oui barrage-de-police-le-7-juillet-2016-a-dallas-aux-etats-unis_5633951

Dans la pure tradition de la série noire américaine, les évènements meurtriers qui se sont succédés cette semaine en Louisiane, dans le Minnesota et à Dallas, aux Etats-Unis, sont venus raviver un phénomène jamais éteint, alimenté par le comportement de la police de ce pays à l’égard de ses citoyens noirs qu’elle n’hésite pas à abattre de sang-froid, lors d’opérations de contrôle d’identité ou d’arrestations, à chaque fois que ces mis en cause de couleur montrent quelque résistance ou refus d’obtempérer. Ce phénomène est propre aux Etats-Unis et trouve ses origine dans une haine enracinée contre les minorités et les noirs dans ce pays. Il se perpétue à la faveur de la violence qui tient lieu de culture et de comportement responsable, de l’impunité et de l’abus dans l’usage des armes.

Les journées  sanglantes que viennent de vivre trois villes américaines ont ébranlé toute l’Amérique, pays où les plaies des fusillades récurrentes ne semblent jamais se refermer. Des manifestations s’y déroulent et des voix s’y élevaient pour dénoncer la violence meurtrière des policiers blancs qui venaient d’inscrire dans le long registre des noirs abattus à bout portant par ses armes, la mort de deux autres, l’un en Louisiane et l’autre dans le Minnesota.

Informé de la fusillade qui a suivi le meurtre des deux noirs, le président Barack Obama a indiqué, tout en appelant la police américaine à se réformer, que les deux hommes tués cette semaine sont le symbole d’un « grave problème » dans la société américaine, avait-il assuré plus tôt. Il ne s’agit « pas d’incidents isolés ». Ils sont « symptomatiques de défis plus larges au sein de notre système judiciaire », a-t-il martelé, citant les « disparités raciales » et le « manque de confiance (…) entre les forces de l’ordre et de trop nombreuses communautés ».

 «Admettre que nous avons un grave problème ne contredit en rien notre respect et notre reconnaissance envers l’immense majorité des policiers qui mettent leurs vies en jeu pour nous protéger au quotidien», a également affirmé Barack Obama dans un communiqué.

 Ces paroles font suite à la fusillade dont aété le théatre

Le chef de la police de Dallas a fourni de nouveaux détails. Le tireur voulait «tuer des blancs» et aurait «agit seul». Il aurait également déclaré «ne pas être affilié à un groupe». 

A propos de la mort du citoyen nois dans le Minnisota, le gouverneur de cet Etat, Mark Dayton, qui s’exprimait lors d’une conférence de presse, a déclaré que «tout indiquait» que le policier ayant abattu un automobiliste noir la veille dans cet Etat du nord des Etats-Unis avait eu une réaction «démesurée.»

«Je n’ai pas les mots pour dire à quel point je suis choqué et profondément, profondément, outré que cela puisse arriver dans le Minnesota à quelqu’un qui a été arrêté pour une question de phare défectueux», a dit Mark Dayton.

«Est-ce que la même chose serait arrivée si le conducteur et les passagers étaient blancs? Je ne pense pas», a martelé le gouverneur, visiblement ému. «Je suis donc forcé de faire face au fait, et je crois que tous au Minnesota, nous sommes forcés de faire face au fait que ce type de racisme existe.»

Philando Castile, un homme de 32 ans, a été abattu par un policier lors d’un contôle pour un phare défectueux, à Falcon Heights, dans le Minnesota. Sur la vidéo filmée par la petite amie de la victime et diffusée en direct sur Facebook Live, on voit gémir le jeune homme atteint par plusieurs balles, se vidant de son sang tandis que le policier le tient en joue.

Ces images, visionnées trois millions de fois jeudi, ont profondément choqué les Etats-Unis, rouvrant la plaie des brutalités policières commises sur les Noirs américains ces dernières années.

La police et les médias locaux ont suivi de près ce qui s’est passé jeudi  à Dallas où la fusillade, entendu à la fin d’une manifestation dans cette ville a fait cinq morts et six blessés parmi les policiers

Des habitants de cette ville du Texas manifestaient jeudi soir, pour dénoncer la mort de deux noirs abattus par la police, au Minnesota et en Louisiane. Peu après la fin du rassemblement, des coups de feu sont tirés. « Il semble que deux snipers ont tiré sur dix policiers depuis une position en hauteur », explique David Brown, le chef de la police de Dallas. Les témoins parlent d’armes semi-automatiques.

Cinq policiers sont morts. Un civil a été blessé, ainsi que six autres agents.

Selon la police le sniper qui a causé la mort des policiers a été tué. Il aurait agi seul, par vengence contre la police qui avait tué les deux noirs en Louisiane et dans le Minnesota. Ile n’appartenait à aucune organisation

Trois personnes ont été arrêtées et placées en garde à vue. La police affirme qu’un des tireurs a été arrêté et que le deuxième est toujours en liberté. Une femme figure parmi ces trois suspects. Elle a été interpellée près du garage où un suspect s’est retranché. Les deux autres personnes en garde à vue ont été arrêtées alors qu’elles prenaient la fuite au volant d’une Mercedes. « L’hypothèse est qu’ils travaillent tous ensemble », déclare David Brown, le chef de la police de Dallas. La police pense que les assaillants étaient des tireurs d’élite.

Les forces de l’ordre négocient avec un autre suspect, retranché dans le garage d’un collège. Il affirme qu’il y a des bombes « partout » dans le centre-ville.

Un « paquet suspect a été découvert près de l’emplacement » d’un des suspects, poursuit la police dans son communiqué. Le colis a été sécurisé par l’équipe de démineurs. Les forces de l’ordre estiment qu’ils pourraient y avoir plus de deux tireurs.

Les autorités de l’aviation civile avaient restreint les vols au-dessus de Dallas après les tirs ayant tué des policiers. « Aucun pilote ne peut opérer un aéronef dans la zone couverte » par cette interdiction, selon un communiqué publié à l’intention des pilotes et compagnies aériennes. « Seuls les vols de secours sous la direction de la police de Dallas sont autorisés dans l’espace aérien ». Les restrictions de vols sont valides de 03h35 GMT à 11h30 GMT.