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M. Zeid Ra’ad Al Hussein appelé à un sursaut face à la banalisation des discriminations ethniques, raciales et religieuses.

Devant la montée des populismes en Europe et aux Etats-Unis, le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Zeid Ra’ad Al Hussein, a exprimé sa colère face aux mensonges et aux manipulations de responsables politiques et a demandé un sursaut face à la banalisation des discriminations ethniques, raciales et religieuses.

Lors d’une allocution au Gala de la Fondation pour la sécurité, la paix et la justice lundi, à La Haye, aux Pays-Bas, M. Zeid s’en est pris en particulier au responsable politique néerlandais Geert Wilders et « à toutes les personnes comme lui – les populistes, les démagogues, les fantaisistes politiques ».

« Ce que M. Wilders a de commun avec M. Trump, M. Orban, M. Zeman, M. Hofer, M. Fico, Mme Le Pen et M. Farage, il le partage aussi avec Daech », a-t-il ajouté, en référence à des responsables politiques aux Etats-Unis, en Hongrie, en République tchèque, en Autriche, en Slovaquie, en France et au Royaume-Uni.

Selon le Haut-Commissaire, tous ces responsables politiques « cherchent, à des degrés divers, à retrouver un passé idyllique et pur, où des champs ensoleillés sont occupés par des peuples unis par leur même appartenance ethnique ou religieuse – vivant dans l’isolement et dans la paix, choisissant leur destin, à l’abri du crime, des influences étrangères et de la guerre ». « Un passé qui n’a, en réalité, sans doute jamais existé, nulle part dans le monde. Comme chacun le sait, l’histoire européenne a été, pendant des siècles, tout sauf cela », a-t-il ajouté.

Geert Wilders a récemment publié un plan en 11 points promettant l’interdiction d’expressions religieuses considérées comme « contraire à l’ordre du pays » et la fermeture de mosquées, écoles islamiques et centres d’asile. Le Haut-Commissaire a qualifié de « grotesque » le plan proposé par M. Wilders et rappelé que les populistes utilisent à l’envi « demi-vérités et simplifications excessives ».

A la tête du Haut-Commissariat aux droits de l’homme depuis deux ans, M. Zeid a rappelé qu’il est le responsable mondial en matière de droits de l’homme, de droits universels, « élu par tous les gouvernements et aujourd’hui le critique de presque tous les gouvernements».

« Ne vous trompez pas, je ne compare pas les actions des démagogues nationalistes avec celles de Daech, qui sont aussi monstrueuses qu’écœurantes. Daech doit être traduit en justice », a précisé le Haut-Commissaire. « Mais, à travers son mode de communication, ses demi-vérités, ses simplifications excessives, la propagande de Daech utilise des tactiques semblables à celles des populistes. Et les deux côtés de cette équation profitent l’un de l’autre – l’influence de l’un se nourrit des actions de l’autre, et inversement».

Selon M. Zeid, « au final, c’est le droit qui protégera nos sociétés – le droit en matière de droits de l’homme, un droit contraignant issu de l’expérience humaine, de décennies de souffrance, des cris des victimes des crimes passés et de la haine ». « Nous devons veiller sur ce droit avec passion, et être guidé par lui », a-t-il conclu.