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L’Algérie reléguée au 121e rang ; le Mexique, la Grèce, la Turquie et la Chine derrière le Maroc.

Rapport phare du World Economic Forum, très attendu au même titre que Doing Busines de la Banque mondial, dont il est l’équivalent pour ce qui concerne la facilitation des activités, se rapportant dans le document du WEF au commerce transfrontalier, « The Global Enabling Trade Report 2016 », publié dernièrement, classe le Maroc au 49e rang mondial, sur 136 pays, avec un score de 4.60 sur une échelle de 1 à 7. Le Maroc gagne  ainsi, en 2016, trois places sur le dernier  classement de 2014 dans l’indice ETI (Enabling Trade Index) où il fut reclassé 52e ce classement de 2014, au lieu de 43 comme indiqué auparavant dans ce rapport, ce classement ayant été recalculé sur la base de la méthodologie de 2016 aux fins de comparaison valable.

Sur cet indice ETI de facilitation du commerce extérieur, le Maroc se classe premier en Afrique, reléguant l’Algérie à la 121e place, devançant l’Afrique du Sud classée 55e, la Tunisie 91e et l’Egypte 116e.

Le Maroc devance aussi le Mexique (51e), la Grèce (52e), le Panama (58e), la Turquie (59e), la Chine (61e), la Thaïlande (63e), l’Arabie Saoudite (67e), l’Indonésie (70e), l’Argentine (94e), le Brésil (110e). Le Venezuela clôt le classement à la 136e place.

Au 121e rang dans l’indice ETI de facilitation du commerce extérieur comme indiqué précédemment, l’Algérie est à 15 places du dernier pays classé.

Le Maroc est devancé par les pays arabes suivants : Emirats Arabes Unis (23e), Bahrein (42e), Qatar (43e), Jordanie (45) et Oman (46e).

Le top 10 du classement ETI 2016 est constitué des pays suivants : Singapour, Pays-Bas, Hong Kong, Luxembourg, Suède, Finlande, Australie, Royaume-Uni, Allemagne et  Belgique.

La France et l’Espagne se retrouvent à la 13e et 15e position respectivement.

Dans son domaine d’investigation qui est la facilitation du commerce transfrontalier,  « The Global Enabling Trade Report 2016 » va plus loin que Doing Business en ce qui concerne la facilitation des affaires, en analysant les impacts de ce secteur et de la mondialisation sur la pauvreté et l’inclusion, ainsi que les obstacles auxquels il est confronté.

Publie depuis 2008 initialement sur une base annuelle et tous les deux ans depuis 2010, « The Global Enabling Trade Report 2016 » procède à une évaluation reposant sur l’Indice de commerce habilitant (ETI) qui vise à appréhender la mesure dans laquelle les économies disposent d’institutions, de politiques, d’infrastructures et de services facilitant la libre circulation des marchandises au-delà des frontières et à leur destination.

La portée de l’ETI est donc beaucoup plus large que celle de la facilitation du commerce telle qu’approchée par la plupart des organisations internationales, y compris l’Organisation mondiale du commerce, qui se concentre sur la simplification et l’harmonisation des procédures commerciales internationales, notamment dans le cadre du TFA. Bien que n’étant pas le seul objet de l’ETI, l’administration des frontières occupe une place importante dans l’ETI. En fait, le pilier 3 est maintenant consacré à ce sujet, tandis que les piliers 4 à 6 comprennent plusieurs indicateurs qui saisissent les concepts couverts par le TFA.

Quid de l’Indice ETI

En tant qu’indicateur composite, l’ETI consiste en une agrégation d’indicateurs individuels mesurant divers facteurs facilitant le commerce. Ces facteurs sont organisés en sept piliers, qui sont, à leur tour, organisés, en quatre grands groupements, appelés sous-index:

– Accès au marché

Ce sous-indice mesure l’ampleur et la complexité du régime tarifaire d’un pays, ainsi que les obstacles tarifaires auxquels sont confrontés les préférences des exportateurs d’un pays sur les marchés étrangers. Il existe deux piliers dans ce sous-index:

– Pilier 1: Accès au marché intérieur (6 indicateurs). Ce pilier évalue le niveau et la complexité de la protection tarifaire d’un pays en raison de sa politique commerciale. Cette composante comprend la moyenne pondérée des échanges appliquée par un pays, la part des marchandises importées en franchise de droits et la complexité du régime tarifaire, mesurée par la variance tarifaire, la prévalence des pics tarifaires et des tarifs spécifiques et le nombre de tarifs distincts .

– Pilier 2: Accès aux marchés étrangers (2 indicateurs). Ce pilier évalue les obstacles tarifaires auxquels sont confrontés les exportateurs d’un pays dans les marchés de destination. Il comprend les tarifs moyens auxquels le pays est confronté ainsi que la marge de préférence sur les marchés de destination négociés au moyen d’accords commerciaux bilatéraux ou régionaux ou accordés sous forme de préférences commerciales.

– Administration des frontières

Ce sous-indice évalue un pilier unique:

– Pilier 3: Efficacité et transparence de l’administration des frontières (13 indicateurs). Ce pilier évalue l’efficacité et la transparence de l’administration des frontières. Plus précisément, il capte l’efficacité, la transparence et les coûts associés à l’importation et à l’exportation de marchandises. Il comprend une évaluation de l’étendue, de la qualité et de l’exhaustivité des principaux services offerts par les douanes et les organismes connexes, ainsi que le temps moyen, les coûts et le nombre de documents requis respectivement pour l’importation et l’exportation de marchandises. Le pilier évalue également la prévisibilité des procédures frontalières, ainsi que la transparence du processus – mesurée par la disponibilité et la qualité des informations fournies par les organismes frontaliers – et la prévalence de la corruption.

– Infrastructure

Ce sous-indice évalue la disponibilité et la qualité des infrastructures de transport d’un pays, des services associés et de l’infrastructure de communication nécessaires pour faciliter la circulation des marchandises à l’intérieur du pays et à l’étranger. Il se compose de trois piliers:

– Pilier 4: Disponibilité et qualité des infrastructures de transport (7 indicateurs). Ce pilier mesure la disponibilité et la qualité de l’infrastructure domestique pour chacun des quatre principaux modes de transport: infrastructures routières, aériennes, ferroviaires et portuaires. La connectivité aérienne et la connectivité des lignes maritimes sont également évaluées.

– Pilier 5: Disponibilité et qualité des services de transport (6 indicateurs). Ce pilier, complétant nécessairement le précédent, évalue la disponibilité et la qualité des services de transport, y compris la présence et les compétences des entreprises maritimes et logistiques du pays, ainsi que la facilité, le coût et l’opportunité de l’expédition. En outre, ce pilier inclut une mesure de l’efficacité postale

– Pilier 6: Disponibilité et utilisation des TIC (7 indicateurs). Ce pilier évalue la disponibilité et la qualité des technologies de l’information et de la communication (TIC) dans un pays, telles qu’approximées par l’utilisation de la téléphonie mobile et d’Internet par la population dans son ensemble, par les entreprises pour les transactions commerciales et par le gouvernement pour interagir avec les citoyens. Il prend également en compte la qualité de l’accès à Internet, comme l’accès large bande est devenu la norme, de tirer pleinement parti du potentiel de l’Internet.

– Environnement d’exploitation

Ce sous-indice se compose d’un seul pilier:

– Pilier 7: Environnement d’exploitation (16 indicateurs). Ce pilier évalue la qualité de l’environnement opérationnel d’un pays, ce qui a une incidence importante sur la capacité des entreprises qui exportent, importent, commercent et / ou transportent des marchandises pour faire des affaires. Il évalue le niveau de protection des droits de propriété d’un pays, la qualité et l’impartialité de ses institutions publiques, l’efficacité dans l’exécution des contrats, la disponibilité des financements, l’ouverture à la participation étrangère en termes d’investissements étrangers et de main-d’œuvre, L’incidence de la criminalité et du terrorisme.

Détails sur le classement du Maroc

 

Bien que l’objectif et la définition de l’ETI soient restés les mêmes depuis 2008, le cadre a évolué depuis sa création, motivé par la disponibilité de nouveaux indicateurs et la discontinuité d’autres, rétroaction recueillie au cours des années, développement de nouvelles publications, et des preuves empiriques.

La méthodologie pour 2016 est en grande partie la même que celle utilisée en 2014, lorsque le rapport a fait l’objet d’un examen approfondi. Cependant, les changements dans la méthodologie et la disponibilité de certains des indicateurs sous-jacents ont affecté la comparabilité des résultats de 2016 avec ceux de 2014. Afin de fournir un point de référence significatif, les résultats pour 2014 ont été recalculés en utilisant la méthodologie mise à jour et diffèrent de ceux publiés en 2014, mais ne les invalident pas.

Dans le sous-indice « accès au marché », le Maroc est classé 69e, 91e dans le pilier « Accès au marché intérieur » et 30e dans le pilier « Accès aux marchés étrangers ».

Il est classé  54e dans le sous-indice « administration des frontières » et 54e dans le pilier « Efficacité et transparence de l’administration des frontières ».

Le Maroc occupe le 52e rang dans le sous-indice infrastructure, le 33 rang dans le pilier « Disponibilité et qualité des infrastructures de transport », le 67e rang dans le pilier « Disponibilité et qualité des services de transport » et le 63 rang dans le pilier « Disponibilité et utilisation des TIC ».

Il est à la 46e place dans le sous-indice «environnement d’exploitation » et à la même place dans le pilier du même nom.

Les facteurs les plus problématiques pour l’importation :

 

– Procédures d’importation lourdes

– Droits tarifaires et barrières non tarifaires

– Coûts élevés ou retards causés par le transport international

– Corruption à la frontière

– Coûts élevés ou retards causés par le transport intérieur

– Exigences et normes techniques nationales

– Infrastructure de télécommunication inadaptée

– Crime et vol

 

Les facteurs les plus problématiques pour l’exportation :

– Identifier les marchés potentiels et les acheteurs

– Accès au financement du commerce

– Accès aux intrants importés à des prix compétitifs

– Difficultés à satisfaire les exigences de qualité et de quantité des acheteurs

– Procédures lourdes aux frontières étrangères

– Exigences techniques et normes à l’étranger

– Technologies et compétences de production inappropriées

– Barrières tarifaires à l’étranger

– Coûts élevés ou retards causés par le transport international

– Coûts élevés ou retards causés par le transport intérieur

– Règles d’origine à l’étranger

– Corruption aux frontières étrangères