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Plus de 17 000 personnes ont été tuées dans les prisons syriennes (estimation minimum).

65 000 personnes arrêtées par les forces de sécurité gouvernementales ont « disparu » et se trouvent dans des centres de détention non officiels (d’après le Réseau syrien pour les droits humains).

Plus de 1,1 millions de personnes ont été contraintes de fuir leur domicile depuis mars 2011.

Tels sont quelques chiffres qui révèlent, en partie, la dimension du drame du peuple syrien, sans plonger dans le fond de ses horreurs et atrocités d’où aucun témoin ne peut revenir pour les décrire même imparfaitement.

Transparency International s’est livrée à cette peine en en rend compte dans un rapport qu’elle vient de publier.

Depuis 2011, des milliers de personnes sont mortes dans des centres de détention de Syrie. Des dizaines de milliers d’autres ont subi des actes de torture, affirle l’organisation internationale.

Des personnes meurent de faim, n’ont pas accès aux soins les plus élémentaires et meurent de coupures infectées et d’ongles incarnés. Nombreuses sont celles qui ont été frappées, violées ou ont reçu des décharges électriques, entre autres sévices, souvent dans le but de leur extorquer des « aveux » par la force.

Toute personne soupçonnée de s’opposer au gouvernement syrien est en danger. Les employés, les entrepreneurs, les étudiants, les blogueurs, les professeurs d’université, les avocats, les médecins et les journalistes. Les personnes qui viennent en aide à leurs voisins. Les militants qui défendent les minorités.

« La première des chose dont la torture vous prive est votre dignité, témoigne un professeur d’arabe, proche de la trentaine, qui a subi des actes de torture, Syrie

Des actes de torture inimaginables

 

Des anciens prisonniers parlent d’un cycle sans fin de passages à tabac : durant le voyage à la suite de l’arrestation, pendant les transferts entre les différents centres de détention, à l’arrivée dans la prison, et parfois chaque jour pour le moindre « manquement » aux règles, y compris le fait de parler ou de ne pas nettoyer sa cellule.

De nombreuses personnes à qui nous avons parlé ont affirmé qu’elles avaient été frappées avec des tuyaux en plastique, des barres en silicone et des bâtons en bois. Certaines ont été ébouillantées et brûlées avec des cigarettes. D’autres ont été immergées de force dans l’eau et ont reçu des décharges électriques.

Certaines techniques utilisées sont devenues si répandues qu’elles ont leur propre surnom. Il y a la technique du « tapis volant » : la personne est attachée sur le dos à une planche pliante dont les deux bouts se rejoignent progressivement. Ou la technique du « pneu », ou dulab, qui consiste à faire rentrer la personne de force dans un pneu, le front contre les genoux ou les chevilles, et à la battre.

Des femmes et des hommes ont été violés et harcelés sexuellement. Des femmes ont également été menacées d’être violées devant des membres de leur famille, dans le but de leur extorquer des « aveux ».

Plus de 17 000 personnes ont été tuées dans les prisons syriennes (estimation minimum).

65 000 personnes arrêtées par les forces de sécurité gouvernementales ont « disparu » et se trouvent dans des centres de détention non officiels (d’après le Réseau syrien pour les droits humains).

Plus de 1,1 millions de personnes ont été contraintes de fuir leur domicile depuis mars 2011.

J’ai vraiment failli perdre la raison

 

Certaines personnes souffrent de graves troubles mentaux à cause de la surpopulation et du manque de lumière naturelle. Des personnes ont affirmé qu’il pouvait parfois y avoir plus de 50 personnes dans une cellule de trois mètres sur trois. Les détenus n’ont que peu, voire pas du tout accès à des soins médicaux et, souvent, ils meurent des suites de problèmes de santé qui auraient parfaitement pu être évités.

Cette horreur sans nom vise à détruire la volonté et le moral des détenus. Les survivants souffrent de traumatismes psychologiques et de graves séquelles physiques. Ils ont souvent besoin de soins médicaux et d’un soutien psychologique importants pour reconstruire leur vie.

Un professeur d’université proche de la soixantaine, décrivant les conséquences de la détention à l’isolement à Alep

Dans la plupart des cas, le gouvernement syrien nie l’arrestation même de ces personnes par les forces de sécurité, ou refuse de donner des informations sur l’endroit où elles se trouvent. Ainsi, de nombreux détenus sont des « disparus » et ne sont pas protégés par la loi, ce qui les rend particulièrement vulnérables aux atteintes aux droits humains.