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Le Secrétaire général adjoint des Nations Unies aux affaires politiques, Jeffrey Feltman, a affirmé mercredi devant le Conseil de sécurité que l’affaiblissement de Daech au cours des derniers mois n’était pas encore irréversible.

Le Secrétaire général adjoint a expliqué qu’en raison des revers militaires essuyés en Iraq et en Syrie ? Daech était entré dans une nouvelle phase, marquée par la promotion des groupes qui lui sont affiliés, des tentatives de transfert de fonds hors des zones de conflit et un risque accru d’attaques internationales.

Selon lui, les attentats commis à Paris en novembre 2015 et à Bruxelles en mars 2016 montrent le rôle important que peuvent jouer les combattants terroristes revenus d’Iraq et de Syrie dans la coordination d’attaques terroristes.

Pour la première fois depuis qu’il a proclamé le « califat » en juin 2014, le noyau de Daech connaît des difficultés financières, a poursuivi M. Feltman. Il a indiqué que Daech cherchait à compenser la perte de revenus tirés de la production et du raffinage de pétrole par une intensification des mesures d’imposition et d’extorsion.

« On ignore les montants exacts qu’il tire du trafic d’antiquités, qui se déroulerait maintenant au Yémen et en Libye, mais cette activité demeure une source de revenus », a-t-il dit. Il a indiqué que Daech pourrait chercher à diversifier encore ses sources de revenus, en sollicitant des dons extérieurs, en déplaçant des fonds à l’échelle internationale, par le biais de canaux légaux ou illégaux, ou en convertissant ses devises en or, plus aisément transférable.

M. Feltman a insisté sur les gains enregistrés par Daech en Libye dans un temps limité. Malgré les difficultés pour consolider ces gains, Daech a pris conscience que s’implanter en Libye lui permettrait de créer une plaque tournante qui l’aiderait à se développer dans l’ensemble du Maghreb et du Sahel, et au-delà.

En Afghanistan, Daech a prouvé, malgré les revers militaires essuyés en 2015 et en 2016, qu’il était capable, en dépit d’une faible emprise territoriale, de mener des attaques dans les grandes villes situées au -delà des limites de son fief, a poursuivi M. Feltman.

Il a également noté que les technologies de l’information et des communications constituaient un vecteur fondamental pour Daech et jouaient un rôle essentiel dans ses activités et celles de ses membres, y compris pour ce qui est du recrutement et de l’organisation d’attentats. La violence sexuelle continue d’être utilisée par Daech comme tactique terroriste pour accroître son pouvoir et ses recettes et élargir sa base de recrutement, ainsi que pour détruire le tissu social des communautés visées, a averti M. Feltman.

Face à Daech, le Secrétaire général adjoint a expliqué que les Etats membres avaient notamment continué d’harmoniser leur législation conformément à la résolution 2178 (2014) du Conseil, de renforcer leurs capacités pour mener les enquêtes efficacement et porter devant la justice les affaires complexes liées au terrorisme, d’identifier les freins à l’échange d’informations financières et d’élaborer des stratégies globales de gestion des frontières.

De son côté, l’Équipe spéciale de lutte contre le terrorisme de l’ONU a mis au point un plan de renforcement des capacités destiné à endiguer le flux de combattants terroristes étrangers, a-t-il indiqué. Ce plan comprend 37 propositions de projets qui touchent à tous les aspects de cette problématique, y compris la radicalisation, les déplacements et le financement, ainsi que la réadaptation et la réinsertion des combattants qui reviennent au pays.

M. Feltman a indiqué que le budget total de ce plan s’élevait à entre 100 et 120 millions de dollars pour une durée comprise entre 3 et 5 ans. Pour l’heure, les promesses de dons s’élèvent à 10%, a-t-il souligné, avant d’encourager les Etats membres à apporter leur appui financier.