Marche à Laâyoune pour dénoncer les dérapages de Ban Ki-moon

Très attendue et appréhendée aussi bien par le Maroc que par ses adversaires, en raison des tentatives d’altération par le secrétaire général de l’ONU des paramètres de la solution politique au problème du Sahara, tels qu’ils ont été établis par le conseil de sécurité depuis 2004, et de ses implications sur le processus de négociations sur ce problème, la résolution 2285, adoptée le 29 avril dernier, rétablit le cadre politique et légal dans lequel ces négociations ont été préconisées et engagées. Elle met fin aux dérapages auxquels le rapport du secrétaire général, présenté quelques jours avant au conseil, l’a prédisposée aux moyens de constats fallacieux et de préconisations erronées.

Le conseil de sécurité a, ainsi, remis les pendules à l’heure en dépit des tentatives anachroniques de quelques pays-membres hostiles au Maroc et n’ayant aucune connaissance de sa cause nationale et des réalités sur le terrain et dans sa région. Il a fait échec aux tentatives de déterrement de certains plans et propositions d’avant 2004 en confirmant leur mort définitive.

 La résolution 2285 a réaffirmé que toute solution au problème du Sahara « ne peut être que politique, consensuelle et basée sur l’esprit de compromis et de réalisme. Elle a reconfirmé la prééminence de la proposition marocaine d’autonomie,  faite en 2007, et reconnu les efforts déployés par le Maroc comme étant « sérieux et crédibles pour aller de l’avant vers un règlement ».

Elle s’est gardé d’évoquer le référendum et de le considérer comme base, voie ou finalité des négociations qu’elle préconise et a, au contraire, aménagé un espace pour une forme d’autodétermination réaliste et crédible qui ne peut être que celle de l’autonomie proposée par le Maroc.

La résolution du conseil de sécurité, au lieu de tomber dans le piège de l’atteinte aux droits de l’Homme dans le Sahara marocain, dressé par l’Algérien et de l’élargissement du mandat de la Minurso à d’autres des prérogatives qui ne peuvent être les siennes, tel le monitoring de ces droit, a, au contraire, félicité le Maroc pour les récentes mesures et initiatives qu’il a prises, ainsi que du rôle joué par les commissions du Conseil national des droits de l’homme à Dakhla et à Laâyoune et de l’interaction du Maroc avec les procédures spéciales du Conseil des droits de l’homme de l’Organisation des Nations Unies.

Autre élément important relevé par certains observateurs : la résolution 2285 fait référence aux parties sans exclusive pour le soi-disant Polisario placé face au Maroc.

Le Conseil de sécurité a, en outre, comme l’a souligné M. Omar Hilale, Représentant permanent du Maroc au conseil, appelé « pour la cinquième fois consécutive à l’enregistrement des populations des camps de Tindouf. La récurrence de cet appel afin de corriger une anomalie humanitaire internationale s’adresse particulièrement à l’Algérie en tant que pays hôte afin de permettre au HCR de procéder à l’enregistrement des populations, ce que l’Algérie continue de refuser depuis 40 ans. », a dit M. Hilale. Le CS a invité l’Algérie à « déployer des efforts à cet égard ».

Le conseil a, de même, appelé l’Algérie à « s’investir davantage et à contribuer pleinement pour le règlement de ce dossier et consacré la dimension régionale (du) différend en reconnaissant que son règlement et la coopération entre les pays de la région permettront d’assurer la paix et la sécurité dans la région sahélo-saharienne menacée par tant de périls.

Tous ces paramètres rappelés dans la résolution 2285 tracent la voie dans laquelle doivent s’engager les négociations à propos de la solution au problème artificiel du Sahara, et que la proposition marocaine d’autonomie a ouverte en 2007. Les parties adverses du Maroc doivent, ainsi, faire preuve de réalisme et se départir définitivement de leurs fantasmes.

C’est dans cette même voie que le Maroc doit poursuivre ses actions, en optimisant les paramètres qui y sont posés et en consolidant les réalités qui s’y sont constituées par l’histoire et la volonté des populations du Sahara.

La question du Sahara a, depuis plus de 40 ans, connu de nombreuses péripéties où l’ont plongé les manœuvres et les artifices de l’Algérie, que ce pays a puisées dans la guerre froide et dont il nourrit ses ambitions hégémonistes dans la Maghreb. Née d’un conflit bilatéral provoqué par l’Algérie et dirigé contre l’intégrité territorial du Maroc, cette question fut portée devant une OUA (organisation de l’unité africaine) en crise, inféodée à l’Algérie et instrumentalisée contre le Maroc. Elle fut alors internationalisée au moyen d’impostures et d’artifices qui n’ont pu s’imposer aux réalités historiques, juridiques et politiques de la question et à celles qui prévalent sur le terrain. Ces réalités se consacrent dans la volonté du Maroc et de l’ensemble du peuple marocain exprimant en permanence la légitimité, la légalité et la marocanité du Sahara. C’est de cette même volonté qu’émane la proposition d’autonomie qui ne laisse nulle autre place aux prétentions des ennemis du Maroc.

Les prises de positions de certains pays membres du conseil de sécurité, hostiles au Maroc, ne reflètent ni la position du conseil, ni celle de la communauté internationale concernant la question du Sahara et la proposition marocaine d’autonomie qu’ils considèrent comme sérieuse et crédible. Elles témoignent uniquement de leur adhésion aveugle aux thèses de l’Algérie, de leur méconnaissance des tenants et aboutissants de cette question  et de leur irresponsabilité face aux périls qui menacent la paix régionale et internationale.

Leurs tentatives visant à faire condamner le Maroc pour des actes légitimes et souverains qu’il a entrepris dans son Sahara et à redimensionner cette question dans des perspectives qui ne sont pas les siennes s’inscrivent dans la voie des dérapages initiés par le secrétaire général de l’ONU lors de sa tournée en Algérie et à Tindouf et dans son rapport présenté au conseil. Elles revêtent un caractère pernicieux et se nourrissent de la mauvaise foi des parties adverses du Maroc.

Ces tentatives, ainsi que celles qui sont entreprises en permanence par l’Algérie et le soi-disant Polisario augurent d’autres manœuvres à venir et qui visent à faire échec au processus de paix engagé par le Maroc conformément aux vœux du conseil. Elle l’interpellent sur la vigilance dont il doit faire montre en permanence et sur les actions qu’il doit entreprendre pour la mise en oeuvre du principe de l’autonomie dans ses provinces du Sud et la résolution définitive du dossier du Sahara marocain.

El Mostafa NASSIRI