TVA à l’import de 20%.

Afin d’encourager les exportations de ciment et de clinker, les cimenteries se sont vues accorder le régime économique du Drawback, permettant de récupérer la TIC versée sur les combustibles.

Un secteur mis aux normes

 

Le secteur cimentier est régi par plusieurs lois et réglementations lois et réglementations dont les loi relatives à la protection et à la mise en valeur de l’environnement, à l’exploitation des carrières, à la gestion des déchets et à leur élimination, à la lutte contre la pollution de l’airet aux études d’impact sur l’environnement. .

Le secteur est l’objet d’une réglementation comprenant une dizaine de normes. La production des liants hydrauliques en général, dont le ciment et les bétons font partie, est régie par des normes de fabrication faisant l’objet de circulaires spécifiques dont le respect implique l’attribution de marques de conformité.

Ces normes régulent la production des matériaux de construction au Maroc et contribuent par conséquent à l’amélioration des conditions sociales et de sécurité du logement et des infrastructures.

Par ailleurs, ces normes fixent des conditions de qualité équivalentes à celles prévalant en Europe, dissuadant de fait les importations de ciment de qualité inférieure à des conditions de prix plus favorables.

En outre, bien que le dispositif réglementaire national n’ait pas prévu à ce jour de dispositions environnementales spécifiques à l’industrie de ciment, les principaux opérateurs nationaux ont opté pour une certification de leurs installations industrielles aux normes ISO 9 001 et ISO 14 001.

Recul de l’auto-construction, baisse des projets immobiliers et  retard dans l’exécution des marches publics

La consommation de ciment représente le principal indicateur de performance suivi par l’industrie du ciment (notamment par l’Association Professionnelle des Cimentiers). En effet, considérant la faiblesse des stocks de ciment chez les opérateurs, la consommation reste très proche de la production.

A partir de l’année 2004 et jusqu’en 2008, le secteur s’est positionné sur une nouvelle trajectoire haussière, profitant en cela de la nouvelle dynamique des grands chantiers (infrastructures, habitat et unités hôtelières).

En 2009-2010, les ventes de ciments affichent une croissance de 0,35% sous l’effet de la baisse de la production globale de logements sur la période. Cette dernière étant affectée par la suspension en 2009 des mesures incitatives mises en place par l’Etat pour les promoteurs de logements sociaux, le ralentissement du rythme des investissements immobiliers des marocains résidant à l’étranger suite à la crise économique internationale ainsi que l’effet des intempéries observées au 1er trimestre 2010 causant des retards au niveau des chantiers en cours de construction.

En 2011, il convient de noter que les ventes de ciment se sont significativement affermies de 10,7% compte tenu des mesures fiscales incitatives instaurées par la Loi de Finance 2010 pour relancer l’habitat social. Les mises en chantier progressent ainsi de 26,3%.

Entre 2012 et 2014, les ventes de ciment se sont affichées en repli de -1,6% en 2012, -6,3% en 2013 et de -5,4% en 2014. Cette tendance baissière trouve son origine dans le recul des mises en chantier d’environ 6,4% en 2014, compte tenu de l’effet combiné de :

– L’essoufflement du segment social qui agissait jusque-là comme locomotive du secteur de la construction ;

– Le resserrement de la politique d’octroi des autorisations de construire pour l’auto-construction ;

– Les mesures insuffisantes proposées par le gouvernement pour booster le moyen-standing, relais de croissance naturel du secteur ;

– Les fortes intempéries qui ont affecté plusieurs zones du sud du royaume ;

– Et, le ralentissement du rythme de progression des crédits immobiliers (qui représentent à fin 2014 près de 25% du PIB) et plus particulièrement de celui des crédits accordés aux promoteurs immobiliers, vraisemblablement en raison de la forte tension sur les liquidités bancaires observée ces dernières années.

En 2015, le secteur a connu une légère augmentation de 1,4%. Celle-ci n’augure cependant pas une réelle reprise du marché. La conjoncture économique dans le secteur de la construction demeure difficile, marquée par le recul de l’auto-construction, la baisse des projets immobiliers suite aux difficultés de commercialisation des logements sociaux et du moyen standing, et le retard dans l’exécution des marches publics.

Le dernier trimestre de 2015 a profité d’une embellie qui a permis à la performance annuelle de passer de -1,4% à fin septembre à +1,4% à fin décembre.

En outre, l’année 2015 a été marquée par des évènements exceptionnels ayant favorisé le secteur à savoir :

– Le climat a fortement impacté la consommation du ciment en 2015. Ainsi, les inondations qui ont touché le Royaume au mois de novembre 2014 provoquant, de nombreux dégâts, ont eu pour corollaire une hausse de la demande en ciment pour les travaux de réparation au cours du 1er trimestre de l’année 2015. De même, la faible pluviométrie du dernier trimestre 2015 (comparé à la même période en 2014) a relancé la consommation suite à une ininterruption des chantiers.

-Les élections tenues en septembre.

L’évolution des ventes de ciment est fortement corrélée au dynamisme du secteur du BTP, principal débouché du secteur du ciment comme le montre le graphique ci-dessous pour la période 2011-2015 :

L’analyse des canaux de distribution du ciment au titre de 2015 montre que le négoce occupe la 1e place avec 72% des ventes, suivi par le BPE (12%), le BTP (8% dont 4% sont destinées au bâtiment) et le PREFA ( 8%).

Pour les types de ciment, la demande est dominée par le CPJ 45 (58 %), dont la part est restée stable ces dernières années (58% en 2012), suivie du CPJ 35 (22% contre 26% en 2012) et du CPJ 55 (20% contre 16% en 2012).

faible pluviométrie et réduction des temps d’arrêt des chantiers fon progresser la consommation 2016

La consommation de ciment s’est élevée à 3,7 MT à fin mars 2016, en hausse de 5,9% par rapport à la même période de l’année précédente.

Cette hausse s’explique principalement par la faible pluviométrie de cet hiver ayant permis une réduction des temps d’arrêt des chantiers.

La région ayant enregistré la plus forte consommation durant cette période est Casablanca Settat (847 KT) en progression de 10,7% par rapport à 2015, suivie de Marrakech-Safi (506 KT) et de Tanger Tétouan Al Hoceima (481 KT) qui ont crû respectivement de 9,5% et 7,7%.

Par ailleurs, les ventes de ciment réalisées pendant le mois de mars 2016 enregistrent une progression de 2,5% par rapport à mars 2015.

La consommation de ciment par habitant enregistre une baisse annuelle moyenne de 4,2% sur la période 2011-2015 en passant de 495 kg/hab. en 2011 à 416 kg/hab. en 2015. Cette tendance s’explique par le repli de la consommation nationale à un rythme annuel moyen de 3% entre 2011 et 2015, conjugué à la croissance annuelle moyenne de la population6 de 1,25% sur la même période.

Le graphique ci-dessous présente la consommation par habitant du Maroc en 2014 en comparaison avec certains pays:

La consommation de ciment par habitant enregistre au Maroc un niveau de 415 kg/hab. en 2014 (416 kg/hab. en 2015) en deçà de la moyenne mondiale et de certains pays comparables au Maroc comme la Turquie et l’Egypte.

 

(2ère partie)

 

(Source : Note d’information – Offre publique d’achat Ciments du Maroc)