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Huit régions ont consommé 75,2% de la production nationale : En 2015, huit régions ont consommé 75,2% de la production au Maroc contre 73,2% en 2013 :

– Le Grand Casablanca vient en tête avec une consommation de 1768 KT soit 12,4% des ventes réalisées en 2015, en recul de 10,2% par rapport à 2013.

– Tanger-Tétouan a consommé un volume de 1716 KT en 2015, soit 12,0% de la consommation nationale, en hausse de 4,3% par rapport à 2013.

– Marrakech-Tensift-Haouz avec une consommation de 1 432 KT en 2015, représente 10,0 % de la consommation nationale en recul de 9,6% par rapport au niveau enregistré en 2013.

– Souss-Massa-Draa avec une consommation de 1 414 KT en 2015, représente 9,9 % de la consommation nationale en progression de 4,8% par rapport au niveau enregistré en 2013.

– L’Oriental dont la consommation s’est élevée à 1 309 KT en 2015, représentant ainsi 9,2% des ventes nationales, a reculé de 3,9% par rapport à 2013.

– Doukkala-Abda avec une consommation de 1 252 KT en 2015, représente 8,8 % de la consommation nationale en hausse de 16,8% par rapport au niveau enregistré en 2013.

– Rabat-Salé-Zemmour-Zaer avec une consommation de 1 093 KT en 2015, représente 7,7 % de la consommation nationale en baisse de 3,9% par rapport au niveau enregistré en 2013.

– Gharb-Cherarda-B.Hssen avec une consommation de 724 KT en 2015, représente 5,1 % de la consommation nationale en baisse de 5,6% par rapport au niveau enregistré en 2013.

Sur les huit régions, seules trois ont progressé en 2015 par rapport à 2013 à savoir Tanger-Tetouan, Souss Massa Drâa, et DoukkalaAbda.

 

Marché de l’export et de l’import

En raison du caractère pondéreux du ciment, et de l’importance de la demande locale, les exportations du ciment restent marginales comparées à la production nationale. Ainsi les exportations de ciment sur la période 2011-2015 ont représenté en moyenne 1,5% de la production, et ce malgré leur croissance annuelle de 84% sur cette période.

En 2014, 45% des exportations, soit 741 KT, ont été réalisés par un seul opérateur, Holcim Maroc, à destination de la Côte d’ivoire et de la Mauritanie principalement.

L’augmentation des exportations de clinker lors de ces trois dernières années peut s’expliquer par (i) la morosité du marché local et (ii) l’ouverture de filiales à l’étranger des opérateurs marocains.

Le graphique ci-dessous montre les volumes de ciment exportés par les opérateurs marocains sur la période 2011-2015 :

Les importations de ciment sont marginales, elles ont représenté en moyenne 0,8% des ventes sur la période 2011-2015. En 2015, les importations de ciment se sont élevées à 112 KT, en croissance annuelle moyenne de 2,6%.

En 2011, les importations de clinker s’élevaient à 84 KT. Après avoir connu une augmentation de 4,8% en 2012, les importations de clinker ont baissé de 99,7% en 2013 pour s’établir à 250T.

En 2014 et 2015, les importations de clinker sont passées de 168 T à 30 T en 2015 enregistrant respectivement une baisse de 32,8% et de 82,5%.

Quatre opérateurs, 12 cimenteries et une capacité de production de 20,2 MT

Le marché marocain du ciment est réparti entre quatre opérateurs qui exploitent un total de 12 cimenteries (fin 2015) et 4 centres de broyage. Les opérateurs du secteur cimentier au Maroc sont LafargeHolcim Maroc (filiale de Lafarge Maroc), Ciments du Maroc (filiale du groupe italien Italcementi), Ciments de l’Atlas (groupe à capitaux marocains) et AsmentTémara (filiale du groupe brésilien Votorantim depuis 2012 après son rachat auprès du portugais Cimpor).

Suite à l’opération de fusion absorption d’Holcim Maroc par Lafarge Mzarovc effectuée en Juillet 2016, les principaux indicateurs de LafargeHolcim Maroc sont présentés ci-dessous :

Résultant de la fusion absorption d’Holcim Maroc par Lafarge Maroc, LafargeHolcim Maroc est le leader marocain du marché marocain de la cimenterie avec55% de parts de marché LafargeHolcim Maroc est détenue à hauteur de 64,76% par Lafarge Maroc (elle-même détenue à parts égales par la SNI et Lafarge Holcim)

Le dispositif industriel du secteur cimentier national affiche une concentration importante dans les zones ayant une importante activité de BTP.

Entre 2011 et 2015, la capacité totale a augmenté de 0,6 MT, passant de 19,6 MT en 2011 à 20,2 MT en 2015. Cette progression est due au doublement de la capacité de production de l’usine de Fès détenue par Holcim Maroc, générant ainsi une capacité additionnelle de 0,6 MT/an.

L’augmentation des capacités de production combinée à la baisse de la consommation du ciment ont engendré une baisse du taux d’utilisation moyen10 du secteur de 11,7 points, il est passé de 82% à 71% comme le montre le graphique ci-dessous :

Le tableau suivant présente l’évolution des parts de marché11 des opérateurs du secteur cimentier sur la période 2013-2015 :

Parts de marché (en %) 2013 2014 2015 Ciments du Maroc 24% 24% 24% LafargeHolcim Maroc Holcim 20% 20% 19% Lafarge 35% 35% 35% Autres 21% 22% 21% 55%

 

 

Coûts de l’énergie et saisonnalité du secteur

L’industrie du ciment est une industrie énergivore. Elle nécessite de ce fait des approvisionnements en petcoke, pour la production du clinker, et en électricité pour le broyage du ciment. Cumulés, les coûts de ces deux facteurs représentent un poids important dans les coûts variables de production.

Le coût de l’énergie électrique étant plus ou moins stable, le coût de production du ciment est beaucoup plus sensible au prix du petcoke. Les opérateurs cimentiers locaux demeurent en effet contraints à imputer en partie l’effet haussier du coût du petcoke sur les prix de vente du ciment ; les quantités de petcoke utilisées par les cimentiers marocains étant totalement importées.

Le prix du petcoke, fortement corrélé au prix du pétrole, affiche une évolution cyclique entre janvier 2011 et mai 2016, atteignant ainsi un pic de 113 USD/MT FOB en mars et avril 2011 et un prix plancher de 25 USD/MT FOB en février 2016.

En mai 2016, le prix moyen du petcoke ressort à 32 USD/MT FOB. Au Maroc, ce prix s’alourdit sous l’effet des droits d’importation (2,5%), de la taxe parafiscale à l’importation (0,25%), de la Taxe Intérieure sur la Consommation (TIC) qui s’élève à 83,5 MAD par tonne et de la TVA à l’importation de 20%.

Le graphique suivant montre l’évolution mensuelle de la consommation du ciment sur la période allant de janvier 2011 à décembre 2015 :

Le secteur du ciment se caractérise par une saisonnalité de son activité, essentiellement du fait du ralentissement des chantiers de construction lors des périodes de congés des ouvriers (Ramadan, Aid El Kebir) et des périodes de pluviométrie élevée.

Le 1er semestre de 2015, a été caractérisé par une tendance haussière de la consommation du ciment. Le 2ème semestre a été marqué par une baisse de la demande de juin à juillet, coïncidant avec le mois de ramadan, avant d’atteindre un pic en aout compte tenu de l’effet conjugué de (i) la présence des MRE qui ont dynamisé l’auto-construction, (ii) la fin du ramadan, et (iii) effet rattrapage des chantiers avant la survenance de l’aid el Kebir en Septembre.

Fondamentaux économiques solides grâce la demande persistante de logements

Les perspectives pour le marché du ciment au Maroc en 2016 doivent être évaluées avec prudence tant les éléments conjoncturels défavorables continuent de peser sur le secteur et empêchent le retour d’une reprise solide. Le marché national du ciment continuera à souffrir de la conjonction d’éléments défavorables tant endogènes à l’économie nationale – baisse de la croissance nationale en raison d’une campagne agricole qui s’annonce difficile, politique de maîtrise de dépense publique, rareté des liquidités bancaires, cherté des biens par rapport à la solvabilité des ménages – qu’exogènes – faible croissance en Europe pesant sur les ressources touristiques et sur les transferts en provenance des Marocains résidents à l’étranger.

Pour autant, les fondamentaux économiques du secteur cimentier restent solides, puisqu’il persiste toujours une demande latente en raison d’un déficit en logements encore non résorbé et des besoins en infrastructures nécessaires à l’accélération du développement économique. En conséquence, s’il convient de demeurer prudent pour les perspectives à court terme, un retour de la croissance du secteur est attendu à moyen terme.

Concernant les marchés BPE et granulats, ils connaissent en 2016 une reprise progressive. Ceci s’explique principalement par l’ambitieux plan de développement du Grand Casablanca (2015-2020), la finalisation du projet de construction du nouveau port de pêche à Casablanca, la poursuite des livraisons de la nouvelle centrale thermique du port de Safi, les projets intégrés de développement des pôles urbains dans les grandes villes, ainsi que par la poursuite des programmes de logements sociaux.

Fortement liée au développement des infrastructures du pays, la demande de ciment devrait croître dans les années à venir. Ces prévisions se basent essentiellement sur la poursuite du dynamisme que connaissent les segments du ciment et des matériaux. Les perspectives de leur développement se fondent principalement sur la croissance des secteurs suivants :

– Construction résidentielle et non-résidentielle ;

– Construction dans le secteur énergétique ;

– Construction dans le secteur des transports.

Construction résidentielle, non-résidentielle et dans le secteur énergétique

Les perspectives à long terme pour les secteurs résidentiel et non résidentiel sont positives, principalement grâce aux programmes de développement des logements en cours et au développement de nouveaux hôtels stimulés par l’industrie du tourisme en pleine expansion.

Il existe un potentiel de hausse pour la promotion immobilière grâce au plan gouvernemental de développement des logements. Le plan prévoit la construction de 20 000 maisons à la fin de 2016, ciblant en particulier la classe moyenne, pour laquelle il existe actuellement une insuffisance de logements abordables et convenables.

Par ailleurs, le gouvernement marocain a pour objectif de construire 150 000 nouveaux logements sociaux chaque année jusqu’en 2020, dans le cadre de projets de rénovation urbaine dans plusieurs grandes villes, y compris Rabat, Marrakech, Casablanca, Salé et Essaouira. Le gouvernement marocain envisage d’engager des dépenses supplémentaires d’environ USD 2,4 milliards pour des travaux de rénovation à Rabat.

A cet effort de développer le logement résidentiel, s’ajoute l’expansion du marché touristique marocain en plein essor. Le projet national Vision 2020 vise à doubler les arrivées touristiques à 20 millions de personnes et a notamment pour objectif de développer l’offre touristique dans le pays. Beaucoup de projets comprennent la construction de ports de plaisance, d’hôtels, de logements résidentiels, d’espaces verts urbains, de musées et de théâtres.

Le développement des centrales d’énergie thermique bénéficiera d’une attention significative du gouvernement marocain pour capitaliser sur le potentiel du Maroc dans les énergies renouvelables (y compris l’énergie solaire et éolienne).

La construction dans le secteur énergétique est également soutenue par les efforts déployés pour lutter contre la menace d’insuffisance d’eau dans le futur. Le Maroc dispose de 110 barrages avec une capacité de stockage totale estimée à 16 milliards de mètres cube (mmc) d’eau. Toutefois, la Banque mondiale avertit que le pays fera face à une crise de pénurie d’eau d’ici 2050 si le gouvernement ne lance pas de projets supplémentaires pour gérer son approvisionnement en eau. Une série de projets de développement ont donc été mis en oeuvre ou planifiés pour augmenter (par de nouvelles constructions) ou améliorer (par des travaux sur les constructions existantes) la sécurité de l’approvisionnement en eau au Maroc, ce que démontrent les vastes dépenses dans les infrastructures des services publics.

De nouveaux projets d’infrastructure en dehors du secteur des énergies renouvelables et de l’eau sont en cours de développement au Maroc. Le projet Safi Supercritique Coal-Fired IPP Power Plant (1 396MW ; d’un coût estimatif de USD 2,6 milliards) et la construction de l’usine de charbon à Jerada (318MW ; d’un coût estimatif de USD 332mn) en témoignent.

 

Construction dans le secteur des transports

Le secteur des transports au Maroc continuera à bénéficier d’un flux d’investissements dans les années à venir. Les réseaux routiers et ferroviaires profitent de programmes d’amélioration importants et plusieurs projets d’expansion des ports sont actuellement en cours.

Le Maroc a en effet l’ambition de développer un large éventail de projets pour agrandir et moderniser son réseau national de transport. Ces projets sont définis par un plan d’investissement de USD 13 milliards en cours d’exécution et géré par l’Office National des Chemins de Fer (ONCF), dont l’objectif principal est la mise à jour et l’expansion du réseau de chemins de fer (e.g., l’expansion de la capacité de la ligne ferroviaire Tanger-Marrakech).

D’autres projets dans le secteur comprennent l’extension des réseaux de tramways à Casablanca et à Rabat et le projet de train à grande vitesse entre Tanger et Casablanca.

Outre les projets ferroviaires, la croissance de l’activité de construction est également soutenue par les projets d’amélioration des ports et aéroports (e.g., l’amélioration des infrastructures du Tanger-Med Port ; les nouvelles installations portuaires de Casablanca, d’une valeur de USD 378mn, lancées fin 2015 ; les plans de construction du nouvel aéroport de Marrakech, d’un coût estimé de USD 520mn).

Arrivée de nouvelles capacités sur le marché

Les travaux de construction sont affectés par les conditions météorologiques. Au cours de l’hiver notamment, un climat défavorable peut rendre l’exécution des projets de construction plus difficile. Le niveau d’activité devient plus faible, ce qui implique une baisse de la demande des matériaux de construction. Il faut noter que l’entretien général des installations industrielles et les coûts associés, ont également lieu pendant la saison hivernale. Ces conditions se traduisent par une volatilité importante de la situation financière trimestrielle de la Société.

L’absence de barrière à l’entrée et les perspectives de profit avantageuses qu’offre le secteur, favorisent l’arrivée de nouvelles capacités sur le marché. A ce titre, plusieurs projets sont actuellement annoncés aussi bien par des opérateurs existants que par de nouveaux entrants potentiels.

Le renforcement des capacités de production des opérateurs dans un contexte de ralentissement de la demande en ciment ne manquera pas d’impacter les activités des opérateurs dans le secteur.

Le secteur cimentier est fortement dépendant du secteur du BTP dont l’activité reste étroitement liée au rythme de construction de logements ainsi qu’au nombre de projets d’infrastructures publiques, touristiques et industrielles.

L’industrie du ciment reste de ce fait sensible à certains facteurs tels que le pouvoir d’achat en général, la croissance démographique et l’urbanisation, les conditions d’octroi de crédit aux ménages sur le segment immobilier, ainsi que les politiques publiques en matière de logement et d’extension/renouvellement des infrastructures.

En dépit de son potentiel de croissance intrinsèque, il existe un risque de ralentissement du secteur de l’immobilier en raison de la baisse de la demande en logements notamment sur les segments moyen et haut de gamme sous l’effet (i) d’un accroissement des prix cumulé à une baisse du pouvoir d’achat, (ii) d’un durcissement des conditions d’octroi des crédits en raison de l’assèchement des liquidités et (iii) d’une baisse de la demande des marocains résidents à l’étranger en raison de la crise dans le monde en général et en Europe en particulier.

 

Risque lié à l’évolution de la politique de travaux publics

Le développement du secteur cimentier au cours de la dernière décennie a été directement stimulé par la politique de mise à niveau et d’extension des infrastructures poursuivie par le Maroc.

La situation actuelle de l’économie, marquée par une pression sur les finances publiques (notamment en termes de déficit budgétaire et d’assèchement des liquidités), risque de freiner la cadence des investissements publics en infrastructures. Une telle situation pourrait avoir un impact défavorable sur la demande nationale de ciment et de béton.

(2ème partie)

(Source: Note d’information – Offre publique d’achat Ciments du Maroc)