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Pour Alstom, fournisseur du TGV à l’ONCF et des tramways  de Rabat et Casablanca, les commandes françaises se font rares. Après l’annonce par celui-ci de l’arrêt de la production de trains à Belfort, en France,  pour la rapatrier à Reichshoffen dans le Bas-Rhin, le gouvernement français a réagi en affirmant son intention, lors d’une réunion de crise convoquée par le président François Hollande, lundi 12 septembre, de sauver les trains de Belfort en maintenant l’activité ferroviaire d’Alstom en Franche-Comté.

La direction d’Alstom prévoit d’arrêter les branches production et études à Belfort en deux ans. Sur les 480 employés du site, seuls 80 resteront: ceux qui travaillent dans la maintenance. Les 400 autres salariés «se verront proposer un transfert vers une autre usine du groupe, notamment celle de Reichshoffen» dans le Bas-Rhin, a précisé la direction, qui assure qu’il ne s’agit pas d’un plan social.

Selon la presse française, l’annonce de la fermeture du site, en souffrance de commandes, est vécue comme une trahison par les citoyens et élus locaux. Elle rompt, selon celle-ci, une promesse qui avait été faite au printemps 2015, lorsque Emanuel Macron,  alors ministre de l’Économie, s’était rendu dans l’usine historique et il avait engagé sa responsabilité en promettant «zéro licenciement chez Alstom Transport».

L’exécutif dénonce d’ailleurs les méthodes «inadmissibles» de la direction d’Alstom, assurant qu’il n’avait jamais été question d’un arrêt de la production à Belfort dans les discussions entre les dirigeants et l’État. Alstom y répond en annonçant que  le projet «fait suite à un contexte que tout le monde connaissait (absence de charge, perte de commandes, etc.).»

L’annonce de la fermeture du site a fait l’effet d’un électrochoc, commente la chaîne internationale France 24 qui précise que celle-ci a lieu moins d’un an avant la prochaine élection présidentielle. La décision est critiqué par l’ensemble des responsables politiques  qui déplorent  la décision « brutale et inattendue » d’une entreprise dont l’État est actionnaire minoritaire. L’ex-ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, François Hollande et l’ex-ministre de l’Économie Emmanuel Macron – qui ont tous des vues sur l’élection présidentielle de 2017 – sont, pour l’occasion, sur la même longueur d’onde, commente la chaîne internationale.

De son côté, l’ancien président de la république, Nicolas Sarkozy, a dénoncé  la décision « scandaleuse » d’Alstom, tout en critiquant l’action du gouvernement. Il s’en est particulièrement pris à Emmanuel Macron. « Entre sa visite au Puy du Fou, les photos de vacances, et sa démission, imaginez ce que doivent penser les ouvriers d’Alstom à qui il avait promis solennellement qu’il les aiderait et qu’il les sauverait. Il est parti. Il n’a rien fait, c’est désolant », a-t-il déclaré.

L’Etat ne détient que des droits de vote minoritaire. La quetion est de savoir ce qu’il peut faire pour contrer la décision des dirigeants d’Alstom. Le gouvernement a déjà obligé le PDG du groupe, Alstom Henri Poupart-Lafarge, à respecter une « phase de négociation » pour tenter de trouver une solution.

Les autorités espèrent utiliser ce délai pour dégotter des entreprises prêtes à passer des commandes et aindi remettre l’activité du site franc-comtois sur les rails.

Depuis que la branche Energie d’Alstom a été vendue à l’américain General Electric en 2014, le groupe, recentré sur ses activités de transport. Sur l’année 2015-2016, Alstom a réalisé un chiffre d’affaires de 6,9 milliards d’euros (en hausse de 7%), le résultat net a a augmenté à 3 milliards d’euros dopé par la cession à General Electric. Sa marge s’est à 5,3%, en hausse mais toutefois  moindre que la concurrence).

Au 30 juin 2016, le carnet de commande atteint 29,7 milliards d’euros, soit plus de quatre années de chiffre d’affaires, mais la réussite du groupe  est principalement dûe à ses activités à l’international, notamment dans les pays émergents. En France en effet, le marché ferroviaire est fragile et dépend principalement des commandes françaises, notamment celles de l’État français et de la SNCF, qui se sont repliées au cours des dernières années, efforts budgétaires obligent.

La charge de travail dans les 12 sites français d’Alstom va diminuer de près de 40% d’ici à 2018, selon le groupe.

Le groupe Alstom a une filiale au Maroc, présente depuis 100 ans où elle a developpé ses activités notamment dans l’équipement du transport urbain. : extension du tramway de Rabat, participation à la phase 3 du tramway de Casablanca, soumission pour l’exploitation et la maintenance des rames desservant les lignes de ces deux villes. Alstom maroc compte équiper en tramways les villes de Fès, Tanger, Marrakech et Agadir et participer à la phase 2 de la ligne à grande vitesse Marrakech-Agadir.

Alstom a livré, en juillet dernier, la dernière des 12 rames à grade vitesse du type Duplex (deux niveaux) commandées par l’ONCF.

Le groupe a livré 44 rames Citadis au tramway de Rabat et 74 rames à celui de Casablanca, ainsi que 50 rames prévues pour l’extension de la ligne casablancaise.