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Le Maroc a fait un effort concerté pour réduire ses inégalités régionales internes, et a parcouru une certaine voie vers la « territorialisation » des politiques sectorielles et des processus de prise de décision démocratique. Les interventions visant à améliorer la situation de la sécurité alimentaire et de la nutrition (FSN) dans les zones marginalisées vont du développement humain à la fourniture d’infrastructures rurales et la promotion du potentiel de développement endogène dans les zones locales. Le programme de décentralisation politique du pays a en outre contribué à faire rendre la décision plus proche des gens, et facilité la formulation de politiques adaptées aux besoins et opportunités spécifiques au contexte. Néanmoins, les défis demeurent, notamment la faiblesse des mécanismes de coordination horizontale entre les différents secteurs, qui risquent de conduire à des doubles emplois et un manque d’interventions hiérarchisées. Les systèmes d’information territoriaux fragmentée compliquent davantage la mise en œuvre de l’engagement continu du gouvernement à adopter des approches territoriales. Aller de l’avant, en augmentant les capacités au niveau local, ainsi que la participation des autorités infranationales dans les processus d’élaboration des politiques à tous les niveaux sera dès lors critique.

Le Maroc a réalisé des progrès économiques considérables au cours des dernières décennies. Une croissance économique soutenue entre 2001 et 2011 a entraîné une augmentation significative du revenu moyen par habitant et a conduit à une réduction de l’incidence de la pauvreté de 15% à 6%. Les gains de la croissance économique n’ont pas, cependant, été distribués de manière uniforme, et les disparités régionales se sont élargies. Entre 1985 et 2011, par exemple, la pauvreté relative a diminué de 90% dans les régions du sud, mais seulement de 50% en Doukkala-Abda et Gharb-Chrarda-Béni Hssen. De même, 67% des pauvres et 59% des populations vulnérables du pays vivent dans des zones rurales et éloignées. En mai 2005, le roi du Maroc a appelé à redoubler d’efforts pour réduire la marginalisation et soustraire r les personnes vulnérables et les régions à la pauvreté et a annoncé la mise en place de l’Initiative Nationale pour le Développement Humain. En 2014, le roi a remarqué les progrès considérables accomplis vers ces objectifs, mais a noté que la pauvreté, la vulnérabilité et l’inégalité sociale aiguë sont restés fréquents.

Reconnaissant la nécessité de réaliser de nouveaux progrès, le roi a chargé le Conseil économique, social, la Banque centrale marocaine et les institutions nationales et internationales compétentes à mener une étude dur la richesse totale du Maroc entre 1999 et 2013. Le ministère de l’Intérieur a également été chargé de procéder à une évaluation des besoins en infrastructures et services locaux dans les zones rurales du Maroc. Cette étude a révélé que 29 000 douars répartis dans 1 272 municipalités ont souffert de graves carences infrastructurelles et sous-prestation de services sociaux de base. En Juillet 2015, le roi a lancé une initiative visant à promouvoir le développement dans 2 500 villages ruraux (Habitat pour 12 millions de personnes) via la mise à niveau des infrastructures et une meilleure fourniture de services de base (routes, écoles, centres de soins de santé, eau potable, etc.).

En 2008, le gouvernement du Maroc a lancé le Plan Maroc Vert (Plan Maroc Vert ou PMV), dont l’objectif est de mobiliser le potentiel de développement diversifié des régions du Maroc. Il dispose d’une stratégie à deux volets visant à promouvoir le développement à grande échelle et et l’expansion des exploitations commerciales; soutenir les petites exploitations familiales et encourager la transformation des exploitations familiales dans les entreprises familiales. L’objectif principal du Plan Maroc Vert est sans aucun doute l’expansion agricole, mais la stratégie comprend également des mesures visant à promouvoir le développement local via la mobilisation des actifs et des possibilités locales.

Stratégies à forte dimension territoriale

La stratégie de nutrition 2011-2019 contribue à la réalisation des objectifs de l’Initiative nationale pour le développement humain et à la sécurité alimentaire en général. Le deuxième pilier stratégique de la stratégie est axée sur l’augmentation de l’offre de denrées alimentaires du pays en augmentant la capacité agricole des petits exploitants. En 2014, 56% des projets générateurs de revenus énoncés dans l’Initiative nationale pour le développement humain a été mis en œuvre dans les zones rurales.

Quant au Plan Halieutis, son objectif principal qui est de la compétitivité et de la conservation des écosystèmes marins, aborde également les questions de sécurité alimentaire et de la nutrition via la promotion de la diversification du régime alimentaire national, et comprend un objectif accru de consommation de poisson de 16 kilogrammes par habitant et par an d’ici 2020.

Toutes ces stratégies comportent une forte dimension territoriale. L’Initiative nationale pour le développement humain, par exemple, souligne l’importance d’adopter une approche territoriale qui utilise des processus de planification stratégique pour assurer la cohérence entre les programmes sectoriels et les actions des autorités locales. De même, le Plan Maroc Vert repose sur une analyse approfondie et la cartographie des actifs territoriaux du pays. La stratégie de montagne est basée sur le principe de «discrimination positive». Les zones en retard du pays ont également été priorisés puisque des efforts de développement des infrastructures rurales mises en œuvre dans les années 1990. La nouvelle Constitution de 2011 reflète une orientation territoriale. Il y est stipulé, ainsi explicitement que «l’organisation territoriale du Royaume est décentralisé, fondé sur une régionalisation avancée » (article 1). Elle consacre le principe de la libre administration des collectivités locales et de la subsidiarité de l’autorité centrale.

Divers instruments ont été utilisés pour promouvoir le développement des zones en retard, y compris les agences régionales de développement, les plans agricoles régionaux, des fonds régionaux, des fonds de développement rural, les plans communaux, contrats de plan, et filets de sécurité ciblés et non ciblés. La cartographie de la vulnérabilité et de la pauvreté détaillée au niveau régional, provincial et de la commune a été achevée en 2007 (Haut-Commissariat au Plan, 2009).

Ces stratégies et la Constitution de 2011 reflètent un engagement à la mise en oeuvre des approches territoriales en vue de l’éradication de la pauvreté et l’insécurité alimentaire. Les autorités ont fait face à des défis dans la mise en œuvre des approches territoriales. Ceux-ci incluent : la faiblesse de la coordination horizontale, la régression de l’impact des systèmes de ciblage géographique et de financement, due, par exemple, à des systèmes d’information territoriaux faibles et fragmentés. Ces défis sont représentés également par les contraintes exercées par la problématique des capacités et de l’innovation qui font défaut au niveau décentralisé.

En somme, le principal défi à relever par les autorités marocaines concerne leur engagement solide pour les approches territoriales en vue de lutter contre la pauvreté et l’insécurité alimentaire. L’inclusion des institutions locales et des parties prenantes dans le processus d’élaboration des politiques, la mise en place de mécanismes efficaces de gouvernance horizontale, et le développement d’approches multisectorielles et multi-acteurs qui reflètent la nature multidimensionnelle du FSN et de la pauvreté sont les solutions clés pour surmonter ces défis. Les lois organiques récemment approuvés concernant par la mise en œuvre d’un processus de décentralisation plus fort au niveau de la préfecture, de la province et de la municipalité constituent un pas dans la bonne direction.

Corrélation entre sécurité alimentaire et  pauvreté

Le Maroc est extrêmement vulnérable à la volatilité des prix mondiaux des produits alimentaires, en grande partie en raison de sa dépendance à l’égard importations de ces produits. Sans mettre en péril la sécurité alimentaire du pays du pays, la hausse des prix des denrées alimentaires constituent une menace importante pour la santé et le bien-être des ménages marocains – et des pauvres en particulier – qui dépensent jusqu’à 70% de leurs revenus dans l’alimentation. De plus, étant donné le nombre de Marocains qui vivent légèrement au-dessus du seuil de pauvreté (environ 12% de la population), même de petites fluctuations des prix des denrées alimentaires peuvent avoir des effets dramatiques sur les taux de pauvreté nationaux. Les groupes les plus exposés à la volatilité des prix sont les paysans sans terre, les agriculteurs marginaux et les pauvres en milieu urbain. La classe moyenne n’est pas non plus à l’abri de la volatilité des prix. Les ménages de la classe moyenne dépensent environ 40% de leurs revenus à la nourriture (Harrigan 2012; Ghanem, 2015). la sécurité alimentaire des ménages est un problème saillant au Maroc et a des implications politiques, comme le montre l’agitation sociale en 2011.

Le Maroc a fait des progrès impressionnants vers la lutte contre la dénutrition au cours de la dernière décennie. Cependant, les niveaux d’obésité au Maroc (17% de la population est classée comme obèse) dépassent maintenant la moyenne mondiale (11,7%). Qu’il suffise de dire, les aspects de la FSN restent sans réponse (Ministère de la Santé, 2011).

L’insécurité alimentaire et la pauvreté sont étroitement corrélés au Maroc, en partie à cause de la part du revenu (environ 70%) que les ménages pauvres consacrent à la nourriture. Environ 4 millions de personnes vivent en dessous du seuil de pauvreté au niveau national, dont 3 millions habitent dans les zones rurales. L’incidence de la pauvreté est particulièrement élevée dans les zones rurales (10% en 2011) par rapport aux zones urbaines (3,5%). Les ménages ruraux sont souvent dépendants, directement ou indirectement, sur l’agriculture.

Beaucoup d’entre eux, cependant, ont seulement accès à une quantité limitée de terres arables non irriguées, avec un potentiel agricole minimal. En outre, de nombreux paysans ne possèdent pas de titre de titre de propriété de leur terre et sont, par conséquent, confrontés à des difficultés d’obtention de crédits bancaire, ce qui limite leur possibilité de participer à de nouvelles activités économiques et de diversifier leurs revenus.

Les disparités entre zones urbaines et rurales au niveau de la sécurité alimentaire et de la pauvreté sont aggravés par les disparités inter-régionaux. Les conditions climatiques et géographiques varient considérablement à travers le pays. L’aridité structurelle touche 80% de la surface de la terre, et la pénurie d’eau est devenue plus prononcée, d’autant plus que la demande d’eau a augmenté (BAD, l’OCDE et le PNUD, 2014). La répartition spatiale de la pauvreté est, au moins en partie, attribuable à la variation inter-territoriale dans les conditions géographiques. Les zones côtières arables sont, par exemple, moins touchés par la pauvreté. Les régions montagneuses, en revanche, sont généralement aride et, par conséquent, l(habitat de la plupart des Marocains les plus pauvres. Il y a aussi des concentrations élevées de la pauvreté dans les communautés de pêcheurs du pays, disséminés le long de la côte (FIDA, 2009; Adidi, 2011).

Ainsi, on relève que les questions de l’insécurité alimentaire et la pauvreté se posent avec acuité dans des zones caractérisées par des conditions défavorables, à faible densité de population, et sui ont un accès limité à l’infrastructure physique et sociale de base. Ces conditions correspondent  généralement à celles des régions rurales et éloignées.

La pauvreté et l’insécurité alimentaire sont attribuables à plusieurs facteurs. Les plus importants  sont ceux  qui entravent le développement agricole, y compris la faible diversification des activités agricoles, les facteurs fonciers, la variation et de la volatilité paroxystique, les mauvaises conditions du sol, ressources en eau insuffisantes, la dégradation des ressources naturelles, l’accès difficile au crédit; La faiblesse l’organisation des agriculteurs; et l’accès insuffisant aux services sociaux de base et à l’infrastructure. Cs facteurs  sont aggravés par la faiblesse du capital social, l’existence d’organisations communautaires qui manquent de la formation et du soutien nécessaires pour prendre en charge leur propre développement (FIDA, 2009).

La prévalence des disparités spatiales et la pauvreté et l’insécurité alimentaire a conduit à une initiative ambitieuse dont l’objectif est de promouvoir le développement dans 2 500 villages ruraux qui abritent 12 millions de personnes (environ 30% de la population).

La diversification de l’économie doit refléter les potentiels de développement et le capital des dotations des territoires

Le développement du secteur agricole est essentiel pour renforcer les niveaux de vie dans le monde rurale au Maroc. Il devrait donc figurer en bonne place dans toute stratégie visant à promouvoir une croissance inclusive, et de réduire les inégalités et les disparités territoriales. Cela peut réduire la dépendance des importations de produits alimentaires et de réduire la vulnérabilité du pays à la volatilité des prix alimentaires mondiaux.

La croissance économique au Maroc est étroitement liée à la performance du secteur agricole. En 2013, l’économie du Maroc a augmenté de 4,7%, tirée par une hausse de 17,9% de la valeur ajoutée dans le secteur agricole (BAD, l’OCDE et le PNUD, 2014). De même, la croissance économique annuelle a ralenti en 2015, en grande partie en raison d’une diminution de 1.8 % de la valeur ajoutée dans l’agriculture (BAD, l’OCDE et le PNUD, 2014).

L’expansion de l’agriculture familiale a été identifiée comme l’un des moyens pour améliorer la sécurité alimentaire et alimentaire du Maroc en toute indépendance. Le Plan Maroc Vert, par exemple, priorise le développement de l’agriculture qui emploie environ 10% de la population et représente 70% des exploitations. Les exploitations familiales, cependant, font face à de nombreuses contraintes dans perspective  de la productivité et de la rentabilité, y compris les titres fonciers ambigus, la médiocrité des transports et de l’infrastructure de communication, et le manque d’accès au crédit et à l’information sur le marché (Ghanem, 2015).

L’expansion agricole n’est cependant pas suffisante pour rendre les zones rurales « attractive, compétitive et préservée» (ministère de l’Agriculture et de la Pêche Maritime, 2010).

Les efforts visant à diversifier l’économie doivent refléter les potentiels de développement et de capital de dotations des territoires où ils sont mis en œuvre. Le développement des services sociaux et de l’infrastructure sont également essentiels. La mise en œuvre de la Stratégie de développement rural 2020 et l’Initiative nationale pour le développement humain et la mise en place du développement rural Secrétaire d’Etat et de l’évaluation du capital immatériel commandé par le roi en 2014 oeuvrent tous ensemble à cette fin. Ils représentent aussi une prise de conscience de la nécessité d’une approche intégrée afin d’identifier et de capitaliser sur le potentiel de développement régional.

Résultats encourageants des approches territoriales pour la sécurité alimentaire

La promotion de la croissance inclusive et de l’équité a été une priorité dans le programme de développement du Maroc. La « Territorialisation » est également une priorité dans de nombreuses stratégies et politiques de développement du Maroc. Les premières tentatives pour corriger les disparités géographiques remontent aux années 1990.

Les réformes axées sur l’infrastructure ont depuis été complétée par une série de projets intégrés à vocation sociale et de programmes. L’Initiative nationale pour le développement humain, par exemple, se concentre sur la fourniture de services sociaux pour résoudre les problèmes de la pauvreté, les inégalités régionales et l’exclusion. Elle reflète également une prise de conscience des limites des approches sectorielles fragmentées, ainsi que la nécessité d’approches plus intégrées et efficaces. Le principal objectif de cette initiative est de renforcer la coordination entre les interventions sectorielles mises en œuvre au niveau local. Les cinq programmes opérationnels suivants ont été mise en oeuvre depuis le lancement de la deuxième phase de l’Initiative nationale de développement humain et l’expansion de son budget en 2011:

  1. Programme de la pauvreté rurale
  2. Programme Urbain d’exclusion Sociale
  3. Programme pour les Populations vulnérables
  4. programme transversal engagé dans les communes et les zones non ciblées
  5. programme axé sur la mise en œuvre de l’Initiative nationale pour le développement humain dans les zones locales (mise à niveau de Territoriale).

L’Initiative nationale pour le développement humain emploie une structure de gouvernance à plusieurs niveaux, composé d’un comité interministériel stratégique central et des comités régionaux, provinciaux et locaux. Les divisions provinciales et locales d’action sociale fournissent un soutien supplémentaire pour la mise en œuvre de l’initiative. Ces divisions sociales fonctionnent comme des intermédiaires entre les comités locaux de l’INDH et les citizens.

Les politiques axées sur la sécurité alimentaire au Maroc adoptent aussi une dimension territoriale marquée Le Plan Maroc Vert, le Plan Halieutis et la Stratégie nationale de la nutrition mettant tous ensemble l’accent sur les disparités spatiales dans le potentiel de développement agricole et les questions FSN.

Le système d’agrégation, un outil innovant du Plan Maroc Vert

Le Plan Maroc Vert, lancé en 2008 par le ministère de l’Agriculture, identifie l’agriculture comme un facteur clé de la croissance économique. Son objectif principal est de renforcer la sécurité alimentaire et l’augmentation de la production alimentaire du pays et les revenus, en particulier ceux des petits et les agriculteurs familiaux. L’orientation territoriale du Plan Maroc Vert est évident. Le plan comporte deux piliers. Pilier I traite à grande échelle, l’agriculture industrielle. À l’heure actuelle, le pilier I expérimente un modèle de partenariat public-privé pour mettre à niveau des chaînes de valeurs clés (céréales, légumineuses, les agrumes, les olives et les vignes). L’approche de la chaîne de valeur est basée sur les contrats qui impliquent tous les acteurs en amont et en aval.

Une réunion annuelle de tous les acteurs qui composent les chaînes de valeur est maintenue pour évaluer la réussite et le progrès.

Le Pilier II soutient les petits exploitants et les agriculteurs pauvres vivant dans des zones reculées. Il couvre 75% des agriculteurs du Maroc (Commission économique pour l’Afrique, 2012). Il est orienté vers la diversification des sources de revenus dans les zones rurales par le biais, par exemple, la promotion de l’huile d’olive comme un substitut pour les céréales dans les zones marginales et difficiles, ou le développement de nouveaux secteurs, y compris l’éco-tourisme et de l’aquaculture (BAD, OCDE et le PNUD, 2014). Le Plan Maroc Vert a bénéficié des réformes de décentralisation importantes dont il et dépend, y compris la mise en place des directions régionales de l’agriculture, des chambres régionales d’agriculture et de l’Agence nationale pour l’extension de l’agriculture.

Les principaux instruments opérationnels utilisés par le Plan Maroc Vert sont les plans agricoles régionaux qui sont formulés avec la participation des acteurs locaux et régionaux. Ils sont validés par le Ministère de l’agriculture avant leur mise en œuvre. Les partenariats entre les parties prenantes et les institutions territoriales sont également employés (Collectivités locales). Ces partenariats ont conduit à la création de contrats de programme de la chaîne de valeur (programmes de Contrats Filières) entre l’Etat et le secteur privé et les organisations interprofessionnelles. Les partenariats entre les banques nationales et locales sont également promus et renforcés pour fournir davantage de liquidités aux exploitations familiales.

Le système de l’agriculture contractuelle (Aggregation) est un outil particulièrement innovant intégré dans le Plan Maroc Vert. Le système de l’agriculture contractuelle encourage la coopération entre les exploitations et conditionnement et de transformation des coopératives en aval pour améliorer l’accès des agriculteurs aux intrants, au crédit, à la technologie et des marchés.

L’évaluation à mi-parcours du Plan Maroc Vert menée en 2015 a indiqué que le plan a apporté son soutien à 771 535 petits exploitants. Le Pilier II du plan a contribué à une augmentation du PIB agricole moyenne par capital d’environ 48% dans les zones rurales, l’amélioration des moyens d’existence des ruraux, la réduction de la malnutrition (actuellement à environ 4,9%) et l’éradication de la faim dans les zones rurales (maintenant à environ 0,5%). Le succès obtenu par le Maroc a conduit au décernement à ce pays du prix de la FAO pour la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement au terme deux années consécutives (2014 et 2015). Le Maroc constitue également un modèle pour d’autres pays en développement, avec lesquels le Maroc est en train de développer des accords de coopération Sud-Sud. Le succès a également inspiré le gouvernement dans la lutte contre la pauvreté, qui a mis davantage l’accent sur la promotion de «l’agriculture de solidarité » (agriculture solidaire) et une focalisation accrue sur les zones marginales.

Le Plan Halieutis a été lancé en 2009. Il est guidé par deux objectifs : promouvoir la conservation des ressources halieutiques et des écosystèmes marins et stimuler la productivité et de la qualité dans le secteur de la pêche afin d’améliorer sa compétitivité dans l’économie mondiale. Le plan est concentré sur l’augmentation de la contribution de la pêche secteur au PIB et aux exportations. La FSN (Stratégie nationale de nutrition) constitue, cependant, un objectif du plan. Plus précisément, le plan vise à accroître la consommation intérieure de poisson de 10 kilogrammes par habitant et par an à 16 kg par habitant par an. En 2015, le plan contenait 16 principaux projets pour améliorer la chaîne de valeur de la pêche. Il vise également à créer trois pôles de traitement – à Tanger, Agadir et Laâyoune-Dakhla – pour un total de 9 milliards de dirhams (ministère de l’Agriculture et de la Pêche Maritime, 2014).

Les objectifs de la Stratégie nationale sur la nutrition du Maroc sont de deux ordres :

– améliorer la disponibilité et l’accès financier aux produits alimentaires;

– assurer la qualité et la sécurité des produits alimentaires sanitaires.

Les actions en vue d’atteindre ces objectifs comprennent l’emploi des mécanismes de régulation des prix renforcés, des initiatives visant la productivité des petits exploitants agricoles et l’effort de capitaliser sur les produits agricoles locaux.

La stratégie de la nutrition est de nature interdisciplinaire. Son organe de décision, le Comité de de nutrition, est composé de représentants des secteurs public et privé, des communautés locales et de la société civile. En outre, neuf ministères ont été impliqués dans la conception et la mise en œuvre de la stratégie. L’approche de la stratégie est toutefois entièrement centralisée et n’a aucune dimension régionale ou locale (Ministère de la Santé, 2011).

(Première partie)